La réponse chrétienne à la souffrance : au fond de la coupe, il y a une perle

Cette perle, c'est la résurrection, a expliqué le P. Cantalamessa

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ROME, Vendredi 15 avril 2011 (ZENIT.org) - La souffrance humaine ne peut pas être absurde si le Christ, qui est Dieu lui-même, a choisi de la goûter. « Au fond de la coupe, il doit y avoir une perle ». Cette perle, c'est la résurrection.

C'est ce qu'a affirmé le P. Raniero Cantalamessa, ofmcap., prédicateur de la Maison pontificale, durant l'homélie qu'il a prononcée lors de la Célébration de la Passion, présidée par le pape Benoît XVI, à Saint-Pierre, ce vendredi, en fin d'après-midi.

« Il y a une vérité qui doit être proclamée haut et fort le Vendredi Saint. Celui que nous contemplons sur la croix est Dieu 'en personne'. (...) Tant qu'on ne reconnaîtra pas et qu'on ne prendra pas au sérieux le dogme de foi fondamental des chrétiens (...) à savoir que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, Dieu lui-même, de même nature que le Père, la souffrance humaine restera sans réponse », a-t-il expliqué.

« On ne peut pas dire que 'la demande de Job est restée sans réponse', ni que la foi chrétienne ne donne pas de réponse par rapport à la souffrance humaine, si au départ on refuse la réponse que celle-ci dit avoir », a-t-il poursuivi.

« Que faire pour garantir à quelqu'un qu'une certaine boisson ne contient pas de poison ? s'est interrogé le P. Cantalamessa. La boire avant lui, devant lui ! C'est ce que Dieu a fait avec les hommes. Il a bu la coupe amère de la passion. La souffrance humaine ne peut donc pas être empoisonnée, ne peut être seulement négativité, perte, absurdité, si Dieu lui-même a choisi de la goûter ».

Mais « Au fond de la coupe, il doit y avoir une perle, a-t-il ajouté. Le nom de la perle, nous le connaissons : résurrection ! »

Le P. Cantalamessa a expliqué que la Croix est le « oui d'amour » de Dieu au monde. Par la Croix, le mal a été « éliminé, vaincu », a-t-il dit, en citant Benoît XVI.

« La réponse de la Croix n'est pas seulement pour nous chrétiens, elle est pour tous, car le Fils de Dieu est mort pour tous », a-t-il précisé.

Le prédicateur a expliqué que la souffrance « met en contact de façon mystérieuse (...) avec la croix du Christ ».

Il a évoqué ceux qui « ont bu la coupe », après Jésus : les martyrs. « On ne peut pas passer sous silence leur témoignage », a-t-il affirmé, en citant, parmi les « témoins modernes de la foi », les moines de Tibhirine massacrés en 1996, et plus récemment, le ministre pakistanais Shahbaz Bhatti « tué pour sa foi le mois dernier », qui voulait vivre et mourir pour le Christ, et qu'il a comparé au martyr Ignace d'Antioche.

Gisèle Plantec