L'onction des malades, sacrement de la guérison

XXe Journée mondiale du Malade : Message de Benoît XVI

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ROME, jeudi 26 janvier 2012 (ZENIT.org) – « Ce sacrement mérite aujourd’hui une plus grande considération, aussi bien dans la réflexion théologique que dans l’action pastorale auprès des malades », écrit Benoît XVI à propos de l’onction des malades, dans son Message pour la XXe Journée mondiale du Malade qui aura lieu le 11 février 2012. Ce message a pour thème : « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé » (Lc 17,19).

Benoît XVI a en effet consacré son message aux « sacrements de la guérison », le sacrement de la pénitence et de la réconciliation, l’onction des malades, et l’eucharistie. Le pape évoque aussi le lien entre la Journée mondiale du Malade et l’Année de la foi (cf. Ci-dessous "Documents" pour le texte intégral).

« Dans l’accueil généreux et aimant de chaque vie humaine et en particulier de celle qui est faible et malade, le chrétien exprime un aspect important de son témoignage évangélique, à l’exemple du Christ qui s’est penché sur les souffrances matérielles et spirituelles de l’homme pour le guérir », fait observer le pape.

Benoît XVI rappelle tout d’abord que la prochaine Journée mondiale du Malade aura lieu de façon internationale en Allemagne, en Bavière, avec un congrès théologique et pastoral le 10 février, le rassemblement du 11 à Munich, indique à ZENIT Mgr Jean-Marie Mupendawatu, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale du monde de la santé..

Pour ce qui est de la guérison, Benoît XVI prend l’exemple du lépreux guéri par le Christ, qui vient le remercier, seul, mais « au nom de autres, précise à ZENIT Mgr Mupendawatu qui met en relief l’importance de la foi dans cet épisode, comme le dit le Message : dans la rencontre avec le Christ, les malades « peuvent réellement faire l’expérience que celui qui croit n’est jamais seul » car « Dieu, dans son Fils ne nous abandonne pas à nos angoisses et à nos souffrances, mais Il nous est proche, Il nous aide à les porter et Il désire nous guérir au plus profond de notre cœur ».

Le remède de la confession

« Le lien entre la santé physique et la guérison des blessures de l’âme nous aide donc à mieux comprendre "les sacrements de guérison" », insiste le pape.

Pour ce qui est du sacrement de la pénitence et de la réconciliation, le pape ajoute : « L’Église, en continuant de proclamer le message de pardon et de réconciliation de Jésus, ne cesse jamais d’inviter l’humanité tout entière à se convertir et à croire à l’Évangile ».

« Dans le sacrement de la Pénitence, explique-t-il, dans « le remède de la confession », l’expérience du péché ne dégénère pas en désespoir mais rencontre l’Amour qui pardonne et transforme ».

Le pape insiste sur ce point : « Le temps de la souffrance, dans lequel pourrait surgir la tentation de s’abandonner au découragement et au désespoir, peut alors se transformer en temps de grâce pour rentrer en soi-même, et comme le fils prodigue de la parabole, pour réfléchir à sa vie, en y reconnaissant des erreurs et des échecs, pour éprouver la nostalgie de l’étreinte du Père, et reprendre le chemin vers sa maison. Lui, dans son grand amour, veille toujours et partout sur nos vies et nous attend pour offrir à chacun des enfants qui reviennent à Lui le don de la pleine réconciliation et de la joie ».

A propos de l’onction des malades, le pape fait remarquer que le Christ lui-même a pris soin des malades et a enseigné à ses disciples à faire de même : « Dans l’Onction des malades, accompagnée de la prière des Anciens, l’Église tout entière confie les malades au Seigneur souffrant et glorifié pour qu’Il allège leurs peines et les sauve ; plus encore, elle les exhorte à s’unir spirituellement à la passion et à la mort du Christ, afin de contribuer ainsi au bien du Peuple de Dieu ».

Bienfaiteurs pour toute la communauté

Benoît XVI encourage à retrouver le sens de ce sacrement qui n’est pas le sacrement des mourants, insiste Mgr Mupendawatu, mais de guérison. La preuve, dit-il, c’est qu’une même personne peut recevoir ce sacrement plusieurs fois dans sa vie », à chaque fois que l’on est éprouvé par une maladie.

« Ce sacrement, écrit le pape, mérite aujourd’hui une plus grande considération, aussi bien dans la réflexion théologique que dans l’action pastorale auprès des malades. Puisque l’Onction des Malades valorise le contenu des prières liturgiques adaptées aux diverses situations humaines liées à la maladie, et pas seulement à la fin de la vie, elle ne doit pas être considérée comme un "sacrement mineur" par rapport aux autres ».

Enfin, le pape insiste sur l’eucharistie comme sacrement de guérison : « Reçue dans un temps de maladie, elle contribue de manière singulière à une telle transformation, en associant la personne qui se nourrit du Corps et du Sang de Jésus à l’offrande qu’Il a faite de Lui-même au Père pour le salut de tous ».

Mgr Mupendawatu invite à ne pas d’abord considérer les malades comme les « bénéficiaires » de la sollicitude des autres, mais comme des « bienfaiteur » dont les souffrances unies aux souffrances du Christ, portent du fruit pour « la communauté ecclésiale tout entière ».

Il souligne aussi que le sacrement pour cette raison n’est pas un sacrement du malade seul face au prêtre mais qu’il convient que la communauté y participe : les sacrements, dit Mgr Mupendawatu, sont les « sacrements de l’Eglise ».

L’enseignement de Jean-Paul II

Le pape explique en particulier l’importance de l’Eucharistie comme viatique en citant saint Ignace d’Antioche : c’est « un « remède d’immortalité, antidote contre la mort », sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde au Père qui les attend tous dans la Jérusalem céleste »

Enfin, pour Benopit XVI ? « le thème de ce message pour la XXe Journée Mondiale du Malade, « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé ! » oriente aussi vers la prochaine "Année de la Foi" qui commencera le 11 octobre 2012 ».

« Je désire encourager les malades et les souffrants à trouver toujours un ancrage sûr dans la foi, en l’alimentant dans l’écoute de la Parole de Dieu, la prière personnelle et les Sacrements, et j’invite en même temps les pasteurs à être toujours plus disponibles pour les célébrer à l’intention des malades », demande Benoît XVI.

Mgr Mupendawatu annonce que son dicastère va promouvoir pour l’Année de la foi des moments d’adoration eucharistique, avec la présence des reliques de saint Pio de Pietrelcina, fondateur de cet hôpital ultra-moderne « La maison du soulagement de la souffrance », à San Giovanni Rotondo, et du bienheureux Jean-Paul II, pour favoriser aussi la connaissance de son message aux malades et sur le sens que le baptisé peut donner à sa souffrance: il a le pouvoir de transformer ce mal en amour.

Pèlerinage en Terre Sainte

Aux prêtres, le pape recommande une attention spéciale aux malades : « À l’exemple du Bon Pasteur et comme guides du troupeau qui leur est confié, que les prêtres soient pleins de joie, attentifs aux plus faibles, aux simples, aux pécheurs, manifestant l’infinie miséricorde de Dieu par les paroles rassurantes de l’espérance ».

Un pèlerinage en Terre Sainte est également en projet pour l’Année de la Foi, pour le personnel médical, pour fortifier la foi au contact des lieux où le Christ a vécu.

Benoît XVI a également des paroles pour les familles et le personnel médical, les bénévoles qui visitent les malades : « À tous ceux qui travaillent dans le monde de la santé, comme aussi aux familles qui voient dans leurs proches le visage souffrant du Seigneur Jésus, je renouvelle mes remerciements et ceux de l’Église parce que par leur compétence professionnelle et dans le silence, souvent sans même mentionner le nom du Christ, ils Le manifestent concrètement ».

La Journée mondiale du Malade a été fixée par Jean-Paul II lle jour de la fête de Notre Dame de Lourdes. Benoît XVI achève son message par cette prière à la Vierge Marie : « Vers Marie, Mère de miséricorde et Santé des malades, nous élevons notre regard confiant et notre prière. Puisse sa maternelle compassion, vécue à côté de son Fils mourant sur la Croix, accompagner et soutenir la foi et l’espérance de chaque personne malade et souffrante sur son chemin de guérison des blessures du corps et de l’esprit. »

Anita Bourdin