La « double expression de la miséricorde divine »

Allocution de Benoît XVI en la cathédrale de Cotonou

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ROME, vendredi 18 novembre 2011 (ZENIT.org) – Une « double expression de la miséricorde divine » a fait l’objet de la méditation de Benoît XVI lors de son deuxième discours au Bénin, ce 18 novembre, en la cathédrale de Cotonou, dédiée à Notre Dame de Miséricorde.

Après le chant du Te Deum, l’allocution de l’archevêque actuel, Mgr Antoine Ganyé, et le don à la cathédrale, d’un « magnifique calice » applaudi par l’assemblée, le pape a prononcé son allocution sur le thème de la miséricorde et de la Vierge Marie. Le pape a ensuite présidé la prière du Notre Père, et après la bénédiction, il a chanté le Salve Regina avec l’assemblée. Le pape s’est retiré tandis que les fidèles chantaient en canon le « Magnificat » de Taizé. Les cloches sonnaient à toute volée.

« La miséricorde divine, a expliqué le pape dans son allocution, ne consiste pas seulement en la rémission de nos péchés ; elle consiste aussi dans le fait que Dieu, notre Père, nous ramène, parfois non sans douleur ni affliction ni crainte de notre part, sur le chemin de la vérité et de la lumière, car il ne veut pas que nous nous perdions. »

« Cette double expression de la miséricorde divine, a précisé Benoît XVI, montre combien Dieu est fidèle à l’alliance scellée avec chaque chrétien dans le baptême. En relisant l’histoire personnelle de chacun et celle de l’évangélisation de nos pays, nous pouvons dire à la suite du psalmiste : « Je chanterai sans fin les miséricordes du Seigneur » (Ps 89 [88], 2). »

Le pape a achevé son allocution par une prière à la Vierge Marie, reine de Miséricorde, d’espérance, de paix et de justice, Notre Dame d’Afrique (cf. « Documents », pour le texte intégral).

Benoît XVI a imploré la Vierge Marie pour qu’elle comble « les plus nobles aspirations des jeunes d’Afrique » ; les cœurs « assoiffés de justice, de paix et de réconciliation » - thèmes du synode - ; les espoirs « des enfants victimes de la faim et de la guerre » ; pour qu’elle obtienne « pour les peuples de la terre l’esprit de fraternité, la guérison pour les malades, la consolation pour les affligés, le pardon pour les pécheurs ».

Au terme de la cérémonie de bienvenue à l’aéroport de la capitale béninoise, le pape était parti pour la cathédrale en voiture panoramique, au milieu de la liesse populaire. Le cortège papal a fait un long détour pour saluer la population, il est passé notamment devant le siège de la Conférence épiscopale, récemment inauguré, il a franchi les deux ponts sur le canal entre la lagune Nokoué et l’océan atlantique. La ville était parée aux couleurs du Bénin – vert, jaune et rouge - et de nombreux drapeaux aux couleurs du Vatican – jaune et blanc. Des visiteurs des pays voisins s’ajoutaient à la foule béninoise.

Le pape a été accueilli à la cathédrale par les évêques du Bénin, les évêques d’autres pays et des fidèles enthousiastes, en présence du président de la République. Il s’est recueilli devant le Saint-Sacrement, puis auprès des tombes des anciens archevêques, Mgr Christophe Adimou (archev. de 1971 à 1990) et Mgr Isidore de Sousa (archev. de 1990 à 1999).

Mgr Isidore de Sousa, archevêque de Cotonou, a joué un rôle décisif, il y a vingt ans, pour la transition démocratique, après des années de dictature marxiste-léniniste. En 1990, il fut en effet choisi pour présider la « Conférence nationale » qui négocié la transition vers la démocratie, et il a ensuite été, pendant trois ans, président du Haut conseil de la République. Le pape Jean-Paul II n’était guère enthousiaste à l’idée de laisser un archevêque jouer un tel rôle. C’est le cardinal Bernardin Gantin qui, à Rome, l’a convaincu que ce serait un bien pour tout le pays et pour l’Eglise.


Alors qu’il était coadjuteur de Cotonou, et encore sous le régime marxiste, Mgr de Sousa a participé au congrès national missionnaire à Lisieux, en avril 1984 (28-30 avril). Il a affirmé que pour chasser la peur – la peur du sorcier notamment – il faut annoncer que « Jésus est Seigneur ». Il avait aussi tenu une conférence saluant les progrès apportés par les Missionnaires, ce que rappelle ce jubilé des 150 ans.


Mais ce qu’il disait des peurs semble toujours d’actualité. Car le pape se trouve au pays du vaudou, une religion originaire de l'ancien royaume du Dahomey. Il désigne « l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance ». D’aucuns estiment que les chrétiens représentent 27% de la population du Bénin, les musulmans 22 % et les disciples de la religion traditionnelle vaudou 37 %.


C’est peut-être pour répondre à ces peurs et à ces interrogations que Benoît XVI a choisi de parler de la miséricorde, de Dieu qui « est fidèle à l’alliance scellée avec chaque chrétien dans le baptême », et de Marie, Mère de miséricorde, dont la cathédrale porte le nom.


ASB