La « passion » pour l'Eglise qui anime Benoît XVI

Message au collège cardinalice

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1315 clics

Le pape Benoît XVI a voulu laisser aux cardinaux une pensée sur l’Eglise : une « raison » de vivre et une « passion », a-t-il souligné en citant le théologien allemand Romano Guardini, et en rappelant l’expérience de la vie de l’Eglise, faire hier, 27 février, place Saint-Pierre, lors de l’audience générale du mercredi.

Joie et sérénité ont présidé sur le visage du pape et dans ses paroles à la rencontre avec les cardinaux présents à Rome : certains sont déjà arrivés comme le cardinal patriarche de Lisbonne, José da Cruz Policarpo, le cardinal Audrys Backis, archevêque de Vilnius, le cardinal indien Baselios Cleemis Thottunkal (144 cardinaux indique le Saint-Siège). Chacun est ensuite venu saluer le pape, ainsi que ses collaborateurs de la curie et les cérémoniaires.

Le pape a remercié le cardinal Sodano, doyen du Collège cardinalice, de ses paroles, avant de commenter la fin de l’Evangile de Luc : la rencontre du Christ et des disciples d’Emmaüs.

Mais le cœur de ce message qu’il confie aux cardinaux, les exhortant à l’unité, c’est un message sur l’Eglise : « Je voudrais vous laisser une pensée simple, que j’ai beaucoup à cœur, une pensée sur l’Eglise, sur son mystère, qui constitue pour nous tous – nous pouvons le dire – la raison et la passion de notre vie ».

Le pape citait une pensée de Romano Guardini, écrit l’année de l’approbation de la constitution conciliaire sur l’Eglise Lumen Gentium, mentionnant « son dernier livre, avec une dédicace personnelle aussi pour moi ». « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, les paroles de ce livre me sont particulièrement chères ».

Romano Guardini, intellectuel italo-allemand, fermement anti-nazi, est né en 1885, et il s’est éteint à Munich en 1968. Dans « Jésus de Nazareth », Benoît XVI déclare avoir à l’esprit le livre de Guardini « Le Seigneur ». Et le titre de son livre « L’Esprit de la liturgie », fait aussi allusion à un livre de Guardini. Sa biographe, une amie de Benoît XVI, Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz, voit même en lui un  « père de l’Eglise du XXe siècle » ("Romano Guardini", éd. Salvator, sept. 2012).

Guardini dit, a rappelé le pape : « L’Eglise n’est pas une institution imaginée et construite dans un bureau, mais une réalité vivante. Elle vit au long du cours du temps, en devenir, comme tout être vivant, en se transformant. Et cependant dans sa nature, elle demeure toujours la même. Son cœur c’est le Christ ».

Benoît XVI a souligné l’expérience faite hier, place Saint-Pierre : « Voir que l’Eglise est un corps vivant, animé par l’Esprit Saint ».

En cette année de la foi, le pape a rappelé en différentes circonstances, notamment, le 24 octobre dernier : « Nous ne pouvons pas croire tout seul, sans la grâce de l’Esprit Saint et sans les autres baptisés ».

Le pape a dit prier justement pour que les cardinaux se montrent « dociles à l’action de l’Esprit Saint dans l’élection du prochain pape ». Il a fait observer que parmi les cardinaux se trouve ce « prochain pape » et il a promis à celui qui sera élu « dès maintenant une révérence et une obéissance inconditionelles ».

Le pape a dit aussi sa « joie de cheminer » avec les cardinaux pendant ces années « dans la lumière du Christ ressuscité ». Leur proximité – le pape l’avait souligné hier, lors de l’audience générale – a été « une grande aide » dans l’exercice de son ministère pétrinien.

« Pendant ces huit ans, a souligné le pape, nous avons vécu avec foi des moments très beaux moments de lumière radieuse sur la route de l’Eglise, et des moments où quelque nuage s’est formé dans le ciel. Nous avons cherché à servir le Christ avec un amour profond et total, qui est l’âme de notre ministère. Nous avons donné espérance, celle qui vient de Christ et qui seule peut éclairer le chemin ».

Mais pape les a aussi exhortés à grandir encore dans l’unité : « Ensemble, nous pouvons remercier le Seigneur qui nous a fait grandir dans la communion, ensemble le prier de vous aider à grandit encore dans cette unité profonde de façon  à ce que le Collège des cardinaux soit comme un orchestre, où les différences, expression de l’Eglise universelle, concourent toujours à une concorde et à une harmonie supérieures ».