La vie est toujours « digne »

La « vie fragile » à l'Université catholique de Rome

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Angela Maria Cosentino, experte en bioéthique

Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mardi 13 novembre 2012 (ZENIT.org) –  Il semblerait que conjuguer fragilité et dignité (un binôme pourtant évident en apparence) soit aujourd’hui plus difficile pour une sensibilité culturelle, politique, législative, en mutation, fait observer une spécialiste italienne en bioéthique, Angela Maria Cosentino.

Engagée dans la défense de la vie et la promotion de la famille, elle illustre ce binôme dans le contexte du droit à la vie, fondement de tous les droits humains, dont « la fragilité » fait l’objet d’un cycle de rencontres  organisées par le Centre de l’Athénée pour la Vie (Centro di Ateneo per la Vita) de l’université catholique  du Sacré-Cœur à Rome.

Ce cycle a été présenté le 9 novembre dernier, au premier des séminaires-rencontres organisés en collaboration avec le Centre culturel de Rome et la polyclinique A. Gemelli.

Angela Maria Cosentino présente aux lecteurs de ZENIT cet « ambitieux projet » visant à véhiculer l’idée importante que la vie est « un bien inaliénable dont on ne saurait disposer ».

Le Centro di Ateneo per la Vita de l’Université catholique du Sacré-cœur de Rome, né en novembre 2011, a  pour objectif de développer  et argumenter cette annonce par des discussions culturelles et scientifiques sur les situations de vie dites « fragiles » : le handicap, la vieillesse avancée, la vie prénatale, la fin de vie.

Ces différentes situations seront soutenues par des recherches avancées et des projets d’assistance mis en œuvre par « un réseau » d’interventions  « respectueuses de la dignité humaine… toujours »,  comme le précise le directeur du centre  Massimo Antonelli.

Les initiatives, ouvertes à tous, affrontent des questions délicates pour les malades et leurs proches (le handicap dans le sport – la vie prénatale – l’état végétatif – la vieillesse et la fin de vie) avec la participation de professionnels de la médecine, de la palliation non-oncologique et des témoignages de « spécialistes en humanité » pour aider à réaliser, précise Rodolfo Proietti, le président du Centre « la mission pour laquelle l’université catholique est née ».

A cela contribue aussi la mise en réseau de toutes les synergies possibles, à divers niveaux : une aide pour les malades et les familles, et une proposition incisive de formation intégrée et globale pour les étudiants dans les disciplines sanitaires.

La première rencontre du cycle «  La vie est digne… toujours » intitulée « Schlérose latérale amyotrophique: de curable seulement à l’envie de vivre », a été marquée par des interventions de : Rocco Bellantone, directeur de la faculté de Médecine et Chirurgie de l’université,  Maurizio Guizzardi, directeur de la Polyclinique A. Gemelli, Mario Melazzini, nouvel assesseur régional à la santé de Lombardie, président de l’Association italienne sclérose latérale amyotrophique (Aisla), directeur scientifique du Centre Nemo, médecin et malade.

Sont également intervenus : Rodolfo Proietti, président du Centro di Ateneo per la vita, Paolo Maria Rossini, directeur de l’Institut de Neurologie  à la polyclinique A. Gemelli, Massimo Antonelli, directeur de l’Institut  Anesthésie et Réanimation  à l’université catholique, Mario Sabatelli, Chercheur à l’Institut de Neurologie et Dario Sacchini, professeur agrégé à l’Institut de bioéthique, Université catholique – Polyclinique Gemelli.

Au cours du séminaire, qui a été aussi l’occasion d’annoncer l’ouverture prochaine d’un centre de soins et d’assistance pour les personnes souffrant de pathologies neuromusculaires, les participants ont rappelé que « la fragilité est présente en chacun de nous sous des formes différentes » :

« Certains en restent marqués d’autres pliés », a souligné, entres autres, Dario Sacchini, de la faculté du Sacré-Cœur.

Mais, comme a dit Mario Mellazzini,  la présence d’une relation empathique (à laquelle renvoie l’éthique des soins) entre  le corps médical, les bénévoles, la famille et le patient, a « une valeur thérapeutique qui est souvent meilleure que les médicaments ».

Ainsi, la souffrance, tout en restant un des grands mystères pour l’homme, si elle est soutenue, «  peut représenter une opportunité de changement ».