Lampedusa: ce n'est pas de cette Europe-là  que nous voulons

Déclarations du cardinal Marx

Rome, (Zenit.org) | 611 clics

"La réponse ultime au défi posé actuellement à l’Europe par les réfugiés et demandeurs d’asile est avant tout un monde plus juste", déclare le cardinal Marx.

Dans un entretien avec le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le Cardinal Reinhard Marx, Président de la COMECE, a fait part, jeudi 10 octobre, de sa profonde préoccupation concernant la situation des réfugiés et demandeurs d’asile, en particulier après la tragédie au large de Lampedusa, dans laquelle environ 280 personnes ont perdu la vie en tentant d’atteindre les côtes européennes. Dans ce contexte, le Cardinal Marx a enjoint les européens à agir:

« L’Union européenne n’est pas un organisme international abstrait. Elle est une Union de peuples, de femmes et d’hommes qui croient en un ensemble de principes, parmi lesquels le plus vital est : la dignité humaine. L’UE est aussi une Union de 28 Etats membres qui se sont engagés à être solidaires entre eux et à l’égard du reste du monde.

La tragédie du naufrage au large de Lampedusa a, sans aucun doute, touché le cœur des européens. Il est de la responsabilité de tous les citoyens européens d’appeler à une action politique forte et coordonnée afin qu’une telle tragédie ne se reproduise plus jamais. Depuis des années, nous avons suivi une politique qui visait à empêcher les personnes en détresse d’atteindre les côtes de l’Europe. Ce n’est pas de cette Europe-là que nous voulons. Le droit d’asile est un droit fondamental que nous devons respecter. Les réfugiés et demandeurs d’asile ont droit à être traités avec humanité.

Cette situation de crise a été aggravée par un manque évident de solidarité. Il devient maintenant urgent que le Conseil des Ministres «  Justice & affaires intérieures » de l’UE trouve un accord sur un quota de réinstallation significatif  pour chaque Etat membre. Par ailleurs, l’UE et la communauté internationale doivent lancer un appel au respect de la dignité humaine en direction des pays d’origine et de transit des migrants et demandeurs d’asile.

A l’avenir, nous ne parviendrons à éviter de telles tragédies qu’en traitant plus efficacement les crises en dehors de l’Europe, qui sont à l’origine de ces migrations. Nous devons venir en aide aux pays en voie de développement. Après cette tragédie, les européens devraient plaider en faveur d’objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) plus ambitieux pour combattre la pauvreté. La réponse ultime au défi posé actuellement à l’Europe par les réfugiés et demandeurs d’asile est avant tout un monde plus juste. »