La liturgie comme chemin de sainteté et la réforme de Vatican II

Lettre apostolique pour les 40 ans de "Sacrosanctum Concilium"

| 916 clics

CITE DU VATICAN, Dimanche 7 Décembre 2003 (ZENIT.org) – L’importance de la réforme liturgique de Vatican II est mise en relief par la Lettre apostolique de Jean-Paul II publiée le 5 décembre à l’occasion des 40 ans de "Sacrosanctum Concilium" : le pape présente, à la suite du concile, la liturgie comme le lieu de la rencontre avec le mystère et comme chemin de sainteté.



Le texte publié par la salle de presse du Saint-Siège n’est disponible pour le moment qu’en italien.

A quarante ans de la promulgation de la constitution conciliaire, le pape propose en effet une sorte d’examen de conscience sur la réception de ce document historique et se demande à quel point la liturgie a été vraiment comprise comme chemin de sainteté, en vue d’un authentique témoignage chrétien dans l’histoire. Les abus qui ont pu être commis, souligne le pape "n’ont rien à voir avec l’esprit authentique du Concile".

Face à une société sécularisée, dans laquelle les signes de l’Evangile s’atténuent peu à peu, y compris dans les pays de tradition chrétienne, le pape souligne cependant le besoin de spiritualité qui se fait ressentir.

"Comment ne pas y voir, écrit-il, une preuve du fait qu’il n’est pas possible d’éteindre la soif de Dieu au cœur de l’homme ? Il y a des questions qui ne trouvent de réponse que dans un contact personnel avec le Christ. Ce n’est que dans l’intimité avec lui que chaque existence acquiert un signification".

C’est donc à l’Eglise de savoir transmettre aux consciences le sens du mystère, continue en substance Jean-Paul II. Le pape invite les pasteurs à promouvoir des célébrations dignes en étant attentifs aux différentes catégories de personnes : enfants, jeunes, adultes, personnes âgées ou handicapées. "Tous, écrit-il, doivent se sentir accueillis au sein de l’assemblée".

Jean-Paul II recommande tout particulièrement de faire l’expérience du silence, alors que la société "vit de manière toujours plus frénétique, souvent étourdie par les bruits et dispersée par l’éphémère".

Le silence, souligne le pape, permet d’accueillir la "voix de l’Esprit" et d’écouter abondamment la Parole de Dieu et favorise la prière communautaire.

Comme le pape y invite dans Tertio Millennio Ineunte, et dans ses catéchèses hebdomadaires sur les psaumes et les cantiques des laudes et des vêpres, il rappelle l’importance de donner aux fidèles une introduction à la liturgie des heures qui "n’est pas une action individuelle ou privée mais appartient à tout le Corps de l’Eglise".

Pour ce qui est de la mise en valeur de la musique sacrée et de l’art sacré, qui mettent en relation avec "la beauté divine infinie", le pape recommande l’exercice du discernement des pasteurs.

"On ne doit pas le percevoir, précise le pape, comme un principe de raidissement, en opposition avec le besoin de l’âme chrétienne de s’abandonner à l’action de l’Esprit de Dieu, qui intercède en nous et "pour nous par des gémissements ineffables" (Rm 8, 26). Sous la direction des pasteurs, c’est plutôt un "principe de garantie" prévu par le dessein de Dieu sur l’Eglise qui se réalise, lui-même gouverné par l’assistance de l’Esprit Saint".

"Le renouveau liturgique réalisé ces dernières décennies, continue le pape, a démontré qu’il est possible d’allier une norme qui assure l’identité et la dignité de la liturgie, à des espaces de créativité et d’adaptation, qui la rendent proche des exigences d’expression des différentes régions, situations et cultures".

"En ne respectant pas la norme liturgique, ajoute le pape, on aboutit parfois à des abus, même graves, qui jettent une ombre sur la vérité du mystère et créent des perplexités et des tensions dans le Peuple de Dieu. Ces abus n’ont rien à voir avec l’esprit authentique du Concile et doivent être corrigés par les pasteurs par une attitude de fermeté prudente".