La bénédiction de Dieu sur toute l'humanité

Homélie pour la messe des Rameaux

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Anne Kurian

ROME, dimanche 1er avril 2012 (ZENIT.org) – La bénédiction de Dieu repose sur toute l’humanité, affirme Benoît XVI qui invite à avoir « un juste regard » sur elle.

Le pape a présidé la célébration du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, ce matin, 1eravril 2012, place Saint-Pierre.

Dans son homélie, il a invité les catholiques à réfléchir à « l’idée » que chacun se fait de Dieu, et à répondre au don de Dieu « par le don » de soi (cf. « Documents » pour le texte intégral).

La bénédiction de Dieu sur l’humanité

Commentant l’Evangile de l’entrée de Jésus à Jérusalem, Benoît XVI relève « l’espérance messianique » qui traverse la foule, débordante « d’enthousiasme », acclamant Jésus : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le Règne qui vient, celui de notre père David. Hosanna au plus haut des cieux ! »

La « résonance la plus profonde » de ce cri de joie, explique le pape, c’est que le Messie attendu accomplit la promesse de « bénédiction » de Dieu, faite à Abraham : « Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai […] En toi seront bénies toutes les familles de la terre ».

C’est pourquoi, poursuit-il, Jésus est « celui en qui sera bénie toute l’humanité » : en lui, l’humanité est « profondément unie » et comme « recouverte » par le « manteau de la bénédiction divine », une bénédiction qui « pénètre tout, soutient tout, rachète tout, sanctifie tout ».

A la suite du Christ, souligne le pape, le croyant est appelé à avoir un « regard de bénédiction » : c’est-à-dire « sage et aimant », capable de « saisir la beauté du monde » et de « compatir à sa fragilité ». C’est « le regard même de Dieu sur les hommes qu’il aime et sur la création, œuvre de ses mains ».

Cette bénédiction de Dieu sur le monde, fait observer Benoît XVI, suscite donc pour l’homme une invitation « à avoir le juste regard sur l’humanité entière, sur les gens qui forment le monde, sur les diverses cultures et civilisations ».

Au coeur de la fête des Rameaux

Jésus est acclamé aux Rameaux, cependant, rappelle le pape, « quelques jours après, la foule de Jérusalem criera à Pilate : « Crucifie-le ! ». » Les disciples eux-mêmes, seront « muets et perdus » tandis que la plupart seront « déçus » par la manière dont Jésus se présentait comme Messie. En réalité ils avaient, explique le pape, « leur idée » du Messie.

Pour Benoît XVI, c’est ici que réside le « point central » de la fête des Rameaux : il s’agit de se demander « Quelle idée du Messie avons-nous, quelle idée de Dieu avons-nous ? ». Cette question en rejoint finalement une autre : « quelles sont nos vraies attentes ? Quels sont les plus profonds désirs, avec lesquels nous [commençons] la Semaine Sainte ?»

« C’est une question cruciale que nous ne pouvons pas éluder, insiste le pape, étant donné qu’au cours de cette semaine, nous sommes appelés justement à suivre notre Roi qui choisit comme trône la croix ». Nous sommes appelés, ajoute-t-il, à « suivre un Messie qui ne nous garantit pas un bonheur terrestre facile, mais le bonheur du ciel, la béatitude de Dieu ».

Deux attitudes pour la Semaine Sainte

Suivre Jésus sur son chemin vers la Croix, ce n’est pas pour autant se morfondre : ainsi Benoît XVI invite à être habités par « deux sentiments » pour la Semaine Sainte : d’une part « la louange », comme ceux qui ont accueilli Jésus à Jérusalem ; d’autre part « l’action de grâce » car Jésus renouvellera cette semaine « le plus grand don que l’on puisse imaginer » : « sa vie, son corps et son sang, son amour ».

Benoît XVI rappelle en outre que l’homme a une responsabilité en face de ce don : « nous devons répondre d’une manière adéquate, c’est-à-dire par le don de nous-mêmes, de notre temps, de notre prière, de notre vie en profonde communion d’amour avec le Christ qui souffre, meurt et ressuscite pour moi ».