« La grossesse n’est pas une maladie », affirment les évêques américains

Eviter une grossesse n’est pas éviter une maladie

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ROME, Mardi 5 octobre (ZENIT.org) - La Conférence épiscopale américaine s'est récemment élevée contre le Département de la Santé et des services humains des Etats-Unis qui a inclus la contraception et la stérilisation comme des mesures de prévention de maladies. « La grossesse n'est pas une maladie », ont affirmé les évêques.

Le département des services sanitaires américain est actuellement en train de discuter une liste définitive de services préventifs que des programmes de santé pour des personnes individuelles ou des groupes devront assurer, comme le stipule le Patient Protection and Affordable Care Act.

Dans une lettre datée du 17 septembre, les évêques ont exprimé leur « préoccupation particulière » concernant la proposition de présenter les moyens de contraception et la stérilisation comme des services préventifs.

« Eviter une grossesse n'est pas éviter une maladie », commence le texte. « La contraception et la stérilisation présentent elles-mêmes des risques propres et uniques pour la santé du patient ».

La lettre signale que ces « services » sont « moralement problématiques » pour de nombreux actionnaires, y compris pour des prestataires de services de santé et des assureurs, affiliés à une religion.

De notre avis, soulignent les évêques, « la contraception sur ordonnance, la stérilisation chimique et la chirurgie sont particulièrement inappropriés au concept de ‘services préventifs' ».

Dans ce texte, ils soutiennent que cette définition ne peut avoir la même signification que les ‘services préventifs' entendus comme des mesures prises pour prévenir la pression artérielle, le niveau de cholestérol, le diabète, l'hypersensibilité ou des maladies sexuellement transmissibles.

Ce sont des services auxquels il faut prêter attention, ont-ils souligné, « parce qu'ils peuvent prévenir des maladies sérieuses ». Mais cette même logique « ne peut s'appliquer à la contraception ou à la stérilisation ».

Aucune justification médicale

Dans leur lettre, les évêques reconnaissent que « la femme peut avoir, dans certaines situations, de sérieuses raisons personnelles de vouloir éviter ou repousser une grossesse ».

Mais, ajoutent-ils, « ces raisons personnelles ne doivent pas transformer une condition temporaire ou permanente d'infertilité en un pré-requis pour la santé ou transformer une grossesse saine en condition de maladie ».

Le texte rappelle aussi que la contraception « est presque toujours perçue comme un choix personnel ou un style de vie », qui « présente ses propres risques et des effets secondaires ».

On ne peut pas non plus définir la contraception comme un moyen de prévention pour éviter l'avortement, ajoutent les évêques, parce que « l'avortement n'est pas en soi une condition de la maladie, mais un processus à part qui se réalise uniquement d'un commun accord entre une femme et un professionnel de la santé ».

Pour les évêques américains, « des études ont démontré que le pourcentage de grossesses non désirées qui se terminent en avortement est plus élevé dans les cas où la grossesse s'est déclarée pendant l'utilisation de moyens contraceptifs ».

Les évêques craignent, enfin, que cette loi puisse constituer « une menace sans précédent » au « droit de conscience » des employés qui ont des objections morales ou religieuses à ces procédures.

Pour consulter le texte intégral en anglais : http://www.usccb.org/ogc/preventive.pdf