La Parole de Dieu dans l’Église : Benoît XVI convoque un synode

« Ignorer les Ecritures s’est ignorer le Christ »

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ROME, Vendredi 6 octobre 2006 (ZENIT.org) – Benoît XVI convoque le premier synode de son pontificat : il se réunira au Vatican dans deux ans, du 5 au 26 octobre 2008. Le thème choisi par le pape Ratzinger est : « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église ».



Ce sera la XIIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques. L’assemblée précédente avait eu pour thème l’eucharistie.

Le pape avait lui-même confié, le 16 septembre 2005, qu’il avait fait partie des témoins de l’élaboration de la constitution conciliaire sur la Révélation divine « Dei Verbum », à l’occasion du 40e anniversaire de l’adoption du texte de la constitution conciliaire.

Le pape Benoît XVI avait en effet reçu en audience à Castel Gandolfo les participants au congrès international sur l'Ecriture Sainte dans la vie de l'Eglise qui se tient à Rome du 14 au 18 septembre, sous l’égide du conseil pontifical pour l'Unité des chrétiens et la Fédération biblique catholique, dans le cadre du 40e anniversaire de la constitution dogmatique de Vatican II sur la Révélation divine, « Dei Verbum ».

Il avait,dit alors avoir participé « en première personne comme jeune théologien aux vives discussions qui l’ont accompagnée ».

Et c’est grâce à Dei Verbum, ajoutait Benoît XVI, qu’a été « évaluée de façon plus profonde l’importance fondamentale de la Parole de Dieu ».

Il en a jaillit pour l’Eglise « un renouveau de la vie de l’Eglise, surtout dans la prédication, dans la catéchèse, dans la théologie, dans la spiritualité, et même sur le chemin œcuménique ».

« Dei Verbum » constitue, disait le pape, « un des documents les plus importants du concile Vatican II ».

« Seul celui qui se met avant tout à l’écoute de la parole de Dieu peut l’annoncer », parce que l’on doit enseigner non « sa propre sagesse mais la sagesse de Dieu », a affirmé Benoît XVI.

Le pape a ainsi invité tous les fidèles à la lecture assidue de la Bible parce que, comme l’a dit saint Jérôme: « Ignorer l’Ecriture, c’est ignorer le Christ ».

La Parole de Dieu, soulignait le pape, « ne vieillit jamais » et c’est pourquoi l’Eglise doit se renouveler sans cesse ».

Cette constitution, disait-il, s’ouvre avec une phrase d’une signification profonde: « En religieuse écoute de la Parole de Dieu et en la proclamant avec une confiance ferme ».

L’Eglise, disait-il, « est une communauté qui écoute et qui annonce la Parole de Dieu ».

Il précisait: « L’Eglise ne vit pas d’elle-même mais de l’Evangile et c’est de l’Evangile toujours et à nouveau qu’elle tire des orientations pour sa marche. C’est une remarque que tout chrétien doit recueillir, et mettre en application: seul celui qui se met avant tout à l’écoute de la Parole peut l’annoncer. En effet, on ne doit pas enseigner sa propre sagesse, mais la sagesse de Dieu, qui apparaît souvent folie aux yeux du monde ».

« L’Eglise, a affirmé le pape, sait bien que le Christ vit dans les Saintes Ecritures » et c’est pour cela que « l’on a toujours entouré les Saintes Ecritures d’une vénération semblable à celle réservée au Corps même du Seigneur ».

« L’Eglise et la Parole de Dieu sont intrinsèquement liées » parce que, comme le dit saint Pierre, « aucune Ecriture prophétique n’est sujette à une interprétation privée », affirmait le pape ;

Benoît XVI rappelait qu’en « ces derniers temps, grâce aussi à l’impulsion imprimée par cette constitution dogmatique Dei Verbum, a été plus profondément réévaluée l’importance fondamentale de la Parole de Dieu ».

« Il en est découlé, faisait remarquer le pape, un renouveau dans la vie de l’Eglise, surtout dans la prédication, la catéchèse, la théologie, la spiritualité, et pour le chemin œcuménique lui-même. L’Eglise doit toujours se renouveler et rajeunir, et la Parole de Dieu, qui ne vieillit jamais et ne s’épuise jamais, est un moyen privilégié dans ce but. C’est en effet la Parole de dieu, qui, grâce à l’Esprit Saint, nous guide toujours à nouveau vers la vérité tout entière ».

Et dans ce sens, le pape recommandait la pratique de la très ancienne « Lectio divina »: « La lecture assidue de l’Ecriture Sainte accompagnée par la prière réalise ce colloque intime dans lequel, en lisant on écoute Dieu qui parle, et en priant, on lui répond, avec une ouverture du cœur confiante. Cette pratique, si elle est promue efficacement, apportera à l’Eglise, j’en suis convaincu, un nouveau printemps spirituel. En temps que référence ferme de la pastorale biblique, la Lectio divina doit être de nouveau encouragée, grâce à l’utilisation de méthodes nouvelles, soigneusement pensées, pour notre époque. Jamais on ne doit oublier que la Parole de Dieu est lanterne pour nos pas, et lumière sur notre chemin ».

« Que la Parole du Seigneur courre jusqu’aux extrémités de la terre, afin que par l’annonce du salut, le monde entier croie, en croyant espère et en espérant, aime », a conclu le pape Benoît XVI.