La dernière lettre de don Andrea Santoro

Publiée dans le numéro 19 du journal « Fenêtre pour le Moyen Orient »

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ROME, Mardi 7 février 2006 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous la dernière lettre écrite par don Andrea Santoro, le prêtre romain assassiné dimanche 5 février dans l’église Sainte-Marie de Trabzon (Trébizonde) en Turquie septentrionale, sur la Mer Noire, par un jeune âgé de 16 ans, arrêté ce mardi matin par la police turque.



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Très chers amis,

Je vous écris de Rome, ou je suis arrivé depuis trois semaines environ, avant de repartir pour la Turquie dans quelques jours. Ce furent des journées très intenses consacrées au témoignage, aux rencontres, aux catéchèses, aux conférences, à des moments de prières. Tout cela dans le but de favoriser l’échange d’informations et de connaissances entre le Moyen Orient, vu à travers mon expérience personnelle, et la réalité de notre Occident, comme entend le faire « Fenêtre pour le Moyen Orient ».

J’ai trouvé partout intérêt et participation et un désir sincère de comprendre et de nouer des liens de communion. J’ai senti combien il est important et possible de réaliser un échange de dons spirituels entre ces deux mondes. Le Moyen Orient, grande « terre sainte » où Dieu a décidé de se révéler de manière particulière à l’homme, possède ses richesses et sa capacité d’éclairer notre monde occidental, grâce à la lumière que Dieu y a introduit depuis toujours.

Mais le Moyen Orient a ses ombres, ses problèmes souvent tragiques et ses « vides ». Il a ainsi besoin à son tour que cet Evangile, qui est parti de là, soit semé à nouveau et que cette présence que le Christ réalisa y soit proposée à nouveau. C’est une « ré-évangélisation » réciproque et un enrichissement que les deux mondes peuvent échanger.

Entre temps, à Trabzon, la toute petite communauté chrétienne s’est réunie tous les dimanches matin pour célébrer la liturgie de la parole et l’Eglise a été ouverte aux visiteurs musulmans deux fois par semaine sous la responsabilité d’une personne de confiance. Je vous dirai comment cela s’est passé.

Je vous salue en vous confiant ces réflexions et en vous exhortant ainsi que moi-même, a toujours mettre en contact la foi avec le présent. Non pas une foi abstraite et générique mais une foi presque comme celle des « débuts » qui nous a été transmise de génération en génération. Le levain, comme dit l’Evangile, a une capacité propre mystérieuse de faire lever la pâte, s’il est mis en contact avec elle. La pâte de chaque époque, de chaque lieu, de chaque génération.

Jésus disait par ailleurs : « Je suis la lumière du monde, qui me suis ne marche pas dans les ténèbres ». Si sa lumière est en nous, elle n’éclairera pas seulement chaque situation, même la plus dramatique, mais nous serons nous aussi lumière, comme Il le disait. La faible lumière d’une bougie éclaire une maison, une lampe grillée laisse tout dans le noir. Qu’Il brille en nous à travers sa parole, à travers son Esprit, à travers la sève de ses saints. Que notre vie soit la cire qui se consume en signe de totale disponibilité.

Avec affection, Don Andrea

(Extrait de « Fenêtre pour le Moyen Orient » - Numéro 19 - Février 2005)

[Texte original : italien – Traduction réalisée par Zenit]