La première bienheureuse du mouvement des Focolari

Chiara Luce Badano, « une jeune fille au cœur cristallin »

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ROME, Lundi 27 septembre 2010 (ZENIT.org) - Des milliers de personnes, venues du monde entier, dont un grand nombre de jeunes, ont participé samedi, au sanctuaire du Divin amour, à Rome, au rite de béatification de Chiara Luce Badano, du mouvement des Focolari, morte à 19 ans.

Le rite était présidé, au nom du pape, par Mgr Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, et concélébré par 14 évêques (également provenant de Cuba et de Thaïlande), les nonces apostoliques en Lituanie et en Jordanie, et le cardinal Ennio Antonelli, président du Conseil pontifical pour la famille.

Divers représentants du monde catholique, comme le mouvement d'Action catholique, la communauté de Sant' Egidio, le Renouveau charismatique, les scouts, le mouvement de Schoenstatt, et tant d'autres, étaient présents à la cérémonie.

« Une jeune fille au cœur cristallin » : c'est ainsi que Mgr Angelo Amato a défini la jeune Chiara Luce dans son homélie. « Une jeune fille moderne, sportive, positive, qui, dans un monde riche en bien-être, mais souvent malade de tristesse et malheureux, nous transmet un message d'espérance ».

Mgr Amato a ensuite retracé certains épisodes de la vie quotidienne de Chiara à Sassello (Italie), une vie simple, a-t-il dit, mais néanmoins vécue dans une radicalité évangélique surprenante : du gouter donné au pauvre, à l'accueil du jeune égaré et de la femme exclue, ou encore le témoignage au bar avec les amis, car « ce n'est pas tant parler à Dieu qui compte. Je dois le donner avec ma vie ».

Mgr Amato a ensuite repassé les étapes de la maladie (ostéosarcome) qui affligeait la jeune Chiara, tout juste âgée de 16 ans et qui, en peu de temps, l'a conduit à la mort.

« Je n'ai plus de jambes et j'aimais tant aller en vélo, mais le Seigneur m'a donné des ailes » avait-elle dit après avoir perdu l'usage de ses jambes.

« Elle souffrait, mais son âme chantait, a encore dit Mgr Amato. Je refuse la morphine, disait-elle, car elle ‘m'enlève la lucidité et je ne peux offrir à Jésus que ma douleur' ».

« Les jours de l'existence terrestre de Chiara, a poursuivi le préfet de la Congrégation pour les causes des saints, furent des journées de charité donnée à pleines mains. Elle changea la souffrance en joie, les ténèbres en lumière, donnant un sens et de la saveur même au supplice de son corps affaibli.Dans la maladie, elle se révéla une femme forte et sage : 'Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde' ».

« La bienheureuse Chiara Badano est une missionnaire de Jésus, a déclaré Mgr Amato, une apôtre de l'Evangile comme bonne nouvelle à un monde riche en bien-être, mais souvent malade de tristesse et malheureux. Elle nous invite à retrouver la fraicheur et l'enthousiasme de la foi ».

« Cette invitation à retrouver l'enthousiasme de la foi, a-t-il ajouté, s'adresse à tous, avant tout aux jeunes mais aussi aux adultes, aux personnes consacrées, aux prêtres. Tous ont reçu la grâce suffisante pour devenir des saints ».

« Il s'agit, a-t-il souligné pour finir, d'un signe concret de la confiance et de l'estime que le pape éprouve pour les jeunes, dans lesquels il voit le visage jeune et saint de l'Église ».

« C'est un moment historique, une confirmation, par l'Église, que la spiritualité de l‘unité vécue conduit à la sainteté », a dit pour sa part Maria Voce, l'actuelle présidente des Focolari. « C'est un nouvel engagement. Chiara Luce nous pousse à courir sur la voie de la sainteté ».

A la fin de la célébration, Maria Voce et les parents de Chiara Badano ont eu une brève rencontre avec la presse.

« Ce fut une très grande émotion, nous sommes infiniment reconnaissants à Dieu de nous avoir donné une fille », a dit la maman de Chiara, Maria Teresa. Et pour les parents qui sont confrontés à la même situation, elle a redit : « Ce sont des moments de grande souffrance, mais la consolation ne peut venir que de Dieu. C'est la force de l'unité qui nous soutient, une force qui ne vient pas de notre union entre nous deux mais de la puissance de celle qui se dégage de toutes les personnes du mouvement ».