La loi, force des plus faibles, face au « droit de la force », par le card. Bertone

Inauguration de l’année judiciaire au Vatican

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ROME, Mardi 13janvier 2009 (ZENIT.org) - L'exercice de la justice doit viser le « bien commmun » rappelle le cardinal Bertone qui souligne que « la loi est la force » des plus faibles, face à la « barbarie du droit de la force ».

L'inauguration de l'année judiciaire a eu lieu au Vatican, samedi 9 janvier, en présence des plus hautes autorités judiciaires italiennes. La messe a été présidée par le cardinal secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone. Elle a été suivie par l'exposé du « promoteur de justice », Nicola Picardi.

« Ce qui doit guider ceux qui agissent dans le domaine de la justice n'est pas la satisfaction personnelle, mais la protection du bien commun », a fait observer le cardinal Bertone dans son homélie qui a insisté sur ces pivots de la justice et de l'amour que sont non seulement le bien commun mais aussi l'harmonie entre les personnes et l'option en faveur des plus faibles.

« La loi est depuis toujours la force de qui est le plus faible, et elle a donc en elle la force du droit, qui fait surmonter la barbarie du droit de la force », a déclaré le cardinal Bertone.

Par conséquent, ceux qui sont en charge « d'administrer » la justice humaine doivent se montrer « respectueux de la vérité et attentifs à toutes les exigences de la dignité de l'homme ».

Mais il a ajouté qu'il convient de regarder au-delà de la simple dimension humaine, avec la « crainte de Dieu », qu'il définit comme « la conscience d'en répondre à une justice supérieure ».

Il a en même temps diagnostiqué le danger « réel » de nuire à la « solidarité » du fait de « l'individualisme moderne, dont l'idéologie actuelle du nihilisme représente l'expression la plus néfaste ».

Le cardinal Bertone a relevé cette conséquence : « L'existence humaine en vient à perdre son sens, et à assumer une valeur contingente de calcul économique » et il parle « d'aliénation » aux graves effets dont « la négligence de toute forme de sainte tradition, le manque d'intérêt pour les devoirs issu des formes de vie asociative et l'indifférence devant les devoirs de la justice et de la solidarité humaine ».

Au contraire, « le principe de l'amour de la personne humaine constitue le fondement de tout ordre social et juridique », a rappelé le cardinal secrétaire d'Etat, en ré-affirmant les principes fondamentaux du « bien commun », du caractère « central » de la personne humaine et de la « vérité ».

Pour sa part, l'avocat Nicola Picardi a retracé l'histoire des systèmes normatifs du Vatican depuis 1929, les Pactes du latran, qui auront bientôt 80 ans, non sans mentionner la loi du 1er octobre 2008 entrée en vigueur le 1er janvier dernier : le Vatican a pris ses distances par rapport aux lois italiennes (cf. Zenit du 9 janvier 2008).

Anita S. Bourdin