La contraception « d'urgence » nuit à la santé des femmes

85 sénateurs et députés italiens contre la vente de « EllaOne »

| 1017 clics

Antonio Gaspari

Traduction d’Isabelle Cousturié

ROME, mercredi 18 avril 2012 (ZENIT.org) – La pilule contraceptive d’urgence « EllaOne », aussi appelé « pilule du lendemain », est « potentiellement abortive et doit être donc retirée du commerce »,  demande l’association parlementaire italienne « Intergroupe pour la valeur de la vie ».

Après la mise sur le marché italien de la pilule contraceptive, le 2 avril dernier, 85 députés et sénateurs des divers groupes politiques italiens ont décidé de déclencher une action visant à « bloquer » sa vente , estimant que celle-ci « est incompatible » avec la législation du pays.

Lors d’une récente conférence de presse au Palais Madame – siège du sénat - , à Rome, le sénateur Stefano de Lillo, a annoncé, au nom du Comité interparlementaire pour la vie,  qu’une interpellation de leur part a été présentée au ministre de la santé, Renato Balduzzi, et qu’une procédure antitrust a été lancée pour demander la suspension de la commercialisation du médicament.

Selon le groupe interparlementaire la « pilule en question, banalement définie comme ‘contraceptif d’urgence’, va contre la loi 194 qui protège la maternité et contre la loi 405 de 1975 sur les consultations, dans la mesure où elle est présentée comme anticonceptionnelle alors que son mécanisme est surtout abortif, puisqu’il empêche l’embryon de se loger dans l’utérus et donc de survivre ».

Les députés et sénateurs parlementaires demandent au ministre de fournir « à toutes les femmes une information correcte sur le mécanisme d’action de ce produit », pour éviter que celles-ci « aillent à l’encontre de procédures abortives qu’elles ne souhaiteraient pas ».

Le sénateur de Lillo a fait remarqué que les indications jointes à l’EllaOne, ne donnent aucun détail sur les caractéristiques du médicament : « Une omission incorrecte » qui, a-t-il commenté, « met en péril la santé des jeunes femmes dont la prise fréquente des comprimés pourrait causer de graves dommages ».

Les effets abortifs de la pilule du lendemain, sont expliqués par le prof. Bruno Mozzanega, gynécologue à l’université de Padoue, auteur, avec Erich Cosmi, du département de sciences gynécologiques  et de la reproduction humaine, d’un article publié sur la revue officielle de la société italienne de Gynécologie et Obstétrique, l’Italian Journal of Gynecology & Obstetrics, intitulé: « Considérations sur l’EllaOne (Ulipristal Acétate) ».

« D’un point de vue moléculaire, a-t-il précisé, l’EllaOne a des caractéristiques similaires à celles de la RU486. Les indications jointes au produit sont totalement inexactes et guère exhaustives. La pilule est présentée comme un anti-ovulaire, alors qu’en réalité, à n’importe quel moment de son ingestion lors du cycle menstruel, celle-ci compromet irréparablement l’endomètre, enlevant toute possibilité à l’embryon de s’implanter ».

« Donc, a-t-il ajouté, la femme généralement ovule et peut concevoir, mais l’enfant ne trouve pas de terrain fertile pour se fixer ».

Pour faire comprendre aux non-experts, le prof. Mozzanega a précisé : « Si nous imaginons un rapport sexuel non protégé ayant lieu un jour avant l’ovulation, et donc la conception dans les 24 heures suivantes (donc 48 heures après le rapport), il paraît tout a fait infondé de parler d’une action anti-ovulaire et anticonceptionnelle pour un médicament pris jusqu’à 5 jours après le rapport et donc 3 jours après la conception : son action ne visera en effet qu’à empêcher toute possibilité de nidation ».