Le Bangladesh victime du réchauffement mondial

Un évêque dénonce les changements climatiques qui accroissent la pauvreté

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ROME, Lundi 31 août 2009 (ZENIT.org). - Selon Mgr Bejoy D'Cruze de Khulna, le réchauffement mondial ruine les efforts pour faire face à l'extrême pauvreté au Bangladesh. 

Parlant à l'association caritative catholique Aide à l'Eglise en détresse (AED), le prélat a affirmé que les désastres naturels ont précipité encore plus la population dans la pauvreté. 

Soulignant un accroissement de ces catastrophes, l'évêque a déclaré : « Nous devenons des victimes du réchauffement mondial. J'ai toujours peur des cyclones, des ouragans et des inondations ». 

« Le diocèse de Khulna, dans le sud du pays, a subi les conséquences de plusieurs cyclones et des inondations, se trouvant proche du Delta du Gange et du Golfe de Bengale ». 

« Les maisons ne sont pas en bon état et peuvent être détruites à l'improviste », a-t-il commenté. 

Selon le prélat, « la situation empire à cause des inondations prématurées et de la destruction de l'environnement ». 

Au mois de mai, le cyclone Alia a provoqué 150 morts. Cette année, on s'attend à un nombre de victimes beaucoup plus important. En 2007, le cyclone Sidr a causé 3.243 morts et 34.500 blessés. 

Mgr D'Cruze a affirmé  que l'Eglise faisait beaucoup pour les victimes des catastrophes naturelles, indépendamment des castes et des croyances, et s'est félicité du soutien apporté par les agences caritatives dans le pays. 

Le Bangladesh est aux premières places dans l'Indice 2009 des Risques de changements climatiques, la liste des 170 pays les plus vulnérables aux changements de climat, établie par Germanwatch, une ONG internationale qui s'occupe d'environnement et de développement. 

Selon certains experts des changements climatiques, jusqu'à 15 % du pays pourrait disparaître si le niveau de la mer montait d'un mètre. Les groupes environnementaux expliquent que cela pourrait provoquer l'évacuation de près de 13 millions de personnes et endommager gravement les récoltes de riz. 

Dans cette situation difficile, a rappelé l'évêque, les catholiques du Bangladesh sont attachés à leur foi. « La foi des personnes est forte, a-t-il déclaré. 60 à 80% des personnes assistent à la messe dominicale », même si le dimanche est un jour travaillé dans le pays. 

« Dans mon diocèse, dans la communauté Riche [un groupe ethnique] nous comptons 3.400 baptêmes d'adultes chaque année », a-t-il observé. Il s'agit surtout de personnes appartenants aux classes hindoues les plus basses, qui admirent la défense de l'égalité de la part de l'Eglise et respectent aussi son œuvre dans les secteurs de la santé et de l'éducation, pour aider les familles les plus pauvres. « Nous pouvons donner un témoignage à travers ce service », a-t-il ajouté. 

Les catholiques représentent moins de 1% sur une population de 156 millions d'habitants. Dans le diocèse de Khulna, ils sont 31.500 sur 18 millions. 

« Nous voulons former des éducateurs et leur enseigner à avoir des valeurs, rappelle-t-il. Nous avons lancé un collège catholique pour former des enseignants à Dacca [la capitale du Bangladesh], en délivrant à ceux qui terminent leurs études un certificat pour l'enseignement ». 

Sur 50 écoles catholiques dans le diocèse de Khulna, seules cinq reçoivent un soutien du gouvernement. Les habitants sont si pauvres qu'ils ne peuvent pas affronter plus de 20 % des parts nécessaires pour soutenir les frais scolaires.