La vocation du baptisé à devenir une « demeure de Dieu »

La Vierge Marie, modèle pour les chrétiens

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Anne Kurian

ROME, jeudi 4 octobre 2012 (ZENIT.org) – Benoît XVI invite le chrétien à se demander s’il veut « être ouvert au Seigneur », s’il veut « offrir sa vie pour qu’elle soit une demeure pour Lui ».

Le pape a adressé cette invitation ce matin, 4 octobre 2012, lors de la messe qu’il a présidée à Lorette, haut lieu de pèlerinage marial situé dans la région italienne des Marches. Le sanctuaire abrite les pierres de la maison de Marie, rapportées de Nazareth au Moyen-Age (cf. Zenit du 2 juillet 2012).

Être la demeure de Dieu

Le pape médite notamment sur le mystère de l’Incarnation : pour lui, « le ciel et la terre, Dieu créateur et sa créature » s’unissent en Marie dans ce mystère. « Dieu devient homme, et Marie se fait « maison vivante » du Seigneur ».

En contemplant Marie, estime-t-il, « nous devons nous demander si nous aussi nous voulons être ouverts au Seigneur, si nous voulons offrir notre vie pour qu’elle soit une demeure pour Lui ».

Et il faut se demander également si au contraire « nous avons peur que la présence du Seigneur puisse être une limite à notre liberté, et si nous voulons nous réserver une part de notre vie qui n’appartienne qu’à nous-mêmes », poursuit-il.

Dieu libère la liberté

Pourtant, fait-il observer, cette réticence serait sans fondement : « c’est précisément Dieu qui libère la liberté, la libère du repli sur elle-même, de la soif du pouvoir, de la possession, de la domination, et la rend capable de s’ouvrir à la dimension qui lui donne tout son sens : celle du don de soi, de l’amour, qui se fait service et partage », explique le pape.

D’ailleurs, dans le récit évangélique de l’Annonciation, Benoît XVI souligne un aspect « étonnant » : « Dieu demande le « oui » de l’homme, il a créé un interlocuteur libre, il demande que sa créature Lui réponde en toute liberté », constate-t-il.

Et même si « le « oui » de Marie est le fruit de la grâce divine », cependant « la grâce n’élimine pas la liberté, au contraire elle la crée et la soutient », ajoute le pape, affirmant que « la foi n’enlève rien à la créature humaine, mais lui permet sa pleine et définitive réalisation ».

Une maison ouverte à tous

Benoît XVI rappelle par ailleurs que la « Sainte Maison de Lorette » était « située sur une route », ce qui pourrait apparaître « plutôt étrange » : en effet, « la maison et la route semblent s’exclure », fait-il observer.

Il y voit un « message singulier » : cette maison « n’est pas une maison privée, elle n’appartient pas à une personne ou à une famille », mais elle est au contraire « une habitation ouverte à tous, qui est, pourrait-on dire, sur le chemin de tous », explique le pape.

En ce sens, la maison de Lorette, fait « demeurer, habiter et en même temps fait cheminer ». Elle rappelle aux hommes qu’ils sont « tous pèlerins », c’est-à-dire « toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle », estime Benoît XVI.

De même, « la foi fait habiter, demeurer, mais fait aussi marcher sur le chemin de la vie », ajoute-t-il.

La famille humaine

En outre, poursuit-il, « là où habite Dieu », l’homme est « à la maison » : « là où habite le Christ, ses frères et sœurs ne sont plus des étrangers », souligne-t-il : la foi donne donc à l’homme « une maison en ce monde », et unit tous les hommes « en une seule famille ».

En ce sens, Marie, « Mère du Christ et Mère » des hommes, leur « ouvre la porte de sa maison », et les « aide à entrer dans la volonté de son Fils ».