La démographie alliée du développement et de la paix

Les naissances, facteur de richesse et non d’appauvrissement

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ROME, Jeudi 11 décembre 2008 (ZENIT.org) - « La population est une richesse et non un facteur de pauvreté », affirme Benoît XVI.

La démographie est l'alliée du développement et de la paix, et les naissances, facteur de richesse et non d'appauvrissement : les données statistiques à l'appui, le Vatican tord le coup à une contre-vérité devenue tarte-à-la-crème des discours en faveur de la limitation absolue des naissances. En même temps, le Vatican répète la nécessité d'une éducation à la « paternité et maternité responsables ».

Dans son message pour la Journée mondiale de la Paix, le 1er janvier 2009, le pape Benoît XVI souligne que la lutte pour la paix doit s'accompagner de la lutte contre la pauvreté. Le thème de ce message publié aujourd'hui par le Saint-Siège est en effet : « Combattre la pauvreté, construire la paix ».

Il s'agit en quelque sorte comme une mise à jour du message de Jean-Paul II de 1993 sur le sujet, à la lumière de la mondialisation et de la crise économique actuelle. Benoît XVI souligne que son prédécesseur « avait déjà souligné les répercussions négatives que la situation de pauvreté de populations entières finit par avoir sur la paix ».

Le paragraphe 3 du message touche en effet ce thème : « La pauvreté est souvent mise en relation, comme étant sa cause directe, avec la croissance démographique ».

« En conséquence de quoi, constate le message, sont mises en œuvre des campagnes de réduction des naissances, conduites au niveau international, recourant aussi à des méthodes qui ne respectent ni la dignité de la femme ni le droit des époux à choisir de manière responsable le nombre de leurs enfants [5] et souvent même, ce qui est plus grave, qui ne respectent pas le droit à la vie ».

Et de constater que cette manière de lutter contre la pauvreté reviendrait à l'élimination des pauvres : « L'élimination de millions d'enfants non-nés, au nom de la lutte contre la pauvreté, constitue en réalité la disparition des plus pauvres parmi les êtres humains ».

Or, le message souligne que les populations qui sont sorties de la pauvreté extrême sont justement celles qui ont une forte démographie : « Face à cela, le fait est qu'en 1981, environ 40% de la population mondiale vivait au-dessous du seuil de pauvreté absolue, tandis qu'aujourd'hui ce pourcentage a diminué de moitié et que sont sorties de la pauvreté des populations que caractérise, entre autres, une forte augmentation démographique. Cette donnée met en évidence que les ressources existeraient pour résoudre le problème de la pauvreté, même en présence d'une croissance de la population ».

A ce propos le cardinal Martino a présenté le cas de l'Argentine, qui nourrit 41 millions d'habitants, mais qui pourrait « cultiver ses terres pour en nourrir 500 millions ». Il citait le cas de paysans italiens naguère subventionnés pour produire plus et aujourd'hui subventionnés pour réduire leur production, de façon à éviter les surplus.

Le pape donne des chiffres en disant : « Depuis la fin de la seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours, la population sur la terre a augmenté de quatre milliards », or, « dans une large mesure, ce phénomène concerne des pays qui ont récemment émergés sur la scène internationale comme de nouvelles puissances économiques et qui ont connu un développement rapide précisément grâce au nombre élevé de leurs habitants ».

De plus, ajoute le pape, « parmi les Nations les plus développées, celles qui ont les taux de natalité les plus élevés jouissent des meilleures potentialités de développement ». « En d'autres termes, il apparaît que la population est une richesse et non un facteur de pauvreté ».

Le cardinal Martino a rappelé, en commentant le paragraphe du message de Benoît XVI sur la crise alimentaire (§ 7), que « la terre est généreuse » et que la crise n'est pas due à un manque de nourriture mais à des dysfonctionnement dans la distribution et le financement.

« Cette crise, explique le pape, n'est pas tant caractérisée par l'insuffisance de nourriture, mais davantage par les difficultés d'accès à celle-ci et par des mouvements spéculatifs et, donc, aussi par un déficit de coordination des institutions politiques et économiques en mesure de faire face aux nécessités et aux urgences ».

Il rappelle que « la malnutrition peut aussi entraîner de graves dommages psychophysiques aux populations, privant de nombreuses personnes des énergies nécessaires pour sortir, sans une aide particulière, de leur situation de pauvreté ».

« La conséquence est que ces populations ne sont pas en mesure de sortir seules de leur sous-développement. Cela contribue à élargir la fourchette des inégalités, provoquant des réactions qui risquent de devenir violentes », constate Benoît XVI dont le message aborde, justement, dans sa deuxième partie la question de la « solidarité » mondiale.

« Ces dernières années, poursuit le message, les données sur l'évolution de la pauvreté relative indiquent toutes un accroissement de l'écart entre riches et pauvres. Les causes principales de ce phénomène sont sans doute, d'une part, le changement technologique, dont les bénéfices se concentrent dans la zone la plus élevée de la distribution du revenu et, d'autre part, la dynamique des prix des produits industriels, qui augmentent beaucoup plus rapidement que les prix des produits agricoles et des matières premières que possèdent les pays les plus pauvres ».

Le pape dénonce donc une double injustice : « Il arrive ainsi que la majeure partie de la population des pays les plus pauvres souffre d'une double marginalisation: en termes de revenus plus bas et de prix plus élevés ».

Pour ce qui est de la démographie en Italie où la fécondité est de 1, 2 enfant par femme, le cardinal Martino a fait observer que la population de 57 millions d'habitants va diminuer, si cela continue, à 53 millions dans quelques années. Il faudrait 2, 12 enfants par femme en âge d'enfanter, pour obtenir une croissance « zéro », et non une dépopulation. Il a fait remarquer que l'Italie s'achemine vers un paysage social fait de retraités, où l'on ne « produit pas ». Il voit la cause de cette situation dans une « administration » et une « distribution défectueuse » des richesses.

Enfin, citant les chiffres au niveau mondial, le président de Justice et Paix a rappelé que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la population de la planète a augmenté de 5 milliards d'habitants et que les projections prévoient son augmentation jusqu'à 9 milliards avant stabilisation.

C'est là que le cardinal Martino a en même temps rappelé la position de l'Eglise sur « paternité et maternité responsables ».

Anita S. Bourdin