Là où l'homme est concerné, l'Eglise doit parler

Le card. Turkson plaide pour la liberté religieuse pour tous

| 805 clics

Anne Kurian

ROME, vendredi 24 août 2012 (ZENIT.org) – Là où l'homme est concerné, non seulement l’Eglise a le droit de parler, mais elle a le devoir de le faire, souligne le cardinal Turkson.

Le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical « Justice et Paix », a évoqué l'intolérance religieuse dans le monde, dans un entretien paru dans l’édition en italien de L’Osservatore Romano du 3 août 2012.

Pour certains, fait remarquer le cardinal, les chrétiens peuvent sembler des « cibles faibles et faciles » car ils vivent « au milieu de la population, dans le quotidien », ils transmettent « un message d’amour », et ils « prient à l’écart, pour ne pas déranger ».

En outre, « la défense ne fait pas partie de la nature des chrétiens » car ils croient en « un Dieu qui n’a pas besoin d’être défendu ». Pour le cardinal, le Dieu des chrétiens doit surtout « être aimé, connu, témoigné ». Aussi les chrétiens ne se fondent pas sur la façon « d’imposer leur culte », mais sur la « façon de rendre témoignage à Dieu ».

Cependant, malgré les attaques, affirme le cardinal, « ils ne se laisseront pas décourager dans leur mission de rendre témoignage », car ils sont « convaincus qu’en Dieu il n’y a rien à craindre ».

Certes, il existe différentes sortes d’intolérances, constate le cardinal : il y a d’abord une violence « physique », due à l’intégrisme, « poussé jusqu’à la volonté d’éliminer celui qui suit un credo différent ». Quelquefois la violence est due à des « raisons d’ordre racial », ou encore « politique », ajoute-t-il.

Cependant la violence peut être aussi « psychologique », « plus subtile, mais non moins dévastatrice », notamment en Occident où les chrétiens sont « objets de dérision, tels des représentants d’un âge révolu ». Dans ces cas, « si l’Eglise s’oppose aux modes culturelles, elle est accusée d’anti modernité », fait-il observer.

Pourtant, quel que soit le type d’intolérance, poursuit le cardinal, « lorsque la personne humaine est concernée, non seulement l’Eglise a le droit de parler, mais elle a le devoir de le faire ». Lorsque « la personne n’est plus considérée dans sa nature même », l’Eglise « a quelque chose à dire, elle le dit et continuera à le dire », insiste-t-il.

Pour les chrétiens, « il s’agit de suivre la volonté de Dieu révélée dans l’Evangile et ceci n’a rien à voir avec la modernité ».

Le cardinal plaide par ailleurs pour la « liberté de religion » pour toutes les religions : « de la même façon que l’on doit reconnaître les droits et devoirs de chacun, en vue du bien commun, de même chacun doit avoir aussi la liberté de pratiquer sa foi, quelle qu’elle soit ».

« Affirmer sa propre liberté religieuse ne doit pas porter à la négation de la liberté religieuse de l'autre et surtout ne peut pas et ne doit pas fomenter la persécution religieuse », conclut-il.