La théologie aujourdhui, rencontre au Latran

Forum international sur la centralité du Christ

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ROME, lundi 30 janvier 2012 (ZENIT.org) – « La réflexion en christologie depuis Optatam Totius à la dialectique pérenne entre fides et ratio » était le thème du VIème Forum international organisé à Rome, du 26 au 28 janvier, à l’université pontificale du Latran (PUL), par l’Académie pontificale de Théologie.

Les travaux du forum étaient structurés en quatre séances, présidées respectivement par les cardinaux Zenon Grocholewski, Gianfranco Ravasi, Angelo Amato et Marc Ouellet.

L’objectif était d’approfondir la recherche et l’enseignement de la théologie dans le domaine christologique, en mettant l’accent « sur la mission des cooperatores veritatis », comme les théologiens, appelés à participer à la lumière de l’esprit de Dieu en étant « réellement en contact avec le mystère du Christ ».

Dans ses salutations, le recteur de la PUL don Enrico Dal Covolo, a précisé que la question centrale consiste à « faire de la théologie aujourd’hui » : dans le contexte d’une nouvelle dialectique entre fides et ratio.

« En particulier, a souligné le recteur, il est question du « renouvellement », non seulement de la christologie, mais de la théologie ».

J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion d’illustrer certains chapitres de ce « renouvellement » urgent de la théologie proposé par le pape, a-t-il dit : par exemple, l’élargissement de la raison aux dimensions de la foi et de l’amour ; le réalisme de la foi, l’urgence d’une nouvelle synthèse de pensée, face aux écarts dévastateurs entre la religion et la raison ; entre la théologie et d’autres savoirs ; entre la théologie rationnelle et la dimension contemplative ; entre l’exégèse dite académique et la lectio divina ».

« Seul un renouvellement du genre, a conclu le recteur, permettrait à la théologie de s’ouvrir plus, d’être plus féconde, vis-à-vis des autres sciences.

Nombreuses et complexes étaient les interventions aux divers débats, durant le forum.

Parmi celles-ci, celle de Don Roberto Spataro, sdb, de l’université pontificale salésienne qui a souligné le rôle des sciences patristiques et de l’Historia ecclesiastica, expliquant que la théologie de l’histoire devait donner une place centrale à la vie du Christ.

Il a proposé à ce propos une alliance entre l’exégèse biblique et la théologie patristique, rappelant le christocentrisme des pères de l’Eglise.

Selon lui, il faut rétablir l’alliance entre la littérature chrétienne antique et la théologie patristique et entre les méthodes historique et théologique pour analyser une seule réalité complexe , résultat d’un élément humain et d’un élément divin.

Pour sa part, le professeur Paul O'Callaghan, titulaire d’une chaire en anthropologie théologique à l’université pontificale de la Sainte-Croix, a commenté que du vieux continent, d’où est partie une part importante des efforts évangélisateurs de l’Eglise au dernier millénaire, on sent avec insistance aujourd’hui « un rappel à l’espérance, ou mieux un rappel au manque d’espérance ».

Et il a ajouté « la base de l’espérance chrétienne est la révélation salvifique de l’incarnation du Verbe-Fils, c’est à dire la christologie ».

Félix María Arocena de la Faculté de Théologie à l’université de Navarre, a réaffirmé que le mystère chrétien ne se base pas seulement sur une doctrine, mais plutôt et principalement sur une Personne, le Christ glorieux sur la croix.

« Il est la raison inconditionnée de tout ce que Dieu a appelé, appelle et appellera à exister, le fondement de l’être, et le moteur historique de tout chose, que tout précède et duquel tout part ».

Dans ce contexte, a-t-il expliqué, « le christianisme est la vie qui naît de la profonde communion entre le crucifié -   Ressuscité et l’Eglise. Dans le régime actuel de l’économie salvifique, la liturgie fait de cette communion, une communion vivante et actuelle ».

Un point de vue partagé par Mgr Nicola Ciola, professeur d’Ecclésiologie à l’université pontificale du Latran qui a souligné la nécessité « d’élaborer une interprétation théologique de l’expérience chrétienne et pas seulement une étude pour décrire la vie spirituelle ».

Les recherches christologiques postconciliaires qui étudient le rapport entre l’expérience chrétienne et sa référence dans « l’objectif chrétien », donc le mystère du Christ, depuis l’incarnation jusqu’à l’évènement pascal.

« En ce sens, a conclu Mgr Ciola, on ne saurait négliger la grande littérature qui entoure le thème de la ‘théologie des saints’ comme science divine ».

Antonio Gaspari
Traduction d’Isabelle Cousturié