"Le bien ne se replie pas sur lui-même"

Homélie du samedi 27 avril

Rome, (Zenit.org) | 856 clics

« Le bien ne se replie pas sur lui-même », a déclaré le pape François samedi dernier, 27 avril, invitant l’Eglise à être « ouverte à l'Esprit-Saint ».

Le pape a en effet célébré la messe, comme chaque matin à 7h, en la chapelle de la Maison Sainte Marthe, en présence du personnel du service des Postes vaticanes ainsi que d’un groupe de bénévoles du dispensaire pédiatrique « Santa Marta » du Vatican.

Selon L’Osservatore Romano, le pape s’est notamment arrêté sur l’extrait des Actes des apôtres (13, 44-52) évoquant la confrontation entre deux communautés religieuses : celle des disciples et celle que le pape a définie comme « les juifs fermés, parce que tous les juifs n’étaient pas comme cela ».

Voyant « la joie » qui s’était diffusée parmi la population par l’annonce de la Bonne nouvelle, des juifs « remplis de jalousie », commencèrent à persécuter Paul et Barnabé. De cet extrait, le pape a souligné deux attitudes opposées : celle de « groupes fermés » et celle de « la communauté libre ».

Un critère d’Eglise

« La communauté libre, a-t-il fait remarquer, avançait avec la liberté de Dieu et de l’Esprit-Saint. Même au milieu des persécutions... la parole du Seigneur se diffusait dans toute la région. C’est le propre de la communauté du Seigneur d’avancer, de se diffuser, parce que le bien est comme cela : il se diffuse toujours ! Le bien ne se replie pas sur lui-même ».

Pour le pape, « c’est un critère, un critère d’Église ». C’est pourquoi il a invité à faire un « examen de conscience » : « comment sont nos communautés, nos communautés religieuses, nos communautés paroissiales ? Sont-elles ouvertes à l’Esprit-Saint, qui nous fait sans cesse aller de l’avant pour diffuser la parole de Dieu ou est-ce que ce sont des communautés fermées ? »

« La communauté des croyants, celle de l’Esprit-Saint, celle qui est libre, s’exprime joyeusement. Les disciples étaient remplis de la joie de l’Esprit-Saint. Ils disent des choses belles, ils ouvrent des voies : ils vont toujours de l’avant », a insisté le pape.

La liberté de s’ouvrir à Dieu

« En revanche, la communauté fermée, sûre d’elle-même, celle qui cherche sa sécurité en s’entendant avec le pouvoir, avec l’argent, s’exprime avec des mots injurieux : ils insultent, ils condamnent », a poursuivi le pape.

En effet, ces juifs sont devenus des persécuteurs « parce qu’ils avaient le cœur fermé, ils n’étaient pas ouverts à la nouveauté de l’Esprit-Saint. Ils croyaient que tout avait été dit, que tout était comme ils pensaient que cela devait être et... ils se prenaient pour des défenseurs de la foi ».

La « calomnie » est le propre des « groupes fermés », a fait observer le pape : « pactiser avec le pouvoir, résoudre les questions “entre nousˮ ». Comme ceux qui, au matin de la résurrection, ont couvert les révélations des soldats avec l’argent : « C’est justement le comportement de cette religiosité fermée, qui n’a pas la liberté de s’ouvrir au Seigneur », a-t-il estimé.

Les communautés fermées sont des communautés « de gens bavards, qui disent du mal, qui détruisent l’autre » mais aussi des communautés qui pensent d’abord « au devoir, à faire, à se replier dans une observance apparente ».

S’adresser à Jésus

A cette lumière, le pape a invité à penser à « tous nos frères qui souffrent pour cette liberté de l’Esprit, et qui subissent des persécutions, aujourd'hui, dans tant de parties du monde ». Dans leur souffrance, a-t-il souligné, « ces frères sont remplis de joie et d’Esprit-Saint ».

« Ces frères, ces communautés ouvertes, missionnaires, prient Jésus parce qu’ils savent que ce qu’il leur a dit est vrai : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai ». La prière c’est [s’adresser] à Jésus », a-t-il ajouté.

Au contraire, « les communautés fermées prient les puissants de la terre pour qu’ils les aident. Et ce n’est pas la bonne route », a dénoncé le pape.

« N’ayons pas peur de la joie de l’Esprit. Et ne nous mêlons jamais, jamais, de ces affaires qui, à la longue, finissent pas nous enfermer sur nous-mêmes. La fécondité et la liberté de l’Esprit ne sont pas dans cette fermeture », a-t-il conclu.

Hélène Ginabat, avec Anne Kurian