La confiance en Dieu seul, homélie du 20 mars

"Père", le mot "plus que magique"

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 708 clics

Lorsqu’on est malheureux, pour avoir placé sa confiance dans des choses ou des personnes qui ne peuvent pas sauver, la « porte de l’espérance » c’est d'appeler Dieu de ce mot "plus que magique": « Père », et Lui, répond : « Fils », a expliqué le pape François dans une homélie sur la confiance en Dieu seul.

« Malheureux l'homme qui met sa confiance dans l'homme », « l'homme qui met sa confiance en lui-même » sera comme « un arbuste dans le désert », « condamné par la sécheresse de rester sans fruits et à mourir », avertit le pape François en commentant les lectures de la messe du jeudi 20 mars, en la chapelle de la maison Sainte-Marthe du Vatican.

Il ajoute, en suivant le psaume : « Heureux l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur », il « est comme un arbre planté près d'un cours d’eau », et au temps de la sécheresse, « il ne cesse de porter du fruit » : « dans le Seigneur seul, est de notre confiance sûre. Les autres confiances ne sont pas nécessaires, elles ne peuvent pas nous sauver, ne nous donnent pas la vie, ne nous donnent pas la joie ».

Le pape reconnaît : «nous aimons nous faire confiance, faire confiance à un ami, faire confiance à une bonne situation, ou à une idéologie » et « le Seigneur reste un peu de côté ». Or, ainsi, l’homme reste enfermé en lui-même, « sans horizons, sans portes ouvertes, sans fenêtres » et « il n'aura pas de salut, il ne peut se sauver lui-même ».

Et c'est ce qui arrive au riche de l'Evangile, continue le pape : « il avait tout : il s'habillait de pourpre, mangeait tous les jours, de grands banquets ». « Il était si content ! », mais « il ne remarquait pas, à la porte de sa maison, un pauvre couvert de plaies ». « L'Evangile dit le nom du pauvre : son nom était Lazare, alors que le riche n’a pas de nom ».

« Voilà la malédiction la plus forte pour qui met sa confiance en lui-même ou dans ses propres forces, dans les possibilités des hommes et non de Dieu : perdre son nom. - Comment t’appelles-tu? - Tel numéro de compte, dans telle banque. - Comment t’appelles-tu? -Beaucoup de propriétés, de villas, beaucoup ... - Comment t’appelles-tu? - Les choses que nous avons, les idoles. Et tu places ta confiance là-dedans... cet homme est malheureux. »

Le pape fait observer : « Nous avons tous cette faiblesse, cette fragilité de mettre nos espérances en nous-mêmes ou dans nos amis ou seulement dans les possibilités humaines et nous oublions le Seigneur. Et cela nous conduit sur la route du malheur. »

Il propose cet examen de conscience: « Aujourd'hui, en ce jour du carême, cela nous fera du bien de nous demander : où est ma confiance ? Dans le Seigneur ou suis-je un païen, qui a confiance dans les choses, dans les idoles que j'ai faites ? J’ai encore un nom, mais j’ai commencé à perdre mon nom et je m’appelle «je» ? Je, moi, avec moi, pour moi, seulement moi ? Pour moi, pour moi ... cet égoïsme toujours : "Je". Cela ne nous donne pas le salut. »

Pourtant le pape indique une « porte d’espérance » pour ceux qui ont eu confiance en eux-mêmes et qui ont perdu leur nom, une grâce à demander : « A la fin, tout à la fin, il y a toujours une possibilité. Et cet homme, quand il se rend compte qu'il a perdu son nom, qu’il a tout perdu, tout, il relève la tête et dit un seul mot : «Père». Et la réponse de Dieu est un seul mot : «Fils ! » Si certains d'entre nous, à force d’avoir tellement confiance en l'homme et en eux-mêmes, ont fini par perdre leur nom, perdre cette dignité, il y a encore la possibilité de dire ce mot qui est plus que magique, qui est davantage, plus fort : «Père». Lui, il nous attend toujours pour ouvrir une porte que nous ne voyons pas et nous dire : « Fils ». Demandons au Seigneur la grâce de nous donner la sagesse d’avoir confiance en Lui seul, pas dans les choses, les forces humaines, seulement en Lui. »