La réalité historique des « Plaies d'Egypte »

Thème d'un congrès international à Rome

| 1715 clics

Traduction Océane Le Gall

ROME, vendredi 7 décembre 2012 (ZENIT.org) – Des événements extrêmes, dont de terribles tempêtes, que sont les « plaies » de l’Egypte, ont fait l’objet , les 3 et 4 décembre, d’un congrès international au Centre national italien des recherches (CNR) et à l’université « La Sapienza » de Rome.

Deux journées de discussions réuniront égyptologues, historiens et spécialistes de l’Antiquité, physiciens, chimistes, géologues et géographes, sur le thème : « Lecture de catastrophes : approches méthodologiques et interprétation historique. Séismes, famines, épidémies, inondations, entre l’Egypte et la Palestine (3000-100 av. J.-C.) » [ « Reading catastrophes: Methodological Approaches and Historical Interpretation. Earthquakes, Famines, Epidemics, Floods between Egypt and Palestine - 3rd - 1st millennium BC »],  pour parler des événements destructeurs survenus dans l’Antiquité en Egypte et au Proche-Orient.

« Les anciens peuples de la Méditerranée nous ont laissé de nombreux témoignages sur les catastrophes naturelles, dont les récits bibliques, en particulier ceux de l’Exode, qui décrivent des événements géophysiques survenus entre l’Egypte et la Palestine », a expliqué Giuseppina Capriotti, égyptologue à l’institut d’Etudes sur les civilisations italiques et méditerranéennes du Conseil national des recherches italien (Iscima-Cnr), coordinatrice de l’unité de recherche du CNR « les plaies de l’Egypte ».

Tout le secteur du Sinaï, a-t-elle ajouté, « a toujours été très actif d’un point de vue géophysique, et il a dû profondément marquer l’imaginaire et la tradition orale des peuples anciens ».

Le plus ancien des séismes, dont il reste des traces archéologiques en Egypte, est celui de Tell Farkha (3200-3000 av.J-C.), site du Delta égyptien, fouillé par une mission polonaise. L’historienne italienne a fait savoir à ce sujet qu’un groupe de jeunes chercheurs est en train de rassembler toutes les données officielles de nature archéologique et écrite. L’analyse des textes hiéroglyphés et hiératiques est coordonnée par le prof. Vincent Laisney, égyptologue à l’Institut biblique pontifical de Rome.

Puis il y a eu une période particulièrement active d’un point de vue sismique, celle du fameux Ramsès II (XIXe dynastie) et de ses successeurs. Selon les sources, le cortège de l’épouse hittite du pharaon, fut salué à son arrivée en Egypte par un tremblement de terre, perçu comme une manifestation divine. Des traces de tremblement de terre ont été retrouvés à Thèbes ouest, non loin de la vallée des rois: on a retrouvé sous les décombres des outils datant de l’époque entre la XIXe et la XXIIe dynastie.

Mais l’Egypte a aussi été frappée par de terribles tempêtes. Une de celles-ci, illustrée par une stèle de la XVIIIe dynastie. Commentée au cours du congrès par le prof. Robert K. Ritner de l’Institut oriental de Chicago, aux Etats-Unis, pourrait avoir un lien avec l’explosion volcanique de Téra (Santorin).

« D’importantes traces d’éboulements ont été découvertes dans des tombeaux de la fin de la XIXe dynastie. Des graffiti de la Vallée des Rois parlent d’« eau du ciel », a révélé pour sa part la climatologue Marina Baldi de l’Ibimet-Cnr, précisant que « le phénomène de ces violentes pluies en territoire aride ou en état de désertification progressive, est un phénomène bien connu ».

Le plus ancien des tremblements de terre  connus jusqu’ici en Egypte, est celui du Tell Farkha (3200-3000 av. J.-C.), qui a été suivi d’autres séismes, en particulier sous le règne du pharaon Ramsès II, pendant lequel l’activité sismique, parmi d’autres manifestations naturelles catastrophiques, fut particulièrement intense.

En Italie, les instituts du CNR impliqués dans l’unité de recherche « Plaies d’Egypte » sont au nombre de quatre : l’Iscima, l’Institut sur la pollution atmosphérique (Iia-Cnr), l'Institut pour les technologies appliquées aux biens culturels (Itabc-Cnr) et l’Institut de biométéorologie (Ibimet-Cnr).

A noter enfin l’implication aussi de l’Institut biblique pontifical, l’université de la Calabre, l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale (Ispra), le Groupe institutionnel Telegeo et l’université pontificale urbanienne.