La place de la vie monastique dans l´Eglise: le rôle de l´évêque

Intervention du P. Thierry Portevin, Abbé bénédictin

| 1384 clics

CITE DU VATICAN, Mercredi 3 octobre 2001 (ZENIT.org) - Le P. Thierry Portevin, Abbé bénédictin de la congrégation de Subiaco, a voulu, lors de son intervention, mardi 2 octobre, "attirer l´attention du Synode sur la vie monastique" et son "noyau central" constitué par "la lectio divina, la prière communautaire et personnelle et la vie commune".



Pour mettre en évidence l´apport de la vie monastique parmi les autres formes de vie consacrée, il préconisait d´améliorer les visites canoniques, et de garder les Abbés dans leurs monastères, autrement dit: "Ne pas en faire des évêques"!

"De tout temps, rappelait-il, le Magistère a insisté sur la place centrale et unique de la vie monastique dans l´Eglise. Le coeur de sa mission est, on le sait de chercher Dieu en vivant l´Evangile en communauté, sous une règle et un Abbé, dans le cloître du monastère, avec comme moyens premiers et essentiels : la lectio divina, la prière communautaire et personnelle et la vie commune. Sans ce noyau central, auquel "rien ne doit être préféré", toutes les autres activités matérielles ou spirituelles sont vaines. Rappeler cela à toute vie religieuse et chrétienne est un des aspects de la mission profonde de la vie monastique dans le monde et dans l´Eg1ise".

"Pour aider à promouvoir et à protéger cette part de la vie religieuse qu´est la vie monastique, comme cela fait partie de la charge pastorale des Evêques (cf. Instrumentum laboris n°92)", l´Abbé Portevin insistait tout d´abord sur les "visites canoniques" des évêques.

"Les visites canoniques mises en place par le Droit et les Constitutions ont pour but d´encourager et d´aider la vie des communautés monastiques, remarquait l´Abbé. Or, l’expérience nous prouve que ce but est plus aisément atteint lorsque les visiteurs connaissent de l’intérieur la vie monastique. Aussi lorsque l’Evêque chargé de faire la visite canonique d´une communauté de Moniales, n´a pas cette expérience, ne conviendrait-il pas, soit, qu´il se fasse accompagner, pour la circonstance, d´un moine ou d´une moniale, soit, qu´il donne délégation à un moine ou une moniale pour accomplir la visite, ( qui demande en particulier du temps, ce temps que l’Evêque n´a pas toujours, c´est bien compréhensible)".

L´Abbé Portevin suggérait aussi de "ne pas prendre un Abbé pour en faire un Evêque". "En effet, un bon abbé peut avoir dans et depuis son monastère, une influence plus grande et plus profonde dans l´Eglise qu´un moine-Evêque dont ce n´est pas la vocation, expliquait le P. Portevin. Il est toujours risqué de ne pas respecter une vocation. L’expérience prouve aussi qu´enlever un abbé peut compromettre la vitalité d´une communauté monastique et donc porter atteinte à toute l´Eglise. Enfin, si cela doit se faire, un tel choix demande prudence, concertation - donc de pouvoir en parler - et liberté - liberté en particulier à l’intéressé de pouvoir refuser. Dans la ligne de ce 2ème point, le principe même de l’Abbé Ordinaire n´est pas sans poser question à beaucoup de moines et de prêtres".

Il achevait sur cette expression de reconnaissance: "Merci du respect et de la compréhension que beaucoup d’Evêques ont de la vie monastique".