La Miséricorde divine aux Jeux Olympiques

Témoignage de Frédéric Buttigier

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ROME, vendredi 4 novembre 2011 (ZENIT.org) – Un sportif français de classe olympique a bouleversé l’assemblée du 2e congrès apostolique mondial de la Miséricorde divine de Lagiewniki (1er-5 octobre 2011). La Miséricorde au cœur des compétitions internationales ? Là où les nerfs sont chauffés à blanc, les muscles gonflés, le mental tendu par la rage de gagner ? Après la dure discipline de mois d’entraînement intense, l’espoir de la médaille stimule toutes les ardeurs. Comment vivre une réussite, un échec, transmettre, jusqu’en prison, le talent de l’athlète et l’amour de Jésus ? Un témoignage recueilli par Natalia Bottineau pour France catholique (n. 3279 du 28 octobre 2011).

Il dédie son témoignage à la Vierge Marie, « Notre-Dame de la Miséricorde ». Certains, avant la course, avant un match, esquissent un signe de croix, lui aussi, mais à Lagiewniki, ses paroles parlent au cœur : « J’ai été saisi par l’amour du Christ. Dès le début de ma conversion, en 2001, j’ai été attrapé par sainte Faustine et son message sur la Miséricorde divine ».

Celui qui parle ainsi, c’est Frédéric Buttigier, le plus grand champion français de « Powerlifting », le premier Français champion du monde junior, une carrière de 25 ans au plus haut niveau national et international... Un palmarès impressionnant au « développé couché » : à 90 kg, il soulève 212,5 kg, à 100 kg, il soulève 240 kg, et à 110 kg, il arrive à soulever 242,5 kg.

Le Petit journal de Faustine

Et voilà qu’il lit le Petit Journal de sainte Faustine et se passionne. Il se met à prier le chapelet de la Miséricorde divine, à vénérer l’image de Jésus miséricordieux. Il voit dans Faustine « un chevalier du Christ, avec un regard franc, une éthique sans égal, un courage exemplaire ». Une athlète, elle aussi : « En cette année olympique, ou l’on va entendre retentir la devise des jeux olympiques modernes, plus vite, plus haut, plus fort, elle incarne tout cela en vue de Dieu. Moi, qui suis un athlète, habitué aux plus grands sacrifices en matière d’ascèse sportive, je ne pouvais qu’être impressionné, et même subjugué par sœur Faustine. Nous ne pouvons pas atteindre tous, le même niveau, mais tous, nous pouvons tenter de suivre son exemple d’une vie remplie par l’amour du prochain, le sacrifice en vue du prochain, la prière, en implorant la miséricorde de Dieu pour nous et pour le monde entier ».

C’est sainte Faustine qui le conduit à Jésus : « Sainte Faustine m’a présenté Jésus, grâce à son livre. Un Jésus humble, très gentil, qui ne condamne pas mais qui sauve, toujours présent, spécialement lors des sacrements, Eucharistie et confession. Mais même les chrétiens ne voient pas toujours Jésus comme il conviendrait. Allez, admettons-le : ne l’avons pas vu quelquefois comme quelqu’un de juste, en oubliant la composante de la miséricorde ? C’est une tentation. Le Seigneur est toujours prêt à accueillir et sauver qui que ce soit ».

L’athlète a un cœur de contemplatif : « Contemplons le visage de Jésus sur le tableau. Le Seigneur a dit : « Je suis doux et humble de cœur ». Je vois Jésus, mon Dieu, que tu dis la vérité, je n’ai jamais vu un tel visage. Et les rayons qui sortent du cœur de Jésus ? Mon Dieu, que tes rayons qui sortent de ton très doux cœur touchent mon cœur, et le cœur de tous les fidèles ici présents. Que je m’abrite à l’ombre de ces rayons, dans les sacrements et dans ma vie quotidienne. Que je me laisse transformer par toi mon Dieu, afin que je sois porteur de paix, que ma langue sois miséricordieuse, que mes pieds me portent vers celui qui a besoin de moi.., à l’exemple aussi de la très Sainte Vierge Marie lors de sa visitation à sa cousine Elisabeth. »

La Miséricorde aux prisonniers

Et Frédéric Buttigier transmet ce qu’il a contemplé. Aux prisonniers : « Je venais juste d’être converti par le Seigneur, il m’a été demandé si j’acceptais d’aller dans une prison, pour former des condamnés comme entraîneurs dans ma discipline sportive, et leur faire passer un examen. J’ai accepté, bien que peu motivé par l’idée d’entrer dans une prison. Seul, sans personne qui me le demande, j’avais commencé à distribuer des petits livrets sur la Miséricorde divine. J’ai eu l’idée de les apporter avec moi, en me disant que le Seigneur Jésus serait sûrement content que je puisse en distribuer à des prisonniers. Premier obstacle, à mon arrivée, j’ai été fouillé. Mais les gardes ont accepté de me laisser entrer avec les livrets. Et là, j’ai eu des contacts incroyables avec les personnes incarcérées. Nous étions dans une sorte de petit gymnase, sans fenêtre, et avec des grilles et des portes fermées à clef. Ils se sont passionnés pour mes cours et j’en étais heureux. A plusieurs, je leur ai parlé de la miséricorde divine, de prier Dieu. Aucun ne m’a ri au nez, il n’y a eu aucune moquerie. J’ai vu un immense respect ».

Il confie ce témoignage de retournement de vie: « Un homme d’une autre religion que la nôtre, a tenu absolument à m’avouer la faute qu’il avait commise, en précisant qu’il le niait devant le juge, mais qu’à moi, il pouvait le dire. Je lui ai dit de prier Dieu miséricordieux, et de changer de vie, ce qu’il m’a promis ».

C’est la bonté qui se répand : « Tous voulaient devenir bons, et accueillir notre Dieu, la miséricorde de Dieu. Tous sont repartis avec le petit livret. Et moi, à midi, je sortais de la prison pour aller manger en ville, j’allais à l’église, et je priais pour ces hommes au cœur rude, que je voyais plus comme des victimes d’une société pécheresse que des gens à condamner. Et les stagiaires ont tous réussi leur examen ! »

Mais que se passe-t-il en compétition ? Frédéric Buttigier raconte aussi tel échec : « Quelquefois l’apostolat se fait tout seul. Par exemple, lors d’une compétition récente, un de mes amis me disait 'toi, tu es comme Jésus, tu ne dis jamais rien, moi je ne tends pas l’autre joue quand j’ai pris une gifle'. Alors je souriais, car une parole de paix, et de l’évangile, venait d’être dite à tous, chrétiens, musulmans et athées, sans même que je m’en préoccupe. Et à une autre compétition, ou j’ai été éliminé pour faute technique : un athlète est venu vers moi, et il m’a dit : 'Je t’ai vu faire un grand signe de croix avant de passer'. Il voulait me dire que cela ne servait à rien. Alors, immédiatement, je lui ai dit : 'Jésus aime tout le monde, toi aussi'. J’ai voulu lui faire comprendre que je n’avais pas à être avantagé. J’ai vu que ma réponse l’avait fortement étonné, il réfléchissait. Et moi je me disais qu’avec cet échec je participais, même petitement, à la croix du Christ ».

L’icône et le chapelet olympiques

Jésus est devenu le coach indispensable aux entraînements de Frédéric Buttigier qui raconte son audace : « Un bon athlète français voulait s’entraîner avec moi. Un mastodonte de 150 kg. Il a accepté de prier avec moi devant l’icône de Jésus Miséricordieux, et au bout de quelques instants, j’ai vu qu’il avait des larmes dans les yeux. Et maintenant, il parle toujours de Jésus lorsqu’il me voit. Et Jésus lui a redonné une grande foi. Aussi, j’offre toujours tous mes entraînements devant l’icône de Jésus Miséricordieux. Et j’apprends à tous les jeunes de bonne volonté à faire de même ».

Quant au chapelet de la miséricorde, il l’enseigne aussi dans sa paroisse : « A l’Eglise, des gens me voyaient prier le chapelet de la Miséricorde divine. Spontanément, ils se sont mis quotidiennement à le réciter ».

Les valeurs de l’olympisme lui sont une occasion d’évoquer sans la nommer la « source » : « En milieu laïc, lors de la remise d’un prix sportif pour ma saison, on m’a demandé de parler aux personnes présentes. Je ne savais que dire. Mais au moment de parler, j’ai pu parler des valeurs de l’olympisme en tant que message de paix et de réunification par la pratique sportive ».

Alors l’athlète de la Miséricorde lance cet appel : « Ici, de Cracovie, j’appelle tous les chrétiens du monde entier à mettre en place la fête de la Miséricorde divine là où ils sont. J’invite toute l’Eglise à obéir au pape, qui a réclamé instamment la mise en place de cette fête, une semaine après Pâques. Et accueillons les paroles de notre bien-aimé pape, le bienheureux Jean-Paul II : « N’ayez pas peur d’ouvrir la porte au Christ. Il ne vous décevra pas ! ».