Le card. Barbarin "consterné du silence" à propos de la nouvelle loi de bioéthique

Ad limina, rencontre des évêques avec Jean-Paul II

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CITE DU VATICAN, Samedi 7 février 2004 (ZENIT.org) – Le cardinal Barbarin souligne, dans son adresse à Jean-Paul II, le contraste entre bruit médiatique fait en France par la question de la "laïcité" à la française et des signes extérieurs d’appartenance religieuse dans les écoles, "à l’inverse, dit-il, j’ai été consterné du silence qui a entouré le vote de la nouvelle loi de bioéthique".



"Comment des députés catholiques peuvent-ils voter une loi qui manque de clarté dans le refus du clonage et qui laisse entendre que l’embryon humain n’est qu’un matériel de laboratoire, en autorisant son utilisation à des fins thérapeutiques. Nous avons assez d’estime et de confiance dans la recherche médicale pour penser qu’elle saura trouver les moyens de répondre à l’espérance des malades et de leurs familles, sans blesser nos convictions personnes", déclare le cardinal primlat des Gaules.

Voici le texte intégral du discours du cardinal archevêque de Lyon Philippe Barbarin devant Jean-Paul II, à l’occasion de la visite ad limina des évêques de la province ecclésiastique de Lyon et Clermont, lors de leur rencontre ensemble, samedi matin, 7 février.


"L’heure de l’Europe sonne", observe par ailleurs le cardinal Barbarin, l’heure "de la mondialisation" aussi. Ilmission. souligne en outre deux ‘souffrances" particulières de l’Eglise en France, et l’essentiel de la vocation chrétienne: l’appel à la mission.

Adresse au Saint-Père
à l’occasion de la visite ad limina des évêques des Provinces
ecclésiastiques de Clermont et de Lyon. Février 2004

Très Saint Père
Nous voici heureux d’être réunis auprès de vous, évêques et vicaires généraux des provinces ecclésiastiques de Clermont et de Lyon. Vous nous avez confié la charge pastorale des diocèses d’Annecy, Belley-Ars, Chambéry, Clermont, Grenoble, Le Puy, Lyon, Moulins, Saint-Étienne, Saint-Flour, Valence et Viviers.
Pour une majorité d’entre nous, c’est la première fois que nous faisons cette visite ad limina. Quelle belle invitation l’Église lance aux évêques, en les appelant à venir régulièrement à Rome comme des pèlerins, sur la tombe des Apôtres qui, pour l’amour du Christ, ont donné leur vie et versé leur sang ! Dans notre prière au Seigneur qui a choisi les Douze «pour qu’ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher» (Mc 3, 14), nous demandons, ces jours-ci, d’être vraiment ses compagnons et d’avoir l’audace intrépide des authentiques messagers de l’Évangile.
Nous venons auprès de vous comme des frères pour vous dire notre gratitude et notre affection. Depuis quelques années, nous voyons avec quel courage vous accomplissez votre ministère, malgré tant de fatigue et de souffrances. Cela ne vous empêche pas de prendre des initiatives nouvelles et d’appeler l’Église entière à avancer au large. Lorsque je prie pour vous, je pense à la phrase de saint Paul qui, apparemment terrassé par son ministère, écrit aux Corinthiens : «Nous ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour» (2 Co 4, 16). Nous venons aussi comme tous les évêques du monde avec le désir d’être «affermis» dans la foi, puisque c’est un charisme que le Seigneur donne au successeur de Pierre (cf. Lc 22, 32). Vous nous avez livré un enseignement nourrissant avec l’exhortation apostolique post-synodale Pastores gregis. Puisse-t-il porter du bon fruit et nous renouveler dans l’exercice de notre ministère épiscopal !

Nos deux Provinces.
Nos provinces sont des régions contrastées. Certains diocèses, à majorité rurale, perdent chaque année des habitants et voient leur population vieillir, tandis que les grandes villes attirent et grossissent. L’Auvergne est peut-être la plus petite province ecclésiastique de France, et ses pasteurs se demandent si elle peut fonctionner de façon autonome. La région Rhône-Alpes, qui correspond à la province ecclésiastique de Lyon, est, dans notre pays, une contrée pleine de dynamisme et de jeunesse. Elle est jumelée avec une province qui vous est chère, celle de Cracovie, Ma opolska.
Si on la compare à de nombreux autres lieux de la planète, notre région vit dans la prospérité. Mais les constantes restructurations industrielles, conduisant à la mise en place de groupes de plus en plus puissants, provoquent souvent des licenciements massifs qui risquent de mettre toute une région en difficulté et même en péril. Certaines de nos agglomérations viennent d’en faire la rude expérience.
Il reste que la situation économique enviable de notre région attire un nombre important de réfugiés et de demandeurs d’asile. En union avec les autres Églises chrétiennes, et particulièrement avec nos frères protestants, nous faisons, souvent en bonne collaboration avec les autorités civiles, de nombreux efforts en direction de ces populations, qui vivent dans la précarité. La capacité d’accueil de tous ces nouveaux venus dans notre pays augmente, mais elle reste chroniquement insuffisante. Et il est probable que le phénomène va aller en s’accroissant. Les problèmes les plus graves sont devant nous, car la juste répartition des biens n’est pas, semble-t-il, le souci premier de ceux qui prennent les décisions touchant à l’équilibre du monde.

Dans le contexte de notre société
Depuis quelques décennies, le système économique et social fait apparaître de nouvelles pauvretés, et beaucoup de souffrances. On a souvent le sentiment que la logique de la performance engendre tant d’exclusions et provoque des déchirures sociales ou familiales, des dépressions, des fuites vers la toxicomanie… Quoi qu’il en soit des remarquables progrès sociaux de notre pays, l’Église sera toujours sollicitée pour aller au devant de ces nouveaux drames humains et pour donner le témoignage d’une charité inventive. Par ailleurs, je note avec joie que beaucoup de bonnes questions sont posées pour infléchir le mouvement de cette machine infernale. De nombreux chefs d’entreprise, par exemple, remettent sérieusement en question les pratiques dans lesquelles ils se trouvent pris et dont ils veulent se libérer.
L’heure de l’Europe sonne. Cette communauté s’élargit, ce qui est une grande espérance et un beau témoignage donné au reste du monde en faveur de la paix ; vous l’avez plusieurs fois exprimé. Certes, cela ne va pas et n’ira pas sans difficultés. Parmi les évêques de France, c’est notre frère Hippolyte Simon, Archevêque de Clermont, qui suit cela de plus près. La future Constitution va-t-elle reconnaître ou non l’héritage religieux et spécifiquement chrétien de notre continent ? Beaucoup de pays le souhaitent, et ce serait rendre justice à l’histoire, tandis que la France se montre réticente.
Nous sommes aussi à l’heure de la mondialisation. C’est un fait, avant d’être une menace ou un danger. Il est à la fois riche de perspectives nouvelles et source d’inquiétudes. Devant les délocalisations d’entreprises, l’afflux des immigrés venant de toutes les nations et les nombreuses conséquences de ce phénomène, nous sommes appelés à rappeler la place centrale de l’homme dans les décisions sociales quelles qu’elles soient et à donner le témoignage de notre foi. La mondialisation n’est pas de soi une perspective déroutante pour les chrétiens; elle correspond en effet au caractère catholique de l’Évangile et de notre vocation, car nous sommes appelés à former l’unique famille des hommes, à être frères et sœurs de tous. Tout récemment, s’est tenue à Lyon la première étape d’un grand projet qui devrait avoir lieu l’an prochain : «Les assises chrétiennes de la mondialisation».

Deux soucis dans l’actualité
Depuis quelques mois, la société française s’agite beaucoup autour des questions qui touchent à la laïcité, en particulier aux signes extérieurs d’appartenance religieuse. Vous l’avez vous-même évoqué récemment lors des vœux au Corps diplomatique. Les évêques de France ont exprimé leur opinion, qui n’est pas favorable à l’instauration d’une loi interdisant les signes religieux ostensibles, dans les écoles publiques et dans les hôpitaux. L’ensemble de la communauté chrétienne manifeste sur ce sujet des opinions différentes, et même opposées, qui ne manquent pas de fondement ni de justesse d’analyse. Au mois de décembre, Mgr Jean-Pierre Ricard, Président de notre Conférence, a bien noté, dans un souci de paix et avec une grande clairvoyance, que «le vote d’une loi ne sera jamais la réponse miracle à toutes les difficultés rencontrées». Dans un débat qui manque de sérénité, il est important que l’on perçoive à quel point les chrétiens sont engagés dans ce domaine et désireux de vivre en bonne intelligence et en paix avec les croyants des autres religions, nombreux en notre pays. L’enjeu en est aussi l’intégration de toutes les composantes sociales au sein de la Nation.
À l’inverse, j’ai été consterné du silence qui a entouré le vote de la nouvelle loi de bioéthique. Est-ce un signe d’indifférence ? Comment des députés catholiques peuvent-ils voter une loi qui manque de clarté dans le refus du clonage et qui laisse entendre que l’embryon humain n’est qu’un matériel de laboratoire, en autorisant son utilisation à des fins thérapeutiques. Nous avons assez d’estime et de confiance dans la recherche médicale pour penser qu’elle saura trouver les moyens de répondre à l’espérance des malades et de leurs familles, sans blesser nos convictions personnes. Conscient de l’importance et de la grandeur de la recherche médicale, j’ai encore à l’esprit la déclaration limpide de mon prédécesseur, le regretté cardinal Billé : «L’embryon humain n’est pas une chose». La situation est d’autant plus révoltante que la loi française déclare «garantir le respect de tout être humain, dès le commencement de la vie». Que veulent donc dire ces mots ?

La vie de nos Églises
Nous apprenons à travailler ensemble dans le cadre des Provinces ecclésiastiques érigées il y a deux ans. Pour certains diocèses, cela ne change pas grand chose, pour d’autres, c’est un bouleversement, pas très facile à vivre. Il y a eu des arrachements, et des solidarités nouvelles apparaissent. Les commencements sont toujours porteurs d’espérance. Ainsi, en mars dernier, quand notre frère Pascal Roland recevait la consécration épiscopale des mains du nouvel archevêque de Clermont, dans la cathédrale de Moulins, nous avions le sentiment d’assister à l’acte de naissance de la Province d’Auvergne.
Nos Églises diocésaines vivent dans un réel esprit de service. Fidèles à l’enseignement de saint Paul sur le corps ecclésial, renouvelés par les enseignements du Concile Vatican II et de l’exhortation apostolique Christifideles laici, nous nous efforçons d’appeler chacune et chacun à prendre sa place dans l’édification de l’Église, selon sa grâce propre. On peut même dire que c’est un des points majeurs de notre travail, dans les différents conseils où nous réfléchissons avec d’autres aux grandes orientations de notre vie diocésaine.
Pourtant, il ne faut pas cacher que le moral n’est pas au beau fixe. La foi ne va pas de soi, même dans les familles et les milieux traditionnellement chrétiens. Les effectifs de ceux qui fréquentent les églises, a fortiori de celles et ceux qui entrent dans les noviciats ou les séminaires, fondent à vue d’œil. C’est une question et même une angoisse, pour les chrétiens comme pour leurs pasteurs. L’athéisme pratique et le matérialisme ambiant représentent de graves obstacles pour la rencontre personnelle avec le Christ Ressuscité. Le bruit incessant des informations et des médias ne favorise guère le climat d’intériorité nécessaire à l’écoute de la Parole de Dieu et à la prière. En même temps, nous rencontrons beaucoup de jeunes et d’adultes de chez nous ou venant d’autres cultures ou religions, qui découvrent le Christ avec émerveillement et qui demandent le baptême.

Deux souffrances particulières
Nous avons des souffrances à partager avec vous. Plusieurs de nos diocèses ont vu récemment de jeunes prêtres quitter le ministère. Nous n’arrivons pas à comprendre, ni à voir les raisons de ces départs, qui interrogent les Évêques et les responsables de la formation. Y a-t-il eu des défauts dans la formation, des manques de discernement, des erreurs évitables dans la vie fraternelle, dans les ministères confiés ? Certes, il ne s’agit plus des terribles hémorragies des années où soufflaient les vents de la contestation et la bourrasque d’après 1968, mais nos jeunes prêtres sont peu nombreux et les départs sont d’autant plus fortement ressentis. Avec tous les frères prêtres qui ont quitté le ministère durant ces années-là, nous essayons de renouer des liens et parfois nous vivons des contacts respectueux et nourris d’affection fraternelle. Mais que se passe-t-il au juste aujourd’hui ? S’agit-il d’un manque d’espérance ? Le ministère est-il trop difficile à vivre ? Comment conforter les prêtres, ainsi que les diacres, qui sont touchés aussi, quoique différemment, par cette question ? Nous constatons que les jeunes générations sont généreuses et pleines d’enthousiasme; cependant leur fragilité humaine, affective, psychologique et sociale ne les aide pas à acquérir une véritable maturité, d’autant plus que la société est elle-même très fragile et n’incite pas à la prise d’engagements définitifs, fondés sur des principes moraux droits.
Dans nos presbytérium, les cas de prêtres pédophiles, heureusement peu nombreux, sont pour nous très douloureux. Ils sont aussi une blessure dramatique pour tout le corps ecclésial. En évoquant cela, nous pensons d’abord aux enfants et à ceux qui, aujourd’hui adultes, ont eu à subir de telles violences de la part de certains de nos frères, et qui en restent pour toujours marqués et meurtris. Nous avons conscience que ce sont des vies à jamais blessées et détruites. C’est à ces personnes, à leurs familles et à tous leurs proches que nous disons notre compassion. Oui, nous comprenons leur souffrance et nous en mesurons la profondeur ; nous voulons leur rappeler qu’ils ont une place dans notre prière et que nous souhaitons qu’ils soient entourés, par leurs familles, par leurs amis et par l’Église, pour retrouver goût à la vie et pour construire leur avenir. Les chrétiens réagissent avec foi, unis à leurs pasteurs, et ils essaient d’avancer sur les chemins de la vérité et de la justice. Espérer pour tous, prier pour ceux qui ont commis de telles horreurs, ce n’est pas facile, mais c’est aussi un ordre du Seigneur qui «veut que tous les hommes soient sauvés». Face à ces difficultés, les prêtres sont appelés à une droiture de vie simple, claire et exigeante. Leur engagement se fonde sur une relation profonde au christ, qui comble nos existences et nous donne l’audace pour la mission.

La mission principale : évangéliser
Ce n’est pas nous qui allons faire disparaître le péché du monde. Mais nous voulons lutter, dans tous les domaines, pour que l’amour gagne. L’essentiel de notre mission, nous le savons, c’est l’annonce de l’Évangile. Renouveler l’initiation des enfants et la pastorale des jeunes, encourager et redonner vigueur à des méthodes qui ont fait leurs preuves, favoriser des formes nouvelles et appeler tous les artisans de l’évangélisation à vivre dans la communion, l’amour fraternel et la collaboration au sein de l’Église diocésaine, ce sont des points qui nous sont très chers. Nous nous réjouissons de l’engagement des pasteurs et des fidèles de nos diocèses dans la mission. Les chrétiens des jeunes Églises, nombreux dans nos communautés, nous stimulent dans cette attitude de réveil. Les fondements de cette mission sont théologiques ; ils sont à approfondir, et l’enseignement de la doctrine est toujours un bon pain nourrissant pour celui qui veut «sortir pour semer» (cf. Mc 4, 3). Chacun de nos diocèses accorde une importance particulière à la formation doctrinale. Nous nous réjouissons de la bonne marche de l’Université catholique de Lyon, dont nous portons ensemble le souci, en relation avec les évêques d’une quinzaine d’autres diocèses.
La liturgie est aussi une importante préoccupation pastorale. C’est sans doute un des lieux où il nous faut poursuivre la formation du peuple chrétien, afin que ce dernier soit plus conscient de la grandeur du mystère de la présence réelle du Christ et puisse y participer toujours plus intensément. L’expérience montre à quel point la grâce de Dieu est active, même si dans le contexte actuel le climat de silence et d’intériorité n’est pas facile à établir. À nos frères évêques qui étaient à Rome la semaine dernière, vous disiez d’inviter les fidèles à donner une place centrale à l’Eucharistie dominicale. La présence des chrétiens aux liturgies du dimanche manifeste qu’ils savent bien que, par-delà les imperfections, le Christ est là qui les rassemble, qui les nourrit de sa Parole et de son Corps, et qui les associe à sa propre prière.
Nous vous remercions pour l’Encyclique Ecclesia de Eucharistia, publiée pour le Jeudi saint de la 25e année de votre pontificat. Vous nous y donnez d’utiles recommandations pour veiller à la dignité et à la beauté de nos célébrations. Vous y montrez surtout que l’Église naît de ce mystère. En le recevant, les chrétiens doivent s’y donner et s’y impliquer complètement, dans la diversité de leurs situations culturelles, sociales ou familiales. La question de l’inculturation n’est pas réservée aux jeunes Églises, elle se pose aussi chez nous, à chaque génération. Comme pour prolonger l’enseignement du Concile Vatican II, vous dites que «l’Eucharistie est la source et le sommet de l’évangélisation» (n. 22), car le monde a faim de ce pain, parfois sans le savoir. C’est peut-être ce qui, personnellement, m’a le plus touché dans cette Encyclique, fortifiant en moi cette conviction que c’est dans l’Eucharistie que les messagers de l’Évangile trouveront la force et l’équipement dont ils ont besoin pour accomplir leur mission.

Conclusion
Comment la vie de nos communautés chrétiennes, dans la liturgie, l’engagement apostolique, l’exercice de la charité, est-elle un témoignage auprès de nos contemporains ? Nos diocèses font-ils entendre clairement l’appel universel à la sainteté qui est un des messages les plus forts de l’enseignement du Concile Vatican II ? Notre vie permet-elle aux hommes de notre temps de comprendre la certitude qui nous habite et qui est la source de notre joie, à savoir que «notre vie n’est plus à nous-mêmes, mais à Lui qui est mort et ressuscité pour nous» (cf. 2 Co 5, 15). Si la vie des disciples du Christ est vraiment dans la main de leur Maître, la question des vocations ne se posera pas de la même façon. Comment pouvons-nous aider un jeune à accueillir comme plausible et heureux l’appel de Dieu dans sa vie, à en porter le projet, à le mettre en œuvre ? Est-il certain que nous soyons en accord profond avec la petite phrase qui est au cœur du Notre Père, même si nous la disons chaque jour : «Que ta volonté soit faite» ?
Pardonnez-moi de conclure sur cette interrogation. Elle pourrait devenir angoissante si nous n’entendions pas résonner la parole d’espérance que vous nous transmettez de la part du Seigneur depuis le premier jour de votre pontificat : «N’ayez pas peur !».Nous nous souvenons que seul le Christ est le Maître de la moisson, le Bon Pasteur du troupeau qu’il nous confie. C’est lui qui construit son Église, patiemment, magnifiquement, avec et malgré nos faiblesses. Au temps des Apôtres, «le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient» (Mc 16, 20). Aujourd’hui, nous voyons aussi des signes de sa présence vivifiante. C’est l’appel qu’il nous lance. Et c’est notre joie.

Cardinal Philippe BARBARIN,
Archevêque de Lyon.