La solitude est le grand paradoxe de la mondialisation, selon Benoît XVI

Les dangers ? La fragmentation et la confusion morale

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ROME, Lundi 10 novembre 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI a souligné vendredi le grand paradoxe et le drame de la mondialisation actuelle qui, malgré tout ce qu'elle peut apporter de nouveau en termes de possibilités, enferme de plus en plus de personnes dans la solitude.

Dans ce nouveau contexte social, en recevant les lettres de créances du nouvel ambassadeur de Lituanie près le Saint-Siège, Vytautas Alisauskas, le pape a reconnu que les « dangers auxquels fait face la société moderne » sont la « fragmentation et la confusion morale ».

« Il est tragique et paradoxal, a-t-il relevé, qu'autant de personnes, à l'ère de la mondialisation, où les capacités de communication et d'interaction avec les autres ont atteint un niveau que les générations précédentes n'auraient pu imaginer, se sentent isolées et coupées du reste du monde ».

« Ceci entraîne beaucoup de problèmes sociaux qui ne peuvent être résolus uniquement sur le plan politique, car toutes les structures, les meilleures fussent-elle, ne ‘fonctionnent que si chaque communauté porte en elle les convictions capables de motiver les hommes à adhérer librement à son organisation' », a-t-il ajouté en citant son encyclique Spe salvi (n. 24).

Dans cette optique, a expliqué l'évêque de Rome, « l'Eglise doit exercer un rôle important qui passe par le message d'espérance qu'elle proclame ».

« L'Eglise tente d'édifier une civilisation de l'amour, en enseignant que ‘Dieu est amour' et en exhortant les personnes de bonne volonté à instaurer une relation d'amour avec Lui », a-t-il ensuite souligné.

Et puisque « l'amour de Dieu suppose une participation à la justice et à la bonté de Dieu envers les autres », a-t-il ajouté, « la pratique du christianisme conduit naturellement à être solidaire envers ses propres concitoyens et, de fait, avec toute la famille humaine ».

« Celle-ci porte à la détermination de servir le bien commun et de s'assumer la responsabilité des membres les plus faibles de la société », tout en freinant « son désir d'accumuler les richesses seulement pour soi ».

« Notre société, a conclu le pape, doit aller au-delà de son attraction pour les biens matériels et se concentrer plutôt sur les valeurs qui servent vraiment le bien de la personne humaine ».