La Caritas appelle à éliminer la dette extérieure d’Haïti

Appel aux institutions financières internationales

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ROME, Jeudi 18 février 2010 (ZENIT.org) - Caritas Internationalis se déclare déçue du manque de volonté politique du Fonds monétaire international (FMI) d'effacer totalement la dette extérieure d'Haïti, lors de sa réunion de la semaine dernière.

L'institution caritative s'est dite satisfaite de la récente décision prise par le FMI d'accorder à Haïti près de 102 millions de dollars d'aides à des conditions très avantageuses pour faire face aux premières nécessités du pays après le tremblement de terre du 12 janvier.

Bien que le directeur administratif du Fonds, Dominique Strauss-Kahn, ait offert son propre soutien aux initiatives visant une élimination de la dette haïtienne et signalé que « le Fonds est à pied d'œuvre avec tous les donateurs pour tenter d'effacer toutes les dettes d'Haïti, y compris ce nouveau prêt », la Caritas rappelle que « l'élimination de la dette pourrait être accordée pour une durée de cinq ans, après quoi Haïti devra commencer à payer ses traites de remboursement ». 

Mais « au cours de ces cinq années le monde sera confronté à de nouvelles urgences et l'attention publique ne sera plus focalisée sur Haïti », prévient-il. 

Caritas Internationalis attire donc l'attention sur les « images fortes qui arrivent de Port-au-Prince, montrant qu'il faudra encore de nombreuses années avant qu'Haïti ne se trouve dans les conditions de pouvoir rembourser un prêt international ». 

Pour l'organisation, « c'est maintenant qu'il faut éliminer cette dette ». 

Aussi exhorte-t-elle le FMI à garantir l'élimination immédiate de la dette, tandis qu'Haïti lutte pour sa reconstruction, « une tâche qui demandera des dizaines d'années et des milliards de dollars ». 

Sa demande s'adresse aussi à la Banque mondiale, auprès de laquelle Haïti à une dette de 39 millions de dollars, et à la Banque interaméricaine pour le développement, dont elle est débitrice de 447 millions de dollars. 

Même si les deux institutions ont accepté d'éliminer la dette, aucun accord en ce sens n'a encore été stipulé officiellement.