La foi chrétienne contribue au bien-être des peuples

Mgr Nichols salue le 650e anniversaire du Vénérable collège anglais

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Ann Schneible

Traduction d’Hélène Ginabat

ROME, jeudi 6 décembre 2012 (Zenit.org) – « La vie politique, culturelle ou publique qui marginalise la foi religieuse nuit à son propre bien-être », déclare Mgr Vincent Nichols, à l’occasion du 650e anniversaire de la fondation du Vénérable collège anglais de Rome et de la célébration de la Journée en hommage à ses martyrs, le 1er décembre dernier.

L’archevêque de Westminster revient sur les 650 ans d’histoire du Collège anglais et parle du rôle de la foi religieuse dans la vie publique pour les lecteurs de Zenit.

Zenit - Quel intérêt représentent les 650 années de l’histoire du Collège pour les catholiques aujourd'hui?

Mgr Nichols - Le 650ème anniversaire que nous célébrons cette année est celui de la fondation de l'hospice anglais. Pendant plus de 200 ans, l'hospice a servi de refuge pour les pauvres et de lieu de soins pour les malades et les personnes en deuil ; c’est un lieu où la diplomatie entre les rois d'Angleterre et le Saint-Siège a commencé à se développer, un endroit où les savants venaient d’Angleterre afin de bénéficier d’une partie des  « nouvelles connaissances », qui étaient en vogue en Europe. Cet hospice est donc symbolique de la grande richesse des relations entre l'Angleterre et le Pays de Galles d’une part et le Saint-Siège d’autre part. Il nous rappelle également les grands liens d'affection qui unissent le peuple d'Angleterre et du Pays de Galles à la personne du pape et au ministère apostolique du Saint-Siège. Les pèlerins continuent de venir à Rome d'Angleterre et du Pays de Galles, en grand nombre, dans une succession ininterrompue de voyages, même antérieurs au 14ème siècle.

L'histoire du Vénérable collège anglais est étroitement liée à la Réforme anglaise. Quelle est le rôle de la foi religieuse dans la vie politique ?

Le rôle de la foi religieuse dans la vie publique en Angleterre et au Pays de Galles est un sujet permanent de réflexion et de discussion. Ce que nous recherchons, ce sont des institutions de gouvernement laïques qui ont une attitude ouverte et positive vis à vie de la contribution que la foi chrétienne en particulier, et la foi religieuse, apporte au bien-être de la population. Ce qui est clair, c'est que si les gens doivent apporter ce qu’ils ont de meilleur à la vie publique, politique et culturelle d'un pays, il faut qu’ils soient en mesure d'apporter ce qui est le plus important pour eux dans leur rôle de citoyen. Et ce qui est le plus important pour beaucoup de gens, c'est leur foi religieuse. Donc, la vie politique, culturelle ou publique qui marginalise la foi religieuse nuit à son propre bien-être. Il s'agit d'un thème important et permanent de discussion et de débat dans nos pays actuellement.

Le 650e  anniversaire de la fondation du Vénérable collège anglais coïncide avec le synode pour la nouvelle évangélisation, l'Année de la foi et le 50ème anniversaire du concile Vatican II: comment s'articulent ces événements ?

L'anniversaire de l'hospice, en particulier en cette Année de la foi, met l'accent sur l'importance de la Chaire de Pierre pour maintenir l'unité de la foi, qui est évidemment la pierre de touche. Le Saint-Père indique toujours la personne de Jésus comme le cœur de notre foi et, ce faisant, il nous rappelle que tous les efforts pour la nouvelle évangélisation doivent attirer les gens dans une relation vivante avec le Christ. Le 50èmeanniversaire du concile Vatican II nous rappelle le défi constant de l’Eglise, qui est de trouver une nouvelle vigueur et de nouvelles formes d'expression de la foi, sans pour autant perdre aucune de ses vérités centrales ni les dogmes du salut. Benoît XVI a dit du concile Vatican II qu’il avait été un moment de tension émotionnelle profonde, lorsque les Pères du concile peinaient sur cette question. C’est à notre tour, aujourd'hui, de nous laisser façonner et guider par le précieux enseignement du concile Vatican II.

Beaucoup de catholiques en Angleterre et au Pays de Galles font face à une nouvelle vague de contestation de leur foi: quelle consolation peuvent-ils trouver dans la célébration de la Journée des martyrs de cette année ?

Les catholiques en Angleterre et au Pays de Galles, aujourd'hui, ont de plus en plus conscience que le défi de la foi peut, à certains égards, les mettre en contradiction avec les tendances de la culture contemporaine et de la pensée populaire. La célébration de la Journée des martyrs, pour commémorer les martyrs associés au Vénérable Collège anglais, vient en même temps que la célébration du 25èmeanniversaire de la béatification des 85 martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles, que nous avons commémorée dans la cathédrale de Westminster, le mardi 27 novembre. Tous ces martyrs, mais surtout quelques-uns de ceux qui ont été béatifiés, étaient connus en tant que voisins et amis de leurs contemporains dans la vie ordinaire. Ils demeurent pour nous un magnifique exemple de la façon dont la sainteté est à la portée de toute personne avec la grâce de Dieu, et montrent qu’une foi inébranlable et la fidélité à l'Eglise sont les pierres de construction d'un chemin de vie vers la sainteté.

Les martyrs témoignent pour nous d’une grande foi dans la promesse de la vie du ciel. Ils disaient souvent qu’ils pouvaient voir au-delà de l'échafaud, au-delà de leurs souffrances, voir l'aube de la nouvelle vie du ciel qui les attendait. Ils ont tous attesté l'importance de la messe et, d’ailleurs, de nombreux martyrs béatifiés de l'Angleterre et du Pays de Galles étaient des laïcs qui ont donné leur vie pour soutenir, protéger et aider leurs prêtres pour que la messe puisse être célébrée. Ce lien étroit entre le prêtre et le peuple, heureusement, existe encore dans nos pays aujourd'hui.

La troisième dimension à laquelle ces martyrs ont rendu témoignage par leur sang était l'importance du ministère pétrinien dans l'Eglise catholique. Ils savaient que c’est par le charisme du Siège apostolique que la foi catholique est protégée de toute ingérence indue de la part de l’Etat ou d’un pouvoir politique.