La souffrance engendrée par la liberté sans vérité, selon Benoît XVI

Catéchèse du mercredi

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ROME, Mercredi 7 juillet 2010 (ZENIT.org) - « Détachée de la vérité, la liberté détruit l'harmonie intérieure de la personne humaine et engendre la souffrance », déclare Benoît XVI.

C'est ce que le pape a expliqué lors de cette dernière audience générale de l'année académique, dans la Salle Paul VI du Vatican. Il a présenté la figure du grand théologien franciscain, le bienheureux Jean Duns Scot (v. 1265-1308), dont le culte qui lui était rendu depuis des siècles a été confirmé par Jean-Paul II le 20 mars 1993.

Benoît XVI quittera ce soir le Vatican pour le palais pontifical de Castel Gandolfo où il passera tout l'été, à une trentaine de kilomètres au sud de Rome. Les audiences générales sont suspendues jusqu'à la fin du mois et elles reprendront le mercredi 4 août.

En présentant le bienheureux Jean Duns Scot ou Jean « de Duns », « l'Ecossais », Benoît XVI a souligné l'importance pour les théologiens de « garder l'humilité et la simplicité des petits ».

En français, le pape a rappelé que Duns Scot est né vers 1266 en Écosse - comme son nom l'indique. Puis il « embrassa le charisme franciscain ».

Le pape a rappelé qu'il a reçu le titre de « Chantre du Verbe incarné » et celui de « Docteur subtil ». Pour ce théologien en effet, a précisé le pape, « l'Incarnation du Logos est l'œuvre la plus grande et la plus belle de toute l'histoire du salut », elle est « la révélation de l'éternel amour divin qui se manifeste aussi dans le Mystère de la Passion salvifique et dans le Saint Sacrement ».

Duns Scot montre combien le Christ est « centre de l'histoire et du cosmos » et qu'il donne ainsi un « sens » mais aussi « dignité et valeur » à la vie des hommes.

Considéré comme le « ménestrel du Verbe Incarné », Duns Scot est aussi connu comme le « héraut » de la bienheureuse Vierge Marie. En effet, a souligné le pape, « par sa doctrine de la ‘Rédemption préventive', Duns Scot affirme que l'Immaculée Conception, dont il est le ‘défenseur', est le chef-d'œuvre de la Rédemption opérée par le Christ ».

Il a en effet été le premier théologien de premier plan à défendre l'Immaculée Conception de Marie.

Le pape souligne son actualité quant à sa conception de la liberté humaine : « Il nous interpelle aussi, aujourd'hui, sur le sens de la liberté. Détachée de la vérité, la liberté détruit l'harmonie intérieure de la personne humaine et engendre la souffrance. Elle se perfectionne quand l'homme s'ouvre à Dieu, accueille sa Parole et se met à l'écoute de la Révélation ».

« Chers frères et sœurs, a conclu le pape, la profondeur de la pensée de Duns Scot provient de son humilité et de la contemplation des saints mystères. Puissions-nous considérer la communion avec Dieu, avec le Successeur de Pierre et avec l'Église universelle comme un bien précieux. Que la Vierge Immaculée nous y aide ! »

Né à Duns, près de Roxburgh, en Ecosse, Jean était entré chez les Franciscains vers 1280 et il était parti étudier à Oxford, puis à Paris. Ordonné prêtre, il enseigna, à Oxford, Paris, Cologne. Mais le roi de France Philippe IV, en litige avec le pape Boniface VIII (le pape du premier grand jubilé, + 1303), l'exila. Jean Duns Scot se fixa alors à Cologne où il s'éteignit, le 8 novembre 1308.

L'œuvre philosophique et théologique du « docteur subtil » eut une influence considérable : elle donna naissance au « scotisme ». En confirmant son culte Jean-Paul II a salué son « génie philosophique » et sa « profonde spiritualité franciscaine ».