La pastorale du tourisme a besoin d’une mise à jour

Le Vatican accueille une réunion européenne

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ROME, Jeudi 30 avril 2009 (ZENIT.org) - Quarante ans après la publication du Directoire « Peregrinans in terra », la pastorale du tourisme a besoin d'une mise à jour pour s'adapter à un phénomène dont l'essor, ces dernières années, a été considérable.

Telles sont les paroles prononcées mercredi 29 avril par Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, à l'ouverture d'une réunion qui rassemble, dans ses locaux à Rome, des représentants d'épiscopat et directeurs nationaux de 20 pays. 

Dans son intervention, Mgr Marchetto souligne la nécessité de passer d'une pastorale spécifique veillant surtout à ce que soit respecté le précepte dominical dans les lieux touristiques, comme c'était le cas dans les années soixante, à une pastorale plus complexe, qui tienne compte des aspects éthiques et anthropologiques de ce phénomène. 

Le nombre de touristes en mouvement dans le monde est passé de 50 millions en 1950 à 924 millions en 2008. A côté de cette énorme augmentation, surgissent de nouvelles « préoccupations et attentions pastorales », explique Mgr Marchetto se référant « à l'écologie et au changement climatique, à l'éthique dans le tourisme, à la lutte contre la pauvreté et l'exploitation sexuelle de femmes et d'enfants, ou au tourisme solidaire, social et responsable, pour ne pas parler de l'engagement à valoriser la dimension chrétienne des très nombreux lieux touristiques » . 

L'homme, ajoute-t-il, « est appelé au salut à tout moment de son existence, y compris dans ses moments de loisirs, de sport, de tourisme ». « Si l'Eglise s'intéresse au tourisme ce n'est pas seulement parce que le tourisme est un aspect nouveau et important de notre civilisation, mais surtout parce que ce phénomène modifie profondément la condition des hommes auxquels s'adresse la Parole de Dieu ». 

« La pastorale du tourisme doit être considérée comme étant une partie intégrante, essentielle et intégrée (pastorale d'ensemble) de la pastorale de l'Eglise », commente-t-il. Une pastorale qui « s'adresse non seulement aux touristes, mais également aux très vastes réseaux des organisations touristiques, à leurs agents, et aux employés de ce secteur ». 

La réunion, qui s'est achevée aujourd'hui jeudi au Palais de Saint-Calixte à Rome, entendait commémorer le 40ème anniversaire du Directoire « Peregrinans in terra », publié le 30 avril 1969, sous le pontificat de Paul VI. 

Le président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des itinérants, Mgr Antonio Vegliò, a ouvert les travaux soulignant que « le tourisme moderne représente un phénomène social en évolution croissante dans le monde, au sein duquel il est nécessaire que l'Eglise fasse toujours sentir sa présence maternelle ». 

L'Eglise, « avec sympathie et lucidité », doit  « aller au-delà dans la connaissance des aspects économiques, politiques, sociologiques, psychosociologiques du tourisme actuel » si elle veut « participer de manière rationnelle et compétente à la promotion des vraies valeurs du tourisme, et proposer peu à peu à l'opinion publique une éthique du tourisme. Car le tourisme est fait pour l'homme et non l'homme pour le tourisme ».