La parabole de l’Enfant prodigue expliquée à des jeunes détenus

Visite de Benoît XVI à Casal del Marmo

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ROME, Mardi 20 mars 2007 (ZENIT.org) – Le père de l’Enfant prodigue le laisse libre pour « lui donner la possibilité de comprendre intérieurement ce que c’est que de vivre ou de ne pas vivre », a expliqué Benoît XVI dimanche, à des jeunes détenus, soulignant ce que ce passage de l’évangile de saint Luc renferme d’enseignement sur la liberté : le Prodigue se rend compte « qu'une vie sans Dieu, ça ne marche pas ».



Benoît XVI a célébré la messe, dimanche matin, pour les jeunes détenus de l'Institut pénal pour mineurs de Casal del Marmo, à Rome, avant de les rencontrer au gymnase (cf. Zenit du 19 mars).

Benoît XVI a en effet commenté l’Evangile de ce 4e dimanche de carême, la parabole de l’Enfant prodigue.

Benoît XVI faisait remarquer que le plus jeune des deux fils part à la recherche « d’une vie complètement différente », « d’une vie libre de toute discipline et des commandements de Dieu, libre des ordres de son père ».

Le pape faisait observer que ce jeune homme ne veut pas « être prisonnier de la discipline de sa maison ».

Son père le laisse partir, avec, à l’avance son héritage et il est tout d’abord « heureux » mais, progressivement, « l'ennui s'insinue » et il finit par « ressentir un vide toujours plus inquiétant ».

C’est alors, continuait le pape qu’il commence à « réfléchir » et à s’interroger sur « le sens de la vie », et il se demande si « la vie, ce ne serait pas vivre pour les autres, participer à la construction du monde, au développement de la communauté humaine ».

Aussi choisit-il un « chemin nouveau », le « cheminement intérieur ». Il se met à « penser qu'il était beaucoup plus libre chez lui », et ainsi il « recherche le projet que Dieu a pour lui ».

« La maturation de ce nouveau projet de vie » s’accompagne, continuait le pape, « d'un cheminement extérieur » : l’enfant prodigue rentre chez lui « pour recommencer sa vie ».

C’est alors que son père, « qui lui avait laissé sa liberté pour lui donner la possibilité de comprendre intérieurement ce que c’est que de vivre ou de ne pas vivre », à son retour, « lui offre une fête ».

« L’enfant prodigue comprend, expliquait encore le pape, que c'est précisément le travail, l'humilité, la discipline de chaque jour qui crée la vraie fête et la vraie liberté. Il rentre chez lui intérieurement plus mûr et purifié. Il a compris ce que signifie vivre ».

« Il est maintenant pleinement conscient, ajoutait le pape, qu'une vie sans Dieu, ça ne marche pas, il manque l'essentiel, il manque la lumière, il manque le pourquoi, il manque le sens suprême de l'être humain ».

« Le jeune homme comprend, commentait le pape, que les Commandements de Dieu ne sont pas des obstacles à la liberté et à une vie belle, mais qu’ils servent à indiquer la bonne route à prendre pour trouver la vie ».

Benoît XVI indiquait le remède du sacrement de la réconciliation en disant : « Les erreurs que nous commettons, si grandes soient-elles, ne nuisent pas à la fidélité de l'amour de Dieu. Nous pouvons toujours donner un nouvel élan à notre vie par le sacrement de la confession car Dieu nous accueille, il nous rend la dignité d'être ses enfants ».

Cet Evangile, continuait le pape, « nous aide à comprendre que l'homme n'est pas une entité isolée », que « nous sommes créés ensemble, avec les autres, et c'est seulement en étant avec les autres, en se donnant aux autres que nous trouvons la vie ».

« L'homme est une créature fragile, exposée au mal, mais également capable de faire le bien », insistait le pape.

Et de conclure : « Finalement l'homme est une personne libre » et « la liberté est comme un tremplin pour s’élancer dans la mer infinie de la bonté divine, elle mais peut se transformer en un plan incliné qui fait glisser vers l'abîme du péché et du mal et qui fait ainsi perdre notre liberté et notre dignité ».