L’ Osservatore Romano dit non à la « superbombe » approuvée par B. Obama

Le quotidien du Saint-Siège y voit une « contradiction »

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ROME, Mardi 27 avril 2010 (ZENIT.org) - Le quotidien du Saint-Siège déplore l'annonce faite par les Etats-Unis de vouloir développer une arme « très puissante », capable de frapper en une heure n'importe quelle cible sur la face de la planète.

« L'Osservatore Romano » relève que le nouveau climat de coopération internationale, surtout aux Etats-Unis et en Russie, et la crise économique mondiale auraient dû conduire la superpuissance mondiale à fournir plus de soutien au développement, au lieu de destiner de grosses sommes d'argent à ce type d'armements.

Dans son article, paru dans l'édition du 27 avril sous le titre « La nouvelle superbombe américaine », le journaliste Giuseppe Fiorentino relève que l'annonce arrive quelques jours après la signature, à Prague, du nouveau traité Start entre la fédération russe et les Etats-Unis.

Le quotidien du Saint-Siège met par ailleurs en évidence la contradiction de cette décision prise par le président Barack Obama, prix Nobel de la paix 2009 et son « ‘rêve' d'un monde libéré de la menace atomique ».

La superbombe, dont le programme de développement porte le nom de Conventional Prompt Global Strike (Cpgs), serait lancée avec un missile Minuteman, capable de voler à 115 kilomètres d'altitude. Celui-ci, au moment voulu, lâcherait un planeur doté d'appareils très sophistiqués qui, reliés à des satellites construits à cet effet, auraient fourni des renseignements infaillibles sur les manœuvres d'approche vers la cible.

Le projet initial avait été commencé par le président George W. Bush puis bloqué à cause des protestations de Moscou.

L'Osservatore Romano rapporte par la même occasion les propos inquiets du Kremlin : « Si les Minuteman utilisés comme vecteurs transportent aussi des engins nucléaires, comment peut-on établir que le lancement d'un missile Cpgs n'est en fait pas le début d'une attaque nucléaire ? ».

« Mais, probablement, l'administration Obama estime aujourd'hui pouvoir donner à la Russie, voire aussi à la Chine, les garanties nécessaires pour éviter des malentendus : les silos de la nouvelle arme seront loin de ceux des engins nucléaires et pourront être inspectés périodiquement. Une ouverture due au climat de confiance que l'on respire entre Washington et Moscou mais aussi au nouveau rapprochement que la crise économique mondiale a imposé entre les Etats-Unis et la Chine », ajoute « l'Osservatore Romano ».

« Mais on pouvait peut-être profiter de ce climat inédit de collaboration entre les deux vieilles superpuissances ennemies, et de l'opportunité de cette crise mondiale, de manière différente, en essayant de promouvoir des politiques de développement qui, selon les experts, seraient vraiment en mesure de tirer le monde de la récession », estime Giuseppe Fiorentino.

Les tests de la nouvelle arme commenceront en 2014. D'ici 2017, celle-ci pourrait intégrer l'arsenal américain.

« Obama, à cette date, aura certainement quitté la Maison Blanche. Mais la superbombe pourrait devenir son indiscutable héritage à cause de la non prolifération nucléaire », conclut l'article.