La transmission de la foi commence en famille

Entretien avec Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst

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Jan Bentz

Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mardi 23 octobre 2012 (ZENIT.org) – Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst confie son espoir que la famille soit « ramenée à nouveau au centre de l’attention comme lieu d’évangélisation », comme fruit du synode en cours au Vatican.

Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst, évêque de Limburg an der Lahn (Hesse), participe en effet au synode des évêques sur la nouvelle évangélisation, en qualité de président de la Commission Mariage et Famille au sein de la conférence épiscopale allemande

Zenit a rencontré l’évêque après la messe d’ouverture du Synode célébrée le dimanche 7 octobre dernier sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, au cours de laquelle Benoît XVI a proclamé Hildegarde de Bingen « docteur de l’Eglise ».

Zenit - Que signifie pour vous, personnellement, et pour l’Eglise en Allemagne, la proclamation de sainte Hildegarde comme docteur de l’Eglise?

Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst - C’était une journée très émouvante. Les paroles du Saint-Père ont  transmis encore une fois, de manière splendide, ce que représente Sainte Hildegarde. Un jour j’ai lu cette phrase qu’il a dite : « Dieu s’est fait homme, afin que l’homme puisse trouver demeure en Dieu ». Cette phrase exprime vraiment bien ce que le pape a développé dans son discours, c’est-à-dire que l’homme, qui vit en profonde union avec Dieu, a aussi un regard pour son prochain, pour les besoins d’autrui,  et un regard qui comprend l’autre. C’est à ce niveau qu’il faut concevoir le caractère sacramentel de l’Eglise et celui du mariage, et il devient clair, ici, sur quoi se base la sensibilité envers les besoins d’autrui. Hildegarde, une personne qui a pris soin d’autres âmes, ne pouvait le faire que parce qu’elle a regardé Dieu. Par là, le regard sur les autres lui a été donné. La messe célébrée en son honneur est une nouvelle preuve que là où nous célébrons l’Eucharistie, nous voyons Dieu et Il nous ouvre les yeux sur notre prochain.

Vous participez au synode sur la nouvelle évangélisation. Quel rôle la famille a-t-elle dans la transmission de la foi de génération en génération?

Comme il est expliqué dans les saintes Ecritures, le mariage et la famille constituent le projet de vie qui symbolise l’alliance entre l’homme et Dieu. Le pape l’a encore une fois souligné explicitement dans son homélie. L’homme et la femme, unis par les liens du mariage, incarnent cette alliance entre Dieu et l’homme. La fidélité inconditionnelle des époux jaillit elle aussi de ce projet de vie. Nous, les chrétiens, nous devons porter ce message dans une société qui est, certes, déjà tellement multiforme, que ce projet constitue un contraste. Mais quand je regarde les débuts de l’Eglise, déjà à cette époque le mariage était vécu chrétiennement : la fidélité de l’époux et de l’épouse, qui donnent la vie aux enfants, était un grand signal pour la société. Et j’entends par là que c’était aussi un projet de vie contrastant, où les époux se conçoivent comme image de l’alliance entre Dieu et l’homme.

Qu’attendez-vous du synode?

Je suis très content parce qu’il y aura des échanges d’idées. Voir qu’il y a des élans missionnaires est très beau. Je crois par ailleurs que de ce point de départ – cinquante ans après les débuts du Concile Vatican II – l’Esprit Saint agira sur son Eglise. Espérons que nous soit donnée la sensibilité de comprendre où l’Esprit de Dieu est vraiment à l’œuvre. Il nous faut promouvoir la croissance de manière plus durable et efficace. J’ai l’espoir très concret que la famille sera ramenée à nouveau au centre de l’attention comme lieu d’évangélisation. En Allemagne nous avons lancé de nouvelles initiatives dans le domaine catéchétique et missionnaire, par exemple dans l’accompagnement des adultes au baptême ; j’y ai collaboré personnellement pendant des années, quand je m’occupais encore de théologie pastorale. Dans ce domaine aussi de nouveaux élans devraient partir du synode.