La lutte contre la lèpre, le dialogue en Ukraine, les colombes de la paix...

Messages après l'angélus de ce dimanche

Rome, (Zenit.org) Pape François | 385 clics

Les lépreux, l’Ukraine, l’assassinat d’un enfant de trois ans par la criminalité organisée en Italie, des inondations en Emilie, les peuples qui célèbrent le nouvel an lunaire, et la béatification de Marie-Christine de Savoie : autant de thèmes abordés par le pape François après l’angélus de ce dimanche.

Le pape a en effet présidé la prière de l’angélus, de la fenêtre du bureau du palais apostolique, qui donne place Saint-Pierre, ce dimanche 26 janvier, à midi, en présence de dizaines de milliers de visiteurs.

Parmi eux, les jeunes de l’Action catholique du diocèse de Rome (ACR), qui conduisaient la « Caravane de la paix », au terme d’un mois de janvier qu’ils consacrent traditionnellement à la paix. Comme c’est la coutume, un jeune garçon et une jeune fille ont entouré le pape avant de lire un message au nom de l’ACR et de lâcher deux colombes.

Voici notre traduction intégrale des paroles du pape après la prière de l’angélus et la traduction du message des jeunes.

Paroles du pape François après l’angélus

Maintenant, vous voyez que je ne suis pas seul: je suis en compagnie de deux d’entre vous qui sont montés ici: ils sont bien ces deux-là!

On célèbre aujourd’hui la Journée mondiale des malades de la lèpre. Bien qu’elle régresse, cette maladie, frappe encore hélas de nombreuses personnes en situation de misère grave. Il est important de maintenir une solidarité vivante avec ces frères et sœurs. Nous les assurons de notre prière ; et nous prions aussi pour tous ceux qui les assistent de différentes façons, qui s’engagent pour vaincre cette maladie.

Je suis proche de l’Ukraine par la prière, en particulier de ceux qui ont perdu la vie ces derniers jours et de leur familles. Je souhaite que se développe un dialogue constructif entre les institutions et la société civile, et, qu’en évitant tout recours à des actions violentes, l’esprit de paix et la recherche du bien commun l’emportent dans le cœur de chacun.

Aujourd’hui, il y a beaucoup d’enfants sur la place! Avec eux, je voudrais adresser une pensée à Cocò Campolongo, qui, à trois ans, a été brûlé dans une voiture à Cassano allo Jonio. Cet acharnement sur un enfant si petit semble ne pas avoir de précédents dans l’histoire de la criminalité. Prions avec Cocò qui est, c’est sûr, au Ciel avec Jésus, pour les personnes qui ont commis ce crime, afin qu’ils se repentent et qu’ils se convertissent au Seigneur.

Des millions de personnes qui vivent en Extrême Orient ou qui vivent dispersées dans différentes régions du monde – Chinois, Coréens et Vietnamiens, notamment – vont célébrer le nouvel an lunaire ces prochains jours. Je leur souhaite à tous une existence pleine de joie et d’espérance. Que l’aspiration - ineffaçable - à la fraternité, qui habite leur cœur, trouve dans l’intimité de la famille le lieu privilégié où elle puisse être découverte, éduquée, et réalisée. Ce sera une contribution précieuse à la construction d’un monde plus humain où règne la paix.

Marie-Christine de Savoie a été proclamée bienheureuse hier à Naples. Reine des deux Sicile, elle a vécu dans la première moitié du XIXe s. C’était une femme d’une spiritualité profonde et d’une grande humilité : elle a su prendre en charge les souffrances de son peuple en devenant une vraie mère pour les pauvres. Son extraordinaire exemple de charité témoigne que la vie bonne de l’Evangile est possible en tout milieu et dans toute condition sociale.

Je vous salue tous avec affection, chers pèlerins venus de différentes paroisses d’Italie et d’autres pays, ainsi que les associations, les groupes scolaires, et les autres. Je salue en particulier les étudiants de Cuenca (Espagne) et les jeunes filles du Panama. Je salue les fidèles de Caltanissetta, Priolo Gargallo, San Severino Marche et San Giuliano Milanese, et les anciens élèves de l’Ecole de Minoprio. Je voudrais aussi exprimer ma proximité aux populations inondées en Emilie.

Je m’adresse maintenant aux jeunes garçons et aux jeunes filles de l’Action catholique du diocèse de Rome! Chers jeunes, cette année aussi, accompagnés du cardinal vicaire, vous êtes venus nombreux au terme de votre « Caravane de la paix ». Je vous remercie ! Je vous remercie beaucoup ! Ecoutons maintenant le message que vos amis, ici, à mes côtés, vont nous lire.

[Sara et Matteo se trouvent à gauche et à droite du pape et Sara lit ce message :

« Cher pape,

Aujourd’hui, nous, les jeunes de l’ACR, nous sommes venus ici, place Saint-Pierre, avec nos familles et nos éducateurs, pour t’apporter notre message de paix de façon à ce qu’il puisse arriver au monde entier.

Nous réfléchissons cette année dans nos groupes à l’importance de se remettre en question et d’apporter une contribution unique et originale, au cri de : « Pas de jeu sans toi ! » En dépassant préjugés et exclusions, il y a de la place pour chacun de nous, parce que plus on est plus on s’amuse. Nous avons compris que Dieu aime chacun de nous et les personnes qui nous entourent, avec toutes nos qualités et nos défauts, et c’est justement pour cela qu’il nous invite à participer à sa joie. Et nous ne pouvons qu’accueillir son invitation en nous remettant en question à notre mesure, en apportant son message d’amour dans les lieux que nous fréquentons tous les jours et aux personnes qui nous entourent.

Avec l’ACR, nous avons vu que pour qu’un jeu marche, il est fondamental de respecter les règles, les personnes et les espaces. Chaque enfant a le droit de pouvoir jouer et de s’amuser dans un contexte « à sa mesure » mais hélas, cela ne peut pas se réaliser dans toutes les régions du monde.

C’est pourquoi nous avons récolté des dons destinés à des enfants et à des jeunes d’Haïti pour rendre possible la construction de lieux de détente, de rencontre et de sport. Ainsi, dans cette région détruite par des catastrophes naturelles, une espérance pourra renaître à partir de la joie et des sourires des jeunes.

Nous confions donc notre message de paix à ces colombes, dans l’idée qu’elle puisse arriver partout, parce que la paix est comme le vent, elle souffle fort, elle peut rejoindre chacun, en particulier ceux qui en ont le plus besoin.

Nous te demandons de prier pour nous tous, afin que nous puissions être nous-mêmes, dans la vie de tous les jours, des témoins de Sa paix.

Nous voulons te rendre l’affection que tu manifestes à chaque fois à tous avec simplicité, avec l’enthousiasme et la joie qui caractérisent l’ACR.

Gracias Papa, l’ACR t’embrasse fort! »

Le pape embrasse les deux jeunes puis il ajoute :]

Et maintenant ces deux jeunes vont libérer les colombes, symboles de paix.

 [Libération des colombes]

A tous, je souhaite un bon dimanche et un bon déjeuner. Au-revoir !

Traduction de Zenit, Anita Bourdin