La famille a besoin d'être appréciée, mise en valeur et protégée

Visite au palais présidentiel du Quirinal

Rome, (Zenit.org) Pape François | 748 clics

La famille a besoin d'être appréciée, mise en valeur et protégée, déclare le pape François en visite, ce jeudi matin, au palais présidentiel du Quirinal, où il a été accueilli par le président Giorgio Napolitano.

Il a fortement insisté sur la nécessité de créer des postes de travail pour endiguer la crise énconomique du frappe le pays, rappelant ses visites à la rencontre des réalités du pays, à Lampedusa, Cagliari et Assise.

Le pape a rencontré les présidents du Sénat - Piero Grasso -, du Parlement - Laura Boldrini - et du Conseil des ministres - Enrico Letta -.

Il a conclu sa visite en rencontrant, justement, les familles et les enfants des employés du palais du Quirinal.

Le président a offert au pape une gravure ancienne du palais, autrefois palais des papes, et il a reçu du pape deux médaillons de bronze, dus à Guido Veroi (1926-2013): l'un représente le saint patron de Buenos Aires, saint Martin, donnant  la moitié de son manteau à un pauvre, et l'autre un ange rapprochant l'hémisphère Nord et l'hémisphère Sud du globe en dépit du dragon, un symbole "de la solidarité et de la paix dans la justice".

Ensemble, le président, la Première dame et le pape, ont admiré un manuscrit précieux, un évangéliaire enluminé du VIe s., à peine restauré, le "Codex Purpureus Rossanensis": un manuscrit en parchemin pourpre de Rossano.

Le pape a également visité la Chapelle pauline du palais: différents conclaves y ont eu lieu.

Voici notre traduction intégrale du discours du pape, puis de son allocution lors de la rencontre avec les familles.

Discours du pape François

Monsieur le Président,

C’est avec une vive gratitude que je vous rends aujourd’hui la visite cordiale que vous avez bien voulu me faire le 8 juin dernier au Vatican. Je vous remercie des aimables paroles de bienvenue par lesquelles vous m’avez accueilli, vous faisant l’interprète des sentiments du peuple italien.

Selon l’usage institué des rapports entre l’Italie et le Saint-Siège, ma visite confirme l’excellente situation de nos relations mutuelles et avant cela même, entend exprimer un signe d’amitié. En effet, en ces huit premiers mois de mon service pétrinien, j’ai déjà pu faire l’expérience de tant de gestes d’attention de votre part, Monsieur le Président. Ils s’ajoutent à ceux, nombreux, que vous avez progressivement manifestés, au cours de votre premier septennat, pour mon prédécesseur, Benoît XVI. En cet instant, je désire tourner nos pensées  et notre affection vers lui, en souvenir de sa visite au Quirinal qu’il avait défini à cette occasion comme « la maison symbolique de tous les Italiens » (Discours du 4 octobre 2008).

En venant vous rendre visite en ce lieu si chargé de symboles et d’histoire, je voudrais, en pensée, frapper à la porte de tous les habitants de ce pays, dans lequel plongent les racines de ma famille terrestre, et offrir à chacun la parole vivifiante et toujours nouvelle de l’Évangile.

En pensant aux moments saillants des relations entre l’État italien et le Saint-Siège, je voudrais rappeler l’insertion dans la Constitution républicaine des Actes du Latran et l’Accord de révision du Concordat. Nous fêterons dans quelques semaines le trentième anniversaire de cet Accord. Nous avons là un solide cadre de référence normative pour le développement serein des rapports entre l’État et l’Église en Italie, cadre qui reflète et soutient notre collaboration quotidienne au service de la personne humaine en vue du bien commun, dans la distinction de nos rôles et domaines d’action respectifs.

Nombreuses sont les questions devant lesquelles nos préoccupations se rejoignent et nos réponses peuvent converger. La période actuelle est marquée par la crise économique qui peine à être surmontée et dont un des effets les plus douloureux est la disponibilité insuffisante de travail. Il est nécessaire de multiplier nos efforts pour en alléger les conséquences et pour saisir et renforcer tout signe de reprise.

Le premier devoir qui incombe à l’Église est de témoigner de la miséricorde de Dieu et d’encourager les réponses généreuses de solidarité pour ouvrir vers un avenir d’espérance ; parce que là où l’espérance grandit, les énergies et l’effort pour la construction d’un ordre social et civil plus humain et plus juste se multiplient, et de nouvelles potentialités de développement durable émergent.

Mes premières visites pastorales en Italie sont restées imprimées dans mon esprit. À Lampedusa, surtout, où j’ai rencontré de près la souffrance de ceux qui, à cause des guerres ou de la misère, entreprennent d’émigrer dans des conditions souvent désespérées ; et j’y ai vu le témoignage louable de solidarité de tant de personnes qui se dépensent pour les accueillir. Je me souviens aussi de ma visite à Cagliari, pour prier devant la Vierge de Bonaria, et de celle d’Assise, pour vénérer le Saint patron de l’Italie dont j’ai pris le nom. Dans ces lieux aussi, j’ai touché du doigt les blessures qui accablent tant de personnes aujourd’hui.

La famille est au centre des espérances et des difficultés sociales. Avec une conviction renouvelée, l’Église continue de promouvoir l’engagement de tous, individus et associations, pour soutenir la famille, premier lieu où se forme et grandit l’être humain, où l’on apprend les valeurs et les exemples qui les rendent crédibles. La famille a besoin de la stabilité et de la reconnaissance des liens réciproques, pour réaliser pleinement sa tâche irremplaçable et déployer sa mission. Tout en mettant ses énergies à la disposition de la société, elle demande à être appréciée, mise en valeur et protégée.

Monsieur le Président, en cette circonstance, je tiens à exprimer le souhait, soutenu par la prière, que l’Italie, en puisant à son riche patrimoine de valeurs civiles et spirituelles, sache retrouver la créativité et la concorde nécessaires à son développement harmonieux, pour promouvoir le bien commun et la dignité de toute personne, et offrir sa contribution à la paix et à la justice sur la scène internationale.

Je suis heureux, enfin, de pouvoir m’associer à l’estime et à l’affection que le peuple italien nourrit pour votre personne et vous redire mes vœux les plus cordiaux pour l’accomplissement des devoirs qui incombent à votre très haute charge. Que Dieu protège l’Italie.

Traduction d'Hélène Ginabat

Allocution du pape avec les familles du Quirinal

Merci beaucoup, Monsieur le Président, de l'occasion de cette rencontre familiale. Derrière le service public, il y a toujours la famille : il y a des enfants, des petits-enfants. J'aime tellement la rencontre avec les enfants : vous êtes très importants! Et vous aussi qui accomplissez votre travail au service de la première charge institutionnelle italienne, je vous salue de tout cœur et je suis heureux de vous rencontrer. Je vous souhaite de toujours vivre en harmonie avec ceux qui vous entourent, en famille et dans chaque secteur de votre vie quotidienne.

Par votre travail, souvent caché, mais précieux, vous entrez en contact avec différents événements ordinaires et extraordinaires qui jalonnent le chemin d'une nation. Certains d'entre vous ont la possibilité d’être en contact avec les différentes problématiques sociales, familiales et personnelles que des citoyens font parvenir avec confiance au président de la République. Je vous souhaite d’avoir toujours un esprit d'accueil et de compréhension pour tous. On a tellement besoin de personnes comme vous, engagées avec professionnalisme et aussi avec un sens aigu d'humanité et de compréhension, avec une attention particulière solidaire des plus faibles. Je vous invite à ne pas perdre courage dans les difficultés, mais être prêts à vous soutenir mutuellement.

Je prierai pour vous, je vous assure de mes prières, mais je vous demande de prier pour moi, j'en ai besoin. Je vous remercie.

Traduction de Zenit, Anita Bourdin