La mission de l’Église : ni pouvoirs, ni richesses, mais le Christ, rappelle le pape

Messe en la cathédrale catholique du Saint-Esprit

| 404 clics

ROME, Vendredi 1er décembre 2006 (ZENIT.org) – « La mission de l’Église ne consiste pas à défendre des pouvoirs, ni à obtenir des richesses, sa mission, c’est de donner le Christ », a affirmé Benoît XVI lors de la dernière célébration à Istanbul. Le pape a redit que l’Eglise a besoin d’être libre pour « révéler Celui qu’elle ne peut cacher, le Christ Jésus », et sa volonté de travailler à l’unité plénière.



Avant la messe, Benoît XVI avait béni la statue de Jean XXIII, autrefois délégué apostolique à Istanbul en tant que Mgr Angelo Roncalli, et à une époque difficile, entre 1935 et 1944.

Benoît XVI a présidé la messe à Istanbul vendredi matin en présence de la communauté catholique, en la cathédrale du Saint-Esprit : une liturgie en français et en latin, accueillant des lectures et des chants en allemand, en chaldéen, en arménien, en anglais, en italien, en syriaque, et bien sûr en turc, réunissant ainsi les différents rites catholiques présents en Turquie.

Une liturgie surtout sous le signe de la fraternité en chrétien, grâce à la présence du patriarche Bartholomaios I et de membres de son synode, ainsi que du patriarche arménien, Mesrob II, auquel le pape avait rendu visite jeudi soir.

Evoquant leur présence, le pape leur a dit d’emblée dans son homélie sa « profonde gratitude pour ce geste fraternel qui honore toute la communauté catholique ».

Une foule enthousiaste a accueilli le pape à son arrivée de la maison Roncalli, sa résidence à Istanbul, et à son départ. La célébration s’est achevée par la bénédiction du pape en latin et du patriarche Bartholomaios en grec.

Le pape a également eu un mot de remerciement pour « les Autorités civiles présentes, pour leur accueil courtois, en particulier toutes les personnes qui ont permis que ce voyage puisse se réaliser ». Une délégation protestante était également présente, ainsi que des représentants d’autres religions auxquels le pape disait : « Je veux saluer enfin les représentants des autres communautés ecclésiales et des autres religions qui ont souhaité être présents parmi nous. Comment ne pas penser aux différents événements qui ont forgé ici même notre histoire commune ? En même temps, je sens le devoir de rappeler de manière particulière les nombreux témoins de l’Evangile du Christ, qui nous pressent de travailler ensemble à l’unité de tous ses disciples, dans la vérité et la charité ! »

« La mission de l’Église ne consiste pas à défendre des pouvoirs, ni à obtenir des richesses, sa mission, c’est de donner le Christ, de donner la Vie du Christ en partage, le bien le plus précieux de l’homme que Dieu lui-même nous donne en son Fils », a rappelé le pape.

« L’Église, insistait Benoît XVI, ne veut rien imposer à personne », et « elle demande simplement de pouvoir vivre librement pour révéler Celui qu’elle ne peut cacher, le Christ Jésus qui nous a aimés jusqu’au bout sur la Croix et qui nous a donné son Esprit, vivante présence de Dieu au milieu de nous et au plus intime de nous-mêmes. Soyez toujours accueillants à l’Esprit du Christ et, pour cela, rendez-vous attentifs à ceux qui ont soif de justice, de paix, de dignité, de considération pour eux-mêmes et pour leurs frères. Vivez entre vous selon la parole du Seigneur : «Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous avez les uns pour les autres» (Jn 13, 35) ».

Soulignant le fait que la cathédrale est dédiée au Saint-Esprit, le pape insistait sur la force du baptême en disant : « Manifester l’Esprit, vivre selon l’Esprit, ce n’est pas vivre pour soi seulement, mais c’est apprendre à se conformer au Christ Jésus lui-même en devenant, à sa suite, serviteur de ses frères. Voilà un enseignement bien concret pour chacun de nous, Évêques, appelés par le Seigneur à conduire son peuple en nous faisant serviteurs à sa suite ; cela vaut encore pour tous les ministres du Seigneur et également pour tous les fidèles : en recevant le sacrement du Baptême, nous avons tous été plongés dans la mort et la résurrection du Seigneur ».

« Il y a vingt-sept ans, dans cette même cathédrale, mon prédécesseur le Serviteur de Dieu Jean-Paul II formait le vœu que l’aube du nouveau millénaire puisse «se lever sur une Église qui a retrouvé sa pleine unité, pour mieux témoigner, au milieu des tensions exacerbées de ce monde, de l’amour transcendant de Dieu manifesté en son Fils Jésus Christ» (Homélie à la cathédrale d’Istanbul, n. 5) . Ce vœu ne s’est pas encore réalisé, mais le désir du Pape est toujours le même et il nous presse, nous tous disciples du Christ qui marchons avec nos lenteurs et nos pauvretés sur le chemin qui veut conduire à l’unité, d’agir sans cesse «en vue du bien de tous», mettant la perspective œcuménique au premier rang de nos préoccupations ecclésiales. Nous vivrons alors vraiment selon l’Esprit de Jésus, au service du bien de tous ».