La doctrine de Montfort en fait-il un "docteur" ? Iter de la cause

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CITE DU VATICAN, Mardi 13 janvier 2004 (ZENIT.org) – Saint Louis-Marie Grignion de Montfort pourrait être proclamé docteur de l’Eglise, étant donné l’influence immense de sa doctrine sur la vie des fidèles dans le monde entier.



Saint Louis-Marie Grignion de Montfort a été béatifié par Léon XIII, le 22 janvier 1888, et il a été canonisé par Pie XII, le 20 juillet 1947.

Lors de son voyage en France, Jean-Paul II s'est recueilli dans l'église de Saint-Laurent-sur-Sèvres, le 19 septembre 1996, sur les deux tombes jointes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, et de la bienheureuse Marie-Louise Trichet - première "Fille de la Sagesse" -, morts le même jour, au même endroit, l'un en 1716, l'autre en 1759 (cf. ci-dessous pour l’homélie de Jean-Paul II).

Marie-Louise Trichet, première disciple du Père de Montfort, et co-fondatrice des Filles de la Sagesse a été béatifiée par Jean-Paul II le16 mai 1993.

Jean-Paul II a fait introduire la fête de saint Louis-Marie au calendrier liturgique général de l’Eglise universelle, par un décret de la congrégation romaine pour le culte divin, daté du 20 juillet 1996, anniversaire de sa canonisation. Il s’agit d’une mémoire facultative célébrée à l’anniversaire de la mort du saint, c’est-à-dire de sa "naissance au ciel", "dies natalis".

Jean-Paul II a également adressé un message à la famille montfortaine à l’occasion du 50e anniversaire de la canonisation du saint, le 21 juin 1997 (cf. ci-dessous in "Documents"). Il est adressé aux trois branches de la famille montfortaine: au supérieur général de la Compagnie de Marie, au supérieur général des Frères de l’Instruction chrétienne de Saint-Gabriel, et à la supérieure générale des Filles de la Sagesse.

Dans les années 1980, la supplique pour la proclamation de saint Louis-Marie comme docteur de l’Eglise universelle a été présentée à Jean-Paul II, à une époque où toutes les "causes" de doctorat étaient suspendues dans l’attente de revoir les critères "d’admission".

Le mouvement de la cause de saint Louis-Marie reprit dans le sillage du doctorat de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1997).

L’évêque de Luçon, Mgr François Garnier, a accepté le rôle "d’évêque médiateur" pour la présentation de l’instance au Saint-Siège: la tombe du saint se trouve sur le diocèse.

"Louis-Marie Grignion de Montfort constitue une figure de référence significative, qui m'a éclairé dans des moments importants de ma vie... L'accueil de Marie dans la vie dans le Christ et dans l'Esprit introduit le croyant au cœur même du mystère trinitaire", confiait en outre Jean-Paul II en s’adressant aux membres du 8e Colloque international de Mariologie qui s'est tenu à Rome (11-13 octobre 2000) pour la promotion de la proclamation de saint Louis-Marie comme docteur de l'Eglise (cf. ZF001013).

Le pape évoquait à cette occasion ses années de jeunesse en disant: "Lorsque, séminariste clandestin, je travaillais à l'usine Solvay de Cracovie, mon directeur spirituel m'a conseillé de méditer sur le "Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge". J'ai lu et relu plusieurs fois et avec un grand profit spirituel ce précieux petit livre ascétique à la couverture bleue tachée de soude".

Pour sa part, Mgr Garnier, qui avait accompagné le pape à Saint-Laurent en 1996, avait adressé à Jean-Paul II les hommages des membres de ce 8e Colloque et il avait remercié le pape d'être "le promoteur le plus discret mais le plus efficace" de la cause du "doctorat" de saint Louis-Marie.

L'évêque de Luçon avait également souligné la convergence entre l'enseignement du saint et celui de sainte Thérèse de Lisieux, proclamée "docteur de l'Eglise" par Jean-Paul II en 1997.

Le postulateur de la cause est le P. Battista Cortinovis, de la Compagnie de Marie, auteur de différents articles et ouvrages sur le saint fondateur (Editions Montfortaines).