La collaboration entre artistes et théologiens : une nécessité

20e anniversaire de la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise

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ROME, Vendredi 27 Novembre 2009 (ZENIT.org) - Il est aujourd'hui plus que jamais nécessaire de poursuivre le chemin de confrontation entre les artistes et les théologiens pour « développer un tissu de connections d'images et de symboles qui permettent à notre société de reprendre conscience de ses racines culturelles et d'acquérir de nouveau la capacité de voir l'invisible ».

C'est ce qu'a affirmé jeudi 26 novembre Francesco Buranelli, secrétaire de la Commission pontificale pour les biens culturels de l'Eglise, durant la conférence de presse de présentation du 20e anniversaire de cette institution.

Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture et de la Commission pontificale et l'abbé Michael John Zielinski, O.S.B. Oliv, vice-président de l'organisme, sont aussi intervenus durant cette conférence.

Dans son intervention, F. Buranelli a rappelé comment Jean-Paul II, par la constitution apostolique Pastor Bonus de 1988, a eu « la vision culturelle prévoyante d'instituer une structure à laquelle confier la protection des trésors de l'Eglise dans le monde ».

Le « caractère exceptionnel » de cette Commission pontificale, a-t-il expliqué, réside dans sa « valeur d'universalité » puisqu'il ne s'agit pas d'un dicastère de protection « lié à des limites territoriales ou étatiques », mais qui « accomplit la vocation propre de l'Eglise de conserver, protéger et valoriser tout bien culturel reconnu comme patrimoine identitaire de la chrétienté ».

« Il s'agit d'une activité quotidienne et soutenue », a observé F. Buranelli en soulignant l'importance particulière donnée à la préparation de documents d'orientation et aux contacts avec les organismes internationaux pour « répandre une conscience toujours plus grande du rôle et de la valeur spécifique du patrimoine culturel religieux, particulièrement chrétien, au sein du patrimoine des nations et par conséquent, du patrimoine mondial de l'humanité ».

Le secrétaire de la Commission pontificale a donc rappelé l'attention prêtée récemment par la presse et l'opinion publique internationale à l'annonce de la participation du Saint-Siège à la Biennale d'art contemporain de Venise en 2011, avec un pavillon promu par la Commission pontificale.

Pour F. Buranelli, il est clair que « le moment est désormais mûr pour l'Eglise d'assumer à nouveau, avec courage, le rôle d'inspiration et de commande qui l'a caractérisée pendant des siècles ».

« L'Eglise devra partir de là pour se risquer à un nouveau dialogue avec l'art et sur l'art », alors que l'Eglise « a été pendant des siècles au centre du débat culturel, qui s'est affaibli au cours des deux derniers siècles », a-t-il commenté.

Un nouveau rapport entre l'Eglise et l'Art

Francesco Buranelli a reconnu que la confrontation entre l'Eglise et les artistes « a vécu ces dix dernières années, des moments d'élan nouveau et intense ». Et ce n'est pas un hasard si elle a « coïncidé avec le grand renouvellement théologique et liturgique commencé après la seconde guerre mondiale, qui a culminé avec le concile Vatican II » et a été encouragé par les derniers papes, jusqu'à la rencontre de Benoît XVI avec les artistes le 21 novembre dernier dans la Chapelle Sixtine.

Lors de cette dernière rencontre, « un vide » a été comblé, « qui était la triste conséquence de l'interruption du dialogue vibrant et constructif que l'Eglise avait instauré avec l'art contemporain dès le début de l'art paléochrétien ».

Actuellement, l'Eglise ne doit « plus avoir peur de cette amitié » avec l'art, a-t-il affirmé.

Il est nécessaire, pour instaurer un nouveau rapport avec le monde artistique, que l'Eglise s'implique et « ne se limite pas à l'écoute de l'initiative des papes », mais « pousse les institutions religieuses à des initiatives » telles que la formation.

Pour cela, il invite les Eglises particulières à porter attention aux artistes présents sur leur territoire, et faire en sorte qu'accompagnés, ils sachent « s'imprégner de théologie », qu'ils acquièrent « une connaissance profonde des rites et des symboles chrétiens », et sachent percevoir, dans une église, « le ‘sacré' que l'art est appelé à faire vivre dans le cœur des croyants ».