La soif de silence et le sens du sacré : la liturgie au synode

L’importance de la « spiritualité eucharistique » des prêtres

| 834 clics

ROME, Vendredi 7 octobre 2005 (ZENIT.org) – La « soif de silence » et le « sens du sacré » : plusieurs membres du synode ont évoqué ces aspects de la liturgie eucharistique.



La septième congrégation générale de la XIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques s'est ouverte à 16 h 30 jeudi après midi, sous la présidence du Cardinal Francis Arinze, en présence du pape Benoît XVI et de 243 membres du synode. Benoît XVI était également présent à 18 h pour suivre les interventions libres. La grande nouveauté de ce synode est cette heure de débats libres qui conclut chaque journée.

Une véritable soif de silence
Le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles a pour sa part plaidé pour le silence d’adoration.
Il faisait observer que « l'homme contemporain veut faire bouger et nos liturgies sont souvent devenues très actives, activistes même ». « Mais, ajoutait-il, nous oublions qu'il y a chez beaucoup de nos contemporains une véritable soif de silence. Nous avons peut-être mal compris le sens de la « actuosa participatio » (« participation active ») qui implique aussi le silence devant le mystère. Tous ces éléments de notre culture portent en eux des semences pour une évangélisation de notre culture ».

Le sens du sacré du Sacrifice eucharistique
De son côté, Mgr Javier Echevarria Rodriguez, évêque titulaire de Cilibia, prélat de la Prélature personnelle de la Sainte Croix et de l'Opus Dei a rappelé que l’Instrumentum Laboris, au n˚ 34, « souligne l’importance du sens du sacré dans la célébration de l’Eucharistie ».

« Il est utile d’étudier les modalités concrètes qui aident les fidèles à percevoir, de manière plus nette, le sens du sacré du Sacrifice eucharistique, afin que le Peuple de Dieu soit renforcé dans sa foi et aidé à vivre saintement. Il serait donc utile, sur la base de l’Instruction Redemptionis sacramentum, de s’employer à faire cesser les abus qui causent des dommages au caractère sacré des célébrations eucharistiques, mais également de repenser certaines normes, dont l’application se prête à une interprétation abusive », expliquait Mgr Etchevarria.

Pour la redécouverte du dimanche, une commission
Pour l’archevêque de Thare et Nonseng, en Thaïlande, Mgr Louis Chamniern Santisukniram, « il va sans dire que la sécularisation détruit la foi des catholiques comme celle des autres populations en Thaïlande ». « Les personnes sont moins religieuses, constatait-il. Elles recherchent désespérément de nouveaux dieux qui, pensent-elles, pourraient les aider à être heureuses dans la vie. L’Église qui est en Thaïlande se doit d’aider les fidèles à examiner leur foi en Dieu et spécialement dans le Christ présent dans l’Eucharistie ».

Il concluait : « La formation de la foi en l’Eucharistie doit être accélérée d’urgence ».

En vue de la promotion d’une « formulation de la foi dans l’Eucharistie », « d’une participation vivante à la Sainte Messe » et du dimanche comme « le jour de la célébration eucharistique dans la culture et la vie des fidèles », il annonçait une initiative de la conférence des évêques de Thaïlande : la mise en place d’une commission ad hoc formée par la commission pour la liturgie et la commission théologique consultative, « de manière à ce que l’objectif soit atteint d’ici cinq ans, grâce à l’utilisation de tous types de media ».

Pour une véritable spiritualité eucharistique
Pour Mgr Lucio Andrice Muandula, évêque de Xai-Xai, au Mozambique, il faut « insister sur une juste redistribution des prêtres dans le monde, comme cela a déjà été plusieurs fois demandé par les Pères synodaux ».

D’autre part, l’évêque africain soulignait l’urgence de « proposer de nouveau à toute l'Eglise, et en particulier aux prêtres, une véritable spiritualité eucharistique, toute empreinte de la gratuité du sacrifice du Christ, qui se donne comme pain eucharistique afin que nous puissions tous accéder à la vie nouvelle de la grâce ».