"La tradition juive au fil des Évangiles"

Avant-propos du livre « Paroles d'Evangile, paroles d'Israël »

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Michel Remaud

ROME, mardi 4 décembre 2012 (Zenit.org) – « Paroles d'Evangile, paroles d'Israël » : voilà un livre qui tombe à point pour l’Année de la foi. L’auteur, le P. Michel Remaud, connu des lecteurs de Zenit, a bien voulu leur en dire davantage dans l’entretien ci-dessus avec lui et en nous autorisant à publier cet « avant-propos ».

Le P. Michel Remaud, directeur de l'Institut Chrétien d'Études Juives et de Littérature Hébraïque (Institut Albert Decourtray, Jérusalem), a été le lauréat 2010 du Prix de l'Amitié Judéo-Chrétienne de France en 2010.

La tradition juive au fil des Évangiles

Pour la plupart des chrétiens, la tradition juive a longtemps été un continent inconnu ou, pire encore, un monde dont il convenait de se tenir éloigné. La prédication courante ne pouvait guère susciter le désir de s’informer sur un judaïsme souvent présenté comme un légalisme sans âme, et qui n’était évoqué généralement que pour faire ressortir par contraste la supériorité du christianisme. On n’oserait affirmer que cet enseignement appartiendrait désormais au passé.

Le lecteur qui pénètre pour la première fois dans la littérature rabbinique éprouve une double surprise, en découvrant à la fois la richesse de cette tradition et sa parenté avec le Nouveau Testament. L’Évangile n’a pas poussé sur un sol vierge. Ses auteurs étaient imprégnés d’une culture qui s’est développée en Israël depuis l’antiquité et dont le peuple juif d’aujourd’hui reste le gardien. La fréquentation de ces commentaires bibliques fait découvrir combien les écrits apostoliques appartiennent au même monde et restent souvent mal compris, voire hermétiques, s’ils ne sont replongés dans leur milieu d’origine. 

Sans vouloir nier l’irréductible dualité, et même les oppositions, qui distinguent le christianisme du judaïsme, les chrétiens doivent aujourd’hui découvrir les multiples aspects de la relation qui ne cesse d’unir l’Église au peuple dont elle est née. La nécessité de cette découverte ne relève pas seulement d’un devoir de justice envers un peuple juif diffamé pendant deux millénaires. Elle se manifeste aussi, à l’expérience, par sa fécondité : l’Évangile ne peut révéler son contenu et toute sa portée sans être remis en relation avec l’univers où il est né.

Les brefs articles qui composent ce livre ont été publiés pour la plupart dans la revue Feu et Lumière. Les cinquante-quatre premiers y sont parus sous la rubrique mensuelle « Judaïsme ». L’article sur l’archange Michel, quoique d’un style différent, a été publié dans la même revue. J’ai cru devoir y ajouter quelques textes (numéros 56-60) parus sur le site, aujourd’hui disparu, d’Un écho d’Israël. Puisse leur lecture ouvrir les chrétiens à la découverte de leurs propres origines et leur donner le désir de mieux connaître le peuple au sein duquel, d’abord, a été prêché l’Évangile.