"La sagesse de Benoît XVI est un don de Dieu"

Le pape François plaide pour l'institution du "pape émérite"

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 732 clics

La sagesse de Benoît XVI « est un don de Dieu », comme « les grands-parents qui par leur sagesse, leurs conseils, renforcent la famille », estime le pape François.

Dans un entretien publié à la Une du quotidien italien Corriere della sera ce 5 mars 2014, le pape plaide pour institutionnaliser le statut du « pape émérite » : « le pape émérite n'est pas une statue dans un musée. C'est une institution. Nous n'y étions pas habitués ».

Tout comme le statut d' « évêque émérite » qui n'existait pas avant le Concile Vatican II, le « pape émérite » doit aussi devenir « une institution » : « Benoît est le premier et il y en aura peut-être d'autres. Nous ne le savons pas. »

Le pape François précise qu'il lui est arrivé de demander conseil à Benoît XVI : « Sa sagesse est un don de Dieu. Certains auraient voulu qu'il se retire dans une abbaye bénédictine loin du Vatican. J'ai pensé aux grands-parents qui par leur sagesse, leurs conseils, renforcent la famille et ne méritent pas de finir dans une maison de retraite. »

Benoît XVI « est discret, humble, il ne veut pas déranger », ajoute le pape qui explique leur décision commune : « Nous en avons parlé et nous avons décidé ensemble qu'il serait mieux qu'il voie des gens, qu'il sorte et qu'il participe à la vie de l’Église. »

Ainsi, le pape émérite s’est joint à la bénédiction de la statue de saint Michel Archange au Vatican (cf. Zenit du 5 juillet 2013), puis est venu déjeuner à Sainte-Marthe avec le pape François, après Noël (cf. Zenit du 27 décembre).

« Je l'ai invité à participer au consistoire et il a accepté », poursuit le pape. Benoît XVI était en effet présent au consistoire pour la création de 19 cardinaux, le 22 février dernier, où il a donné un témoignage fort : prenant place sur un siège semblable à ceux des autres cardinaux, le pape émérite a retiré sa calotte blanche pour saluer le pape François venu à lui fraternellement, avant et après la célébration. Une façon de montrer son respect devant le seul pape ‘régnant’ (cf. Zenit du 26 février 2014).