La famille, seule structure orientée vers l'avenir

L'urgence de réviser les priorités, par le card. Bagnasco

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Anne Kurian

ROME, vendredi 1er juin 2012 (ZENIT.org) – La famille est la « seule structure qui permette de se projeter vers l’avenir », affirme le cardinal Bagnasco, c’est pourquoi il est urgent de « réviser les priorités » pour sortir de la crise en Europe.

L’ouvrage « Les évêques européens sur la démographie et la famille en Europe – Réalités et problématiques » a été présenté hier, 31 mai 2012, à la Librairie de la famille, au centre d’exposition de la “Foire de Milan”, dans le cadre de la VIIe Rencontre mondiale des familles (30 mai-3 juin).

Le cardinal Angelo Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne (CEI), et vice-président du CCEE a insisté sur l’urgence de « faire connaître à un large public » les analyses de cette étude, étant donné « l’actualité de cette thématique ».

L’ouvrage présente notamment l’analyse d’une enquête menée dans 47 pays – pour la 40e assemblée plénière du CCEE, à Zagreb en Croatie, en 2010 – sur la situation démographie en Europe.

Réviser les priorités

Le continent européen, constate le cardinal, vit un « hiver démographique », caractérisé par une « dénatalité sérieuse et généralisée » : or, explique-t-il, l’évolution de la population du continent est « étroitement liée à la question de la famille ».

En effet, le type de politique familiale que les pays établissent, mais également « le climat culturel, qui tend à relativiser les valeurs et les institutions, influant sur les comportements personnels et sociaux » se répercutent sur la décroissance démographique.

« La raison de la baisse de la natalité n’est pas seulement de type politico-économique », insiste le cardinal : « elle naît d’une pauvreté culturelle et morale, qui a de beaucoup précédé l’actuelle crise économique et financière ».

Par conséquent, la solution ne peut être celle qui a causé la crise : « ce n’est pas en consomment plus et en ayant moins d’enfants que nous redresserons l’économie, mais en révisant radicalement les priorités ».

Se projeter vers l’avenir

En ce domaine, souligne le cardinal, l’Eglise a un « devoir éducatif », qui « compte sur un patrimoine millénaire » et qui « trouve en Christ son modèle ».

L’insistance de l’Eglise sur le thème de la défense de la famille, précise-t-il, ne naît pas « d’une sorte de fixation monothématique », mais de la « conscience de la valeur de cette structure anthropologique inégalable, la seule qui permette de se projeter vers l’avenir ».

Le cardinal en appelle donc au « sens critique » des catholiques, devant la culture dominante qui a « mis en discussions des valeurs telles que la vie humaine, la personne dans sa structure objective, la liberté comme responsabilité morale, la fidélité, l’amour et la famille ».

Pour le vice-président du CCEE, les familles « qui accueillent la présence de Jésus et vivent selon la vérité de la famille », rendent témoignage de la « beauté » de ce que l’Eglise proclame, et de sa « correspondance avec le cœur de l’homme ».

Elles témoignent, ajoute-t-il, qu’il est « possible de vivre cette vie de famille ».

Il encourage enfin à ne jamais « se fatiguer de répéter » que la famille « n’est pas un ensemble d’individus, ou un sujet à redéfinir selon les pressions des mœurs », et que les valeurs fondamentales de la vie, du mariage et de la famille, sont les valeurs qui « fondent et garantissent toutes les autres valeurs sociales et politiques ».