"La foi est comme une partie de football"

Audition du directeur des Écoles d'évangélisation Saint-André

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Anne Kurian

ROME, mercredi 17 octobre 2012 (ZENIT.org) – Le directeur des Écoles d'évangélisation Saint-André compare la pédagogie de la foi à une « partie de football qui se joue en deux temps » : « la première mi-temps, la première Annonce. La seconde: la catéchèse et la théologie ».

M. José Prado Flores, fondateur et directeur international des Écoles d'évangélisation Saint-André au Mexique, était en effet l’un des auditeurs qui sont intervenus hier matin, mardi 17 octobre 2012, au cours de la 13e congrégation générale du synode des évêques au Vatican.

Une partie de football

« La pédagogie de la foi est comme une partie de football qui se joue en deux temps: la première mi-temps, la première Annonce. La seconde: la catéchèse et la théologie », déclare-t-il.

Pour M. Prado Flores, « les évangélisateurs jouent la première mi-temps, les catéchistes et les maîtres la seconde ».

Mais il soulève un problème : la première mi-temps est aujourd’hui omise. En effet, selon lui, « la première Annonce joyeuse » a été abandonnée il y a cinq siècles. Aujourd’hui, seule reste la seconde mi-temps, c’est-à-dire « les sacrements, les dogmes et les catéchismes ».

Certes, ce second temps est bon, mais seulement « si il arrive après la Première Annonce », « pas avant, et surtout pas à sa place », insiste-t-il.

En ce sens, commente-t-il, « le problème n’est pas que l’Église catholique n’évangélise pas mais que ce soient des “non évangélisés” qui évangélisent », c’est-à-dire que certains évangélisateurs n’ont pas encore « d’expérience personnelle de l’amour de Dieu ».

Pour ne pas perdre Jésus à Jérusalem

Rappelant que « Joseph et Marie perdirent Jésus à Jérusalem », M. Prado Flores fait remarquer que « quelque chose de semblable pourrait arriver aujourd’hui dans la pérégrination de notre Église ».

Ainsi, dans l’évangélisation, « certains ont perdu la Parole, et préfèrent les schémas pleins de sagesse humaine », dénonce-t-il, invitant à s’interroger :

- Considérons-nous vraiment tout comme perte et déchets, face à “la connaissance de Jésus Ressuscité?”(Ph 3,7-8).

- Faisons-nous transparaître la joie de qui a trouvé un trésor caché? (Mt 13,44)...

- Pourquoi est-il si difficile de trouver Jésus vivant et ressuscité dans tant d’actes de dévotion?

- Si Jésus ressuscité n’apparaît pas à tout le peuple “mais seulement aux témoins” qui vont annoncer l’Évangile (Ac 10,40-42), pouvons-nous dire que nous avons eu une rencontre personnelle avec Jésus vivant, qui nous identifie comme des témoins?

« Paul a échoué à l’Aéropage car il a parlé de la Résurection mais non de Jésus ressuscité, alors que Pierre a obtenu une abondante pêche à Jérusalem car Κατενύγησαν τη καρδίᾳ, “il a blessé le coeur” avec l’épée de l’Esprit », conclut-il.