La charité révèle l'amour de Dieu

Par le card. Sarah

Rome, (Zenit.org) Antonio Gaspari | 430 clics

« La pastorale de la charité signifie faire vivre à l’homme l’expérience de la charité du Christ, qui a donné sa vie pour [l'homme] … si bien que pour l’Eglise, faire acte de charité doit consister à aller vers l’homme pour qu’il expérimente la miséricorde de Dieu en Jésus-Christ ».

C'est ce qu'a déclaré le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical « Cor Unum » ou ouvrant la rencontre des évêques responsables des activités caritatives au sein des conférences épiscopales européennes, à Trieste, dans le nord de l’Italie (4-6 novembre 2013).

« Témoigner sa foi en faisant œuvre de charité » : tel était le thème de cette rencontre, durant laquelle le cardinal Sarah a plaidé pour ramener l'exercice de la charité "à sa relation intrinsèque avec l’annonce de la foi et avec la célébration de celle-ci dans la liturgie" afin d'éviter de réduire la charité à une activité d’assistance sociale, à une pure expression philanthropique ou une simple solidarité humaine.

« Nous ne saurions comprendre la mission de l’Eglise sans la rapporter à la mission du Christ », a -t-il ajouté : « La mission de l’Eglise consiste donc à favoriser la rencontre entre chaque homme et le Christ sauveur, pour que par, par grâce de l’Esprit Saint, le chrétien puisse assumer ces comportements de charité que l’on trouvait chez le Christ ».

Le cardinal a précisé que ses propos n’étaient pas de nature « sociale mais théologique », dans la mesure où il s’agissait « de remettre l’activité caritative sur ses rails ».

Puis en citant l’encyclique de Benoît XVI Deus caritas est, ila expliqué que « l’origine de la charité est divine » : « C’est Dieu qui nous dit ce qu’est la charité, ou plutôt qui, dans son Fils, nous a montré la charité qui, dans le langage biblique, signifie non seulement aimer, mais aimer pleinement jusqu’à donner sa propre vie, jusqu’à se perdre, jusqu’à perdre sa vie pour l’autre ».

Le cardinal a rappelé que « l’Eglise en tant que famille de Dieu doit être, aujourd’hui comme hier, un lieu pour s’entraider et un lieu où l’on est disposé aussi à servir ceux qui, à l’extérieur, ont besoin d’aide ».

Quant à l’évêque, a-t-il recommandé, il doit être « président et ministre de la charité dans l’Eglise » et il doit apporter son témoignage personnel « en menant une vie simple et faisant preuve de charité à l’égard des pauvres ; en ayant une attention toute paternelle envers les plus démunis et les exclus de la société afin que l’Eglise particulière vive la diaconie que le Christ a enseignée ».

« Si bien que la charité est une pratique que l’on peut comparer à une prédication silencieuse, mais vivante et efficace, un témoignage de notre rencontre personnelle et intime avec le Christ de manière à faire voir et rencontrer le Christ en nous voyant », a-t-il souligné.

« La crédibilité du témoignage doit passer par le témoignage personnel, car la charité, n’étant pas une œuvre à proprement parler mais une relation, demande toujours une dimension personnelle, postule toujours la prière, la fréquentation des sacrements et l’adoration comme expression suprême de notre amour et de notre communion avec Dieu », a conclu le cardinal Sarah. 

Traduction d'Océane Le Gall