La cause commune de l'Eglise et de l'Etat

Allocution du cardinal Bertone

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Anne Kurian

ROME, lundi 26 mars 2012 (ZENIT.org) – L’Eglise et l’Etat ont une cause commune, déclare le cardinal Tarcisio Bertone : celle de « protéger les droits fondamentaux des personnes ».

Au terme des vêpres célébrées dans la cathédrale de León, tandis que Benoît XVI se retirait au Collège de Miraflores, où il résidait durant son séjour au Mexique, le cardinal Secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, a présidé un dîner dans le patio de la cathédrale, hier, dimanche 25 mars 2012. Les évêques mexicains – dont l’archevêque de León et l’archevêque de Tlalnepantla, président de la Conférence épiscopale du Mexique – ainsi que les évêques d’autres pays d’Amérique latine, se sont donc retrouvés pour un repas convivial, avec la suite du pape. Le président fédéral du Mexique, Felipe Calderón était également présent. 

Au cours de ce « repas d’amitié », le cardinal italien a confié sa « profonde joie » de voir le Mexique ouvrir « tout grand une nouvelle fois ses portes au pape », manifestant ainsi la « grandeur d’esprit de ses fils », sa « délicate hospitalité » et la « foi catholique vigoureuse enracinée en eux ».

Evoquant le 20eanniversaire de l’établissement des Relations diplomatiques entre le Mexique et le Saint-Siège, le cardinal s’est réjoui de l’implication des plus hautes autorités mexicaines pour accueillir Benoît XVI : le président du pays, Felipe Calderón, a notamment rencontré quatre fois le pape au cours de vons voyage au Mexique. De même pour le gouverneur de l'Etat du Guanajuato, Juan Manuel Oliva Ramírez et le maire de Silao, Juan Roberto Tovar Torres.

Pour le Secrétaire d’Etat du Vatican, ces rencontres ne sont pas de peu d’importance : l’Eglise et l’Etat ont en effet une « tâche commune », a-t-il souligné, celle de « sauvegarder et protéger les droits fondamentaux des personnes ». Les tâches diplomatiques doivent donc « s’enraciner dans la promotion de cette grande cause commune ».

En ce sens, le cardinal a exhorté à ce que l’activité politique soit une « tâche recommandable et désintéressée en faveur des citoyens » et non pas une « lutte pour le pouvoir ou en une imposition de systèmes idéologiques rigides » qui résulte souvent par « la radicalisation d’amples secteurs de la population ».

Si l’Eglise peut aider dans cette tâche commune, c’est parce qu’elle a un engagement constant « pour l’homme, pour qui Jésus-Christ a donné sa vie » : dans chaque génération, rappelle-t-il, l’Eglise « a écrit une page de cette histoire du service de l’humanité » qui est pour « tout homme ou toute femme, sans regarder la race, la langue ou la classe sociale ».

Cette « contribution valable » de l’Eglise « pour la promotion des droits de chaque homme et de chaque peuple » s’est déclinée sur une double dimension : d’une part, dans « la foi professée et célébrée profondément », dimension d’ailleurs très marquée en Amérique latine, fait remarquer le cardinal ; d’autre part, dans des projets de « solidarité » pour « aider dans les nécessités sociales de base et urgentes ».

Parmi les droits de l’homme, a souligné par ailleurs le cardinal Bertone, se détache la liberté de « chercher la vérité et professer ses propres convictions religieuses, tant en privé qu’en public », droit qui doit être « reconnu et garanti par la législation ».

Souhaitant que ce droit « se raffermisse toujours plus » au Mexique, le Secrétaire d’Etat a précisé qu’il va « au-delà de la simple liberté de culte » : en effet, il imprègne « toutes les dimensions de la personne humaine », il appelle à « donner raison de sa propre foi » et à « l’annoncer et à la partager avec les autres, sans l’imposer, comme le don le plus précieux reçu de Dieu ».

Pour conclure, le cardinal a levé sa coupe, invitant ses congénères à « porter un toast » au pape, afin que « Dieu le conserve et le protège toujours », aux fils et filles du Mexique, « qui ont su gagner l’affection de Benoît XVI » et finalement à « tous les chers pays frères d’Amérique latine et des Caraïbes ».