Le card. Bagnasco aux journalistes : « N’oubliez pas les valeurs de l’âme ! »

Recommandations du président de la CEI aux professionnels des médias italiens

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ROME, Lundi 25 janvier 2009 (ZENIT.org) - Les médias doivent se rappeler qu'ils ont un rôle édifiant et ne pas oublier « les valeurs de l'âme », a déclaré dimanche 24 janvier, le cardinal Angelo Bagnasco lors de la messe de saint François de sales, patron des journalistes et de la presse catholique, célébrée au Théâtre des Victoires à Rome, pour le personnel de la télévision publique italienne, la RAI.

L'archevêque métropolitain de Gênes et président de la conférence épiscopale italienne (CEI) s'est interrogée sur ce que doivent faire les médias pour rester fidèles à leur mission dans un monde comme celui d'aujourd'hui, où les choses évoluent rapidement et les possibilités sont si nombreuses. 

« Je crois que nous ne devons jamais perdre le goût et la passion de construire, a-t-il dit. Construire quoi ? la ‘maison'! Nous savons que l'homme ne peut pas vivre sans une maison, un lieu qui fasse du bien à notre âme et régénère nos énergies pour vivre ».

« Nous touchons ici un point essentiel : chaque homme vit inexorablement sa vie, la seule qu'il possède, comme une partie sans revanche. Et personne ne veut perdre, ni ne doit le vouloir! Mais pour aider cette vocation qui remonte aux origines, il faut une maison ».

« Et la vraie, la plus complète des maisons, a-t-il souligné, n'est pas celle faite de pierres mais celle que l'homme édifie lui-même avec sa façon de se regarder, de concevoir le monde, de penser la vie et la mort, la joie et la souffrance, le travail et la société ». 

« En un mot, ce ne sont pas les choses que nous avons et que l'on connaît qui construisent la maison, mais le sens, leur compréhension, le jugement de valeur », a-t-il expliqué.

Toutefois, en plus de la maison, « l'homme a besoin de cette 'route' qui lui permet de connaître ce qui arrive au-delà de lui et qui le concerne afin qu'il se reconnaisse à l'intérieur d'une histoire plus grande qui est celle du monde ».

« La route doit donc entrer dans sa maison, devenir pour ainsi dire son milieu, mais pas de manière sauvage, mais de la manière la plus respectueuse possible, en cherchant avec responsabilité de choisir et de conjuguer, dans tout ce qui constitue réellement l'information, ce qui est vraiment nécessaire, utile, bon ».

« Ainsi, la maison ne serait plus une question de marché, et la route de l'information pourrait  humblement se réjouir d'avoir pris part à la construction d'une demeure plus humaine », a-t-il commenté. 

Le cardinal Bagnasco a ensuite invité les agents de la communication à ne pas oublier « les valeurs de l'âme » : « Ni la maison ni la route ne sauraient remplir les cœurs et satisfaire la vie. L'esprit humain est irréductible à la dimension du monde : il se transcende lui-même et l'horizon sensible, est attiré par la totalité ».

« Rappelons-nous : sans la route, la maison de l'homme est une prison, sans le Ciel elle devient étouffante », s'est-il exclamé. 

Comme le pape ne se lasse jamais de répéter, a-t-il ajouté, « les médias peuvent assombrir, mais également éclairer ; ils peuvent endurcir, mais aussi adoucir ; ils peuvent détruire - et nous en avons des exemples fréquents! - mais peuvent aussi édifier ».  

Par ailleurs, il ne faut jamais oublier « le cœur du christianisme », qui est « la joie ».  

« Dieu n'est pas jaloux de ses créatures, a dit le cardinal Bagnasco, et ne refuse pas la vie : au contraire, la foi est une amie de l'homme, de sa liberté, de la raison, de l'amour. Elle enseigne le chemin de la joie ».

C'est pour cela justement que l'Evangile, dans sa totalité, est une aventure fascinante et indique une mesure élevée », a-t-il conclu.