La paix est possible: premier discours de Mgr Parolin, secrétaire d'Etat

Rencontre avec le Corps diplomatique

Rome, (Zenit.org) Card. Pietro Parolin | 848 clics

"Nous devons montrer que la paix est possible, qu’elle n’est pas une utopie que l’on peut viser, mais un bien concret qui vient de Dieu, et que nous pouvons contribuer à construire grâce à notre engagement personnel et solidaire", déclare Mgr Parolin, dans un discours en français.

Le nouveau secrétaire d'Etat, Mgr Pietro Parolin, a en effet rencontré le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège ce vendredi matin, 13 décembre, en la salle Regia du palais apostolique. Il a été accueilli par une allocution de M. Jean-Claude Michel, Doyen du Corps diplomatique, ambassadeur de la Principauté de Monaco.

Il a redit sa "disponibilité pour collaborer à la recherche de la paix et au respect de la dignité de chaque être humain".

Discours de Mgr Parolin

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Chers amis,

C’est avec joie que je vous accueille ensemble aujourd’hui pour vous saluer personnellement. Je vous remercie vivement d’avoir accepté l’invitation que je vous ai faite.

Je suis sensible aux paroles que vient de m’adresser, en votre nom, Son Excellence Monsieur Jean-Claude Michel, Doyen du Corps diplomatique près le Saint-Siège. Merci !

C’est un plaisir pour moi de revoir parmi vous des visages d’Ambassadeurs que j’ai connus durant mon service comme Sous-Secrétaire pour les Relations avec les Etats, et de rencontrer de nouveaux visages d’Ambassadeurs, qui ont commencé leur mission auprès du Saint-Siège ces quatre dernières années, qui correspondent à la période où j’étais Nonce Apostolique au Venezuela.

Avec vous tous, déjà connus ou que je viens de connaître, je me sens ami et compagnon de voyage, à cause de cette humanité qui nous est commune et de cette fraternité qui nous lie au-delà de toute barrière. C’est justement à cette fraternité que le Pape François a consacré le Message pour la Journée mondiale de la Paix de 2014, qui, avec sa première Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, constitue un texte particulièrement riche aussi bien pour notre réflexion personnelle que pour nos activités professionnelles.

À travers vous, mes salutations respectueuses vont aussi aux Autorités des pays que vous représentez auprès du Saint-Siège, ainsi qu’aux populations de vos nations, à vos collaborateurs et à chacune de vos familles.

Cette rencontre me permet de vous réitérer ma profonde gratitude pour vos messages de félicitations et de vœux que vous m’avez envoyés à l’occasion de ma nomination de Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté le Pape François.

À l’approche de la fête de Noël et de la nouvelle année 2014, c’est aussi pour moi l’occasion de vous adresser mes vœux cordiaux de bonheur. Je demande à Dieu d’accorder à chacun de vous et à tous vos pays la paix et la prospérité !

Dans une période où plusieurs régions du monde sont confrontées à de multiples formes de violence et à la persistance des disparités sociales, je voudrais vous renouveler l’assurance de ma disponibilité pour collaborer à la recherche de la paix et au respect de la dignité de chaque être humain. Je voudrais me laisser guider par la boussole des paroles que le Saint-Père François a prononcées dans cette salle, le 22 mars 2013, durant sa première audience accordée au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège : « C’est cela – disait-il – qui tient à cœur au Saint-Siège : le bien de tout homme sur cette terre ». Nous ne pouvons pas rester insensibles à la souffrance qui touche dramatiquement des êtres humains.

Nous devons montrer que la paix est possible, qu’elle n’est pas une utopie que l’on peut viser, mais un bien concret qui vient de Dieu, et que nous pouvons contribuer à construire grâce à notre engagement personnel et solidaire. Rappelons-nous les paroles de l’Évangile : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9). Pour cela il est nécessaire de travailler ensemble à l’établissement d’une véritable culture de la paix, en répondant courageusement aux défis qui mettent en péril une authentique coexistence entre les personnes et les peuples.

Par là, nous répondons à l’une des aspirations les plus profondes de l’homme, l’aspiration au bonheur. La mission des diplomates n’est-elle pas de travailler à rendre le monde plus heureux, par l’établissement ou le renforcement de relations toujours plus fraternelles ?

Comme l’a exprimé bien des fois le Pape François, l’être humain, tout homme et toute femme qui vit dans notre monde, est créé pour la joie et est à la recherche de la joie, de la vraie joie. Certes, dans de nombreuses circonstances de la vie, cette joie est souvent obscurcie. Elle n’est pas toujours évidente. Pourtant, elle est présente dans le bien qui se fait chaque jour, dans la beauté de la nature, des personnes, des événements…. Elle se trouve aussi dans les avancées vers la paix et vers l’entente entre les peuples, aussi fragiles et limitées soient-elles. Car elle est la joie de la rencontre et du partage, du dialogue et de la réconciliation.

Voilà l’humanité que nous cherchons à construire ensemble ! Une humanité qui soit une véritable famille, une humanité où le dialogue prend le pas sur la guerre pour régler les dissensions, une humanité où la force du puissant supplée la faiblesse du petit, une humanité où la force du faible remédie à la faiblesse du puissant.

Nous savons combien les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont besoin de trouver sur leur route des personnes profondément humaines et fraternelles qui leur donnent une espérance pour l’avenir ! Le Pape François veut que les chrétiens soient ces personnes ; il veut que l’Église annonce, témoigne et porte la joie. Il l’a répété avec insistance dans l’Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, qui peut être idéalement liée à la lettre que lui-même, alors archevêque de Buenos Aires, adressa à ses fidèles à l’occasion de l’ouverture de l’année de la Foi. Dès les premières lignes, il parlait d’une Église dont les portes sont ouvertes, symbole de lumière, d’amitié, de joie, de liberté et de confiance. En concluant l’année de la foi et en écrivant à l’Église universelle, le Pape François a répété sa conviction de vouloir une Église moins préoccupée de renforcer ses frontières, mais qui crée la rencontre et communique la joie de l’Évangile.

Pour les chrétiens, cette joie a son fondement dans la personne de Jésus, dont nous célèbrerons la naissance dans quelques jours. Que la joie et la paix aident vos peuples à grandir et à progresser vers un avenir meilleur !

Je vous remercie.

[01885-03.01] [Texte original: Français]