La confiance, chemin vers la vie éternelle

Et le poids des actes humains

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 965 clics

L'amour de Jésus est grand et ilpardonne à chaque fois que quelqu'un vient lui demander son pardon, mais, explique le pape François, il est aussi possible pour l'homme de "s'auto-condamner à l’exclusion de la communion avec Dieu", et de ses frères: le pape François a décrit ainsi l'alternative qui se présente à la liberté humaine, exhortant à avancer dans la confiance et non dans la crainte.

Une réalité consolante

Le pape a en effet consacré sa catéchèse du mercredi au dernier article du Credo: la foi dans la vie éternelle. Il a évoqué le "jugement dernier" qui commence, dit-il, dès maintenant, dans les choix que l'homme pose face au Christ, face à ses frères.

Loin d’effrayer, cette considération du jugement dernier est « consolante » explique le pape : certes, c’est « un mystère qui, presque instinctivement, suscite en nous un sentiment de crainte, et peut-être aussi d’inquiétude », mais en même temps, « si nous réfléchissons bien à cette réalité, elle ne peut que dilater le cœur du chrétien et constituer un grand motif de consolation et de confiance ».

C’est la certitude que le Christ vient pour serrer dans ses bras l’humanité, « dans une plénitude de vie et d’amour » : « Si nous pensons au jugement dans cette perspective, toute peur et toute hésitation disparaît et fait place à l’attente et à une joie profonde : ce sera précisément le moment où nous serons jugés enfin prêts pour être revêtus de la gloire du Christ, comme d’un vêtement nuptial, et pour être conduits au banquet, image de la communion pleine et définitive avec Dieu. »

La bienveillance des saints

Le pape insiste que la « confiance » qui vient aussi de la promesse d’être entourés des saints : « Qu’il est beau de savoir qu’en cette circonstance nous pourrons compter non seulement sur le Christ, notre paraclet, notre avocat auprès du Père (cf. Jn 2,1), mais aussi sur l’intercession et sur la bienveillance de tant de nos frères et sœurs plus anciens qui nous ont précédés sur le chemin de la foi, qui ont offert leur vie pour nous et qui continuent à nous aimer d’une manière indicible ! »

« Les saints, a expliqué le pape, vivent déjà en présence de Dieu, dans la splendeur de sa gloire, et prient pour nous qui vivons encore sur cette terre. Cette certitude est une telle consolation pour notre cœur ! »

Ce faisant le pape offre implicitement une explication à une déclaration incomprise du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich, qui invitait, lors d’une conférence sur la Résurrection – le 9 novembre, en Bavière, à Erding - à ne plus penser la mort en termes de peur mais de confiance. Il trouvait pour cela regrettables certaines représentations médiévales de l’enfer et du purgatoire : ce qui est important, disait-il en substance, c’est de susciter une attitude de confiance en Dieu.

Contrairement à ce que lui font dire certains interprètes, le cardinal Marx ne balaye pas d’un revers de manche l’existence de l’enfer et du purgatoire, il déplore des représentations qui éloignent de l’amour de Dieu.

Accueillir le salut

En quels termes, pour sa part, le pape François exprime-t-il ces notions ?  Il parle de l’embrassement d’amour du Christ et de l’Eglise-Epouse, et la condition pour y avoir part, c’est les choix de la liberté au quotidien : « Ce jugement dernier est déjà en acte, il commence maintenant, dans le cours de notre existence. Ce jugement est prononcé à tout instant de notre vie, en réponse à notre accueil, dans la foi, du salut présent et agissant dans le Christ, ou au contraire à notre incrédulité, avec cette fermeture sur nous-mêmes qu’elle entraîne. »

Il avertit : « Si nous nous fermons à l’amour de Jésus, nous nous condamnons nous-mêmes. »

Mais voilà au contraire la vie éternelle : « Le salut consiste à s’ouvrir à Jésus, et lui, il nous sauve ; si nous sommes pécheurs, et nous le sommes tous, nous lui demandons pardon et si nous allons à lui avec le désir d’être bons, le Seigneur nous pardonne. Mais pour cela, nous devons nous ouvrir à l’amour de Jésus qui est plus fort que tout. L’amour de Jésus est grand, l’amour de Jésus est miséricordieux, l’amour de Jésus pardonne ; mais tu dois t’ouvrir et s’ouvrir signifie se repentir, s’accuser des choses qui ne sont pas bonnes et que nous avons faites. Le Seigneur Jésus s’est donné et continue de se donner à nous, pour nous combler de toute la miséricorde et de la grâce du Père. »

Une certitude qui conduit au Ciel

« C’est donc nous qui pouvons devenir, en un certain sens, juges de nous-mêmes, en nous auto-condamnant à l’exclusion de la communion avec Dieu et avec nos frères, avec la solitude et la tristesse profonde qui en découlent » : c’est cela en d’autres termes la réalité de l’enfer… pas de diables crochus ni de chaudrons d’huile bouillante ni de feu de l’enfer, mais la terrible solitude et la tristesse de la séparation, voulue.

De même, le paradis, la présence du Christ, c’est dès maintenant : « Ne nous lassons donc pas de veiller sur nos pensées et sur nos comportements, pour goûter dès maintenant la chaleur et la splendeur du visage de Dieu - et ce sera très beau - que nous contemplerons dans toute sa plénitude dans la vie éternelle. »

Le pape met une dernière fois en garde contre la peur tout en avertissant de la responsabilité de la liberté: « Avançons, en pensant à ce jugement qui commence maintenant, qui a déjà commencé. Avançons en faisant en sorte que notre cœur s’ouvre à Jésus et à son salut ; avançons sans peur, parce que l’amour de Jésus est plus grand et si nous demandons pardon pour nos péchés, il nous pardonne. Jésus est comme cela. Alors, avançons avec cette certitude qui nous mènera à la gloire du Ciel ! »

Voilà de quoi tordre le cou définitivement à certaines représentations de l’enfer dont l’imaginaire d’un Dante était encore nourri.