La taxe sur les transactions a le soutien d'un représentant du Vatican

Un moyen de rendre à la finance sa vocation réelle

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ROME, mardi 31 janvier 2012 (ZENIT.org) – Le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical justice et paix, a apporté son soutien à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières. Sa déclaration est arrivée juste avant un sommet spécial de l’Union européenne, qui s’est tenu hier, lundi 30 janvier, sur la crise dans la zone Euro.

Le cardinal a exprimé son soutien au cours du discours qu’il a prononcé à la réunion annuelle du conseil d’administration de la Coopération internationale pour le Développement et la Solidarité (CIDSE). Cette organisation, basée à Bruxelles, est une alliance internationale d’organismes catholiques de développement.

La CIDSE plaide depuis longtemps pour cette taxe, indiquait, le 26 janvier, un communiqué de presse contenant le texte de la déclaration du cardinal Turkson.

« Une manière de ramener l’économie et les finances à l’intérieur des limites de leur réelle vocation, y compris dans leur fonction sociale, serait d’adopter des mesures fiscales relatives aux transactions financières », a-t-il dit aux administrateurs.

Cette taxe « pourrait être appliquée à des taux justes, modulés en proportion de la complexité des opérations, en particulier pour les transactions faites sur le marché secondaire », a ajouté le cardinal.

« Elle serait, a-t-il précisé, d’une grande utilité pour promouvoir le développement durable à l’échelle planétaire, en accord avec les principes de justice sociale et de solidarité » et « cela pourrait aussi contribuer à la création d’un fonds de réserve mondial pour soutenir l’économie des pays touchés par les crises, ainsi que pour le redressement monétaire et financier de ces pays ».

John Arnold, évêque auxiliaire de Westminster, qui était présent à la réunion de la CIDSE, a lui aussi apporté son soutien à la taxe.

« Les êtres humains sont à la fois la source et le but de toute activité économique ; il faut que nous réformions les marchés financiers pour qu’ils puissent servir le bien-être humain et la société », a-t-il déclaré.

« Il a été prouvé que les activités spéculatives génèrent des fluctuations économiques qui ont un impact déstabilisant sur l’économie », a indiqué Mgr Arnold. « L’instabilité économique, à son tour, augmente les inégalités, comme cela a été amplement démontré par la situation actuelle dans de nombreuses sociétés en Europe ».

D’après le président de la CIDSE, Chris Bain, l’adoption d’une telle taxe permettrait de lever les fonds nécessaires pour financer le développement et de promouvoir la justice et l’équité.

« Ceux qui sont sceptiques doivent réaliser qu’une taxe sur les transactions financières pourrait grandement contribuer à stabiliser les systèmes financiers », a-t-il précisé, « tout en combattant la pauvreté dans certains des pays du monde les plus vulnérables ».

Traduction d’Hélène Ginabat