La difficulté de l’engagement des catholiques en politique

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ROME, Lundi 12 octobre 2009 (ZENIT.org) - « Souvent écartelés entre la foi chrétienne et une option politique », les catholiques engagés en politique « finissent par avoir des comportements et des attitudes nuisibles », ont regretté des évêques africains, lors de l'assemblée synodale pour l'Afrique.  

« Les catholiques en général ont une faiblesse qui est de ne pas s'engager de manière active et positive en politique ». « Parfois, lorsqu'ils s'engagent activement en politique, ils deviennent des agents de destruction comme nous en avons été témoins récemment dans mon propre pays, le Zimbabwe », a affirmé Mgr Robert Christopher Ndlovu, archevêque d'Harare et président de la Conférence épiscopale (Zimbabwe). 

Un sentiment ressenti aussi par Mgr Lucio Andrice Muandula, évêque de Xai-Xai et président de la Conférence épiscopale (Mozambique) qui affirme que « les fidèles laïcs engagés activement dans la vie politique de nos pays finissent par avoir des comportements et des attitudes nuisibles concernant les principes fondamentaux de la foi et de la morale chrétiennes ».  

Selon lui, « dans la vie quotidienne, les fidèles laïcs sont souvent écartelés entre la foi chrétienne et une option politique, comme si la foi chrétienne et l'activité politique étaient deux réalités incompatibles a priori ». 

Lors de la 10e Congrégation générale, samedi 10 octobre, il a invité les membres du synode à « examiner avec attention les raisons profondes d'une telle dichotomie, afin de permettre qu'à l'avenir, les fidèles puissent vivre sereinement leur vocation chrétienne sans devoir nécessairement renoncer à une participation active à la vie politique ».  

Le prélat a évoqué la « grande solitude » des catholiques engagés dans l'activité politique en Afrique et « un certain abandon de la part de la hiérarchie de leurs Églises particulières ».  

« N'étant pas suffisamment assistés et encouragés par leurs pasteurs et devant œuvrer dans un monde rempli d'intrigues et d'ambitions sans fin, ils finissent par se perdre, causant parfois des dommages irréparables à l'Église dont ils sont les fils ».  

« Bien que certains d'entre eux se soient formés dans nos universités catholiques et soient des chrétiens (qui se mettent) au premier rang lors des messes dominicales dans nos cathédrales, il n'est pas rare que nous les voyions impliqués dans l'approbation de lois contraires à la foi catholique, comme dans le cas de la libéralisation de l'avortement », a-t-il dénoncé.  

« Malheureusement, ils vivent la foi chrétienne comme quelque chose qui est sans rapport avec la vie quotidienne et l'activité sociale à travers laquelle ils doivent contribuer à la construction du bien commun ».